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31.03.2008
1982, Stones' again, enfin le 16 juin !
1982, LYON, 16 juin
GERLAND, C’est enfin le grand jour,
Ce 16 juin douloureusement attendu. A Gerland, nous y sommes arrivés vers 15 heures. Nous avons garé la voiture devant la fenêtre de mes Parents pour qu’il la surveille. D’autres amis attendus en ont fait de même. Direction le stade qui se trouve à quelques enjambées de la maison familiale. Aux abords de palais des sports (où nous avons vu les Stones en 70 et 76), qui se situe face au stade, nous devons franchir les barrières gardées par le service d’ordre composé de dizaines de types habillés de blanc, avec le logo sécurité inscrit en noir sur le T.shirt. fouille bon enfant, mais très efficace. Il faut rappeler que durant toute la semaine précédent le concert une méga-campagne d ‘affichage avait été placardée sur les murs de la ville avec un communiqué interdisant, sous peine de confiscation du matériel, tout enregistrement, prise de photo ou film.
Toutes ces tracasseries passées, nous entrons dans le stade où sous un soleil de plomb, nous découvrons en bout de pelouse, dressée dans le virage, cette monumentale scène, haute comme l’immeuble où habitent mes Parents. Ouaaahhh ! C’est bien la première fois que nous est donnée l’occasion de voir un tel décor, d’une telle dimension ! Epoustouflant, vous laissant bouche bée.
Coté pelouse, vers 17 heures, elle est quasiment noire de monde. Près de la scène, les pompiers arrosent à coup de lance à incendie les premiers rangs et évacuent de temps à autres quelques personnes victime de malaises dus à la chaleur conjuguée à l’empilement contre les barrières qui protègent l’accès de la scène.
Et c’est comme dirait les sportifs, le coup d’envoi. Jean-Marie et les Garçons bouchers ouvrent les festivités. Les pauvres gars ont sûrement paniqué sur cette grande scène face à cet innombrable public, et ont du se demander où ils étaient tombés. Ils n’ont pas été sifflés, c’est déjà çà !
George Thorogood, inconnu du grand public d’aujourd’hui. J’ai tous ses disques, du blues ,du rock, du vrai, du dur. Très bon guitariste, plein d’humour, il nous fait savourer avec sa bière et son bourbon un magnifique duo guitare-trombone. Il nous ravit les oreilles pendant un long moment avant de laisser la place à J. Geils band et son chanteur Peter Wolff. J’aime beaucoup moins que Thorogood, mais c’est seulement une question de goût puisque J. Geils band firent une bonne prestation et quittèrent la scène sous les applaudissements bien mérités. Commence la dernière attente.
C’est le moment qu’ILS ont choisi de faire traverser le ciel du stade par une montgolfière qui passe au-dessus de nos têtes avant de se diriger de l’autre coté de la Saône pour se poser (pour ceux qui connaissent) à la Mulatière, pour être dégonflée, transportée, et regonflée pour un deuxième passage pendant le show des Stones. Pour l’anecdote, quelle ne fut pas la surprise de ma Mère lorsqu’elle vit arriver ce camion qui déchargea la toile. Elle assista au gonflage du dirigeable une fois, puis une seconde fois … ! Il faut dire qu’elle était accoudée à la fenêtre de la chambre qui fut la mienne durant toute mon enfance, jusqu’à mon départ pour cause de mariage.
Pendant que nous patientions, le Maire de Lyon était reçu par Mick Jagger.
***C’est vers19 H30, dans les vestiaires du stade de Gerland, que le Maire de Lyon, M. Francique Collomb et Me Ambre ont offert à Mick Jagger et Keith Richard des coffrets de disques de l’orchestre de Lyon et des livres. Cadeaux symboliques et l’on ne pouvait pas penser à ces antiques cérémonies,lorsqu’on remettait les clefs à l’hôte de marque… sous les voûtes sombres, après avoir franchi cinq ou six « barrages » d’un service d’ordre ferme, la poignée d’heureux mortels qui assistaient à cet échange de politesses et civilités avaient vraiment le sentiment d’être témoin d’une poignée de main historique.*** LE PROGRES, 17 juin 1982.
(Je manquais de très peu cette chance en n’ayant pu avoir un Back stage que ne put obtenir Jean Louis Bigot,
mon ami du Progrès, ni mon disquaire, qui pour consolation, m’offrit la grande affiche officielle du concert de Gerland.) Pas de mêlée ouverte sur la pelouse, mais une immense ovation, quand après les quelques notes de pianos de Duke Ellington, pète l’intro de Under my Thumb et qu’arrivent en courant nos Rolling Stones. Mick Jagger en tenue de joueur de foot américain, en rouge et rayures blanches. Il saute, il fait de grands gestes à notre encontre.
Keith Richard, le cheveu plus noir que jamais qui fait ressortir son teint blafard.
Et Ron Wood en replis avec son éternel clope au bec. Bill Wyman encore et toujours dans sa transparente discrétion regarde attentivement son ami Charlie bien calé derrière ses batteries. Beaucoup de standard qui font balancer les bras : Let’s spend the night together, Going to a go go,Time is on my side, Start me up....
Une bonne surprise quand ils interprètent Twenty flight rock de Eddy Cochran. Beaucoup de bonheur, rien qu’un immense bonheur, ils sont bien là, Jagger qui court d’un bout à l’autre de la scène qui s’étale sur toute la largeur du stade, on entend bien…. Seulement, il y a un hic ! Nous réalisons que nous sommes dans un stade (c’est vraiment bien plus grand que le palais des sports), la scène est à la taille de ce gigantisme, mais les Stones, EUX, ils sont tout petits, minuscules, ils sont loin, là-bas à l’autre extrémité du stade…. Ils nous faudra utiliser les jumelles pour les voir « mieux ». Cela ne nous empêchera pas de voir Mick jagger survolant le public perché dans une nacelle, ou encore d’apprécier Keith Richard jouant au tennis avec les ballons multicolores lâchés pendant Satisfaction, qui malheureusement nous fait savoir, encore une fois, que le concert est fini. Un feu d’artifice tiré derrière la scène nous salue et pendant la demi-heure qui suivit le stade fut rapidement vidé, sans bousculade, ni incidents.
Dehors, nous retrouvons le silence, et nous attendrons demain, pour faire durer, le temps de la lecture des comptes rendus de la presse, le plaisir de revivre par la pensée les instants inoubliables procurés par ce concert des Rolling Stones. Il y a donc le lendemain, il y a toujours un lendemain, plus triste après le passage des Stones, et le lendemain, il y a la presse. Que vont-ils écrire ?
Les titres que nous découvrons dans les deux principaux quotidiens lyonnais (plus tard fusionnés pour n’être plus que Le Progrès) nous laissent quand même assez satisfaits. Ainsi Lyon Matin : LE JOUR LE PLUS LONG DU ROCK ! SATISFACTION ».*** Qui l’eut dit, qui l’eut cru ! Pourtant les Stones ont bien eu droit à l’antre de Gerland. Un stade chauffé à blanc qui a navigué dans l’hystérie collective, des heures et des heures durant. Lorsque Jagger est apparu bariolé de rouge et blanc, ce fut le délire. 50 000 personnes étaient massées dans les gradins et sur la pelouse. Démentiel. C’est sans conteste le plus grand, le plus génial, le plus époustouflant et provoquant spectacle de rock and roll du monde. Hier, Lyon a acquis ses lettres de noblesse. Avant que les Stones ne déchaînent les passions, MMFrancique Collomb, maire et Joannes Ambre, adjoint à la culture sont venus remettre des cadeaux souvenirs à ces irréductibles Anglais ? Dans les coulisses souterraines de Gerland, Jagger s’est vu gratifier d’un coffret… De l’Orchestre de Lyon dirigé par Serge Baudo ! ------ Enorme, géant, grandiose, démentiel, dantesque, apocalyptique ! Les Rolling Stones, c’est tout cela à la fois. Jamais personne n’a eu autant le sens de la démesure que ces diables d’anglais. Ce n’est pas possible : tout petits déjà, ils durent tomber dans la potion magique du music hall ! Gerland, usine à rock pour un jour, a réveillé les pulsions de 50 000 personnes massées dans les gradins et pelouse et devenus pantins désarticulés. Jamais, non jamais, la province n’avait enregistré pour un concert une telle marée humaine. On parlait toujours de Woodstock, de Wembley, de Copenhague, de Paris ou d’ailleurs, mais de Lyon que nenni ! Et bien la deuxième ville de France a acquis, enfin, ses lettres de noblesse du rock. Toutes les énergies à la recherche d’un passé, d’un présent, d’un devenir étaient concentrées dans cette antre devenue diabolique.------ « Miss you », « Honky tonk woman”, “Emotional rescue”, toute la gamme y passe. Et la pochette surprise c’est, bien sûr, « Satisfaction ». Vous avez dit « Satisfaction » ? Et comment ! ***JEAN PIERRE GUILLOT, LYON MATIN, 17 juin 1982.
On trouve l’apothéose dans le gros titre du Progrès : LA GRANDE FETES DES STONES. ILS ETAIENT CINQUANTE MILLE VENUS DE TOUTE LA REGION ET D’AILLEURS, POUR ACCLAMER CALMEMENT CES VIEILLES IDOLES SOLIDES COMME LE ROC, ET QUI ROULENT TOUJOURS. Et de lire en première page, cote à cote, l’autre gros titre du jour : « ON A PERDU », s’agissant bien entendu que l’équipe de France avait été battue par celle d’Angleterre. Mais ça, nous le savions déjà, puisque Mick jagger avait regardé le match à la Télé et nous l’avait dit lors de son arrivée sur la scène. Avec le mauvais esprit qui me caractérise, je n’ai pas manqué de faire remarquer, en insistant beaucoup, à mes copains amateurs de foot que nous : « ON A GAGNE ». Et qu’en plus leur pelouse était toujours praticable, puisque non endommagée. *** MICK JAGGER TIENT LES STONES A BOUT DE BRAS. 50 000 spectateurs et … 400 évanouissements hier au stade de Gerland pour le second concert français des Rolling Stones. Commençant avec une demi-heure d’avance par le traditionnel Under my thumb accompagné d’un lâché de ballons, Mick Jagger en pleine forme, toujours sautillant, courant, dansant, parcourant la scène de long en large, n’a eu aucun mal à enthousiasmer le public. Mais pour tous ceux qui étaient là, ce 16 juin, fut, avant tout l’occasion d’être ensemble pour une grande fête. ------ Bien plus que la musique elle-même la grande foule s’est déplacée hier à gerland, pour voir en chair et en os, ces personnages de légende qui n’apparaissent guère en public que tous les six ans. On ne pouvait s’attendre en effet qu’à près de quarante ans de moyenne d’âge les Rolling Stones nous étonnent par leur musique, par leur jeu de scène.*** YVON RENDU, LE PROGRES, 17 juin 1982.
Quelques jours plus tard, le 20 juin, le même Yvon Rendu surenchérit en titrant : « LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND : UN BILAN CENT POUR CENT POSITIF ». Et de confirmer le bilan dressé par les organisateurs et la municipalité : En résumé tout s’est bien passé. La pelouse est intacte et a déjà retrouvé ses couleurs printanières, sans compter que les mètres-cubes d’eau déversés par les membres de la Croix rouge sur les premiers rangs pour les rafraîchir, permettront à Topalovic le goal de l’O.L, de retrouver quelques pousses vertes fraîchement plantées…. Un peu plus tard, en me remémorant ces heures passées à Gerland, j’écoutais le Live de la tournée STILL LIFE, sur la pochette j’avais écrit : « 20 juin 1982, en souvenir de ce gigantesque concert des Stones à Gerland. Puissions-nous rêver que ce ne fut pas le dernier ».
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27.03.2008
1982, les Stones à GERLAND, mésentente !!!
1982, ... Et... Au stade de GERLAND !
...LYON, l'avant concert
Dès le 29 mai, nous apprenons en parcourant nos journaux que l’organisation ,du concert des Rolling Stones prévu au stade de Gerland, le 16 juin, rencontre un certain nombre de difficultés face à une levée de boucliers des footeux de Lyon partis en croisade pour défendre leur pseudo-sacro-sainte pelouse.
Et malgré le fait, que de nombreux concerts aient eu déjà lieu dans le Palais des sports (entres autres, ceux des Stones en 1970 et 1976), sans incidents, il est toujours difficile, notamment à Lyon, de faire accepter l’utilisation d’un stade pour une autre manifestation qu’un match de foot (au cours duquel, en général, les supporters se tapent sue la gueule, pendant et après). La réalisation du Stade de France quelques années plus tard leur donnera définitivement tort.
C’est pourquoi nous pouvons lire : « LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND. UN TERRAIN DE MESENTENTE. » ***Les Rolling Stones à Gerland le 16 juin. Un terrain de mécontentement. ------Gerland ne risque-t-il pas d’être transformé en véritable champ de foire, et son terrain d’honneur balayé par le souffle dévastateur d’un public en folie ? « On nous a annoncé l’arrivée des Rolling Stones sans que le moindre accord n’ait été donné par la municipalité » s’étonne le docteur Genety, adjoint aux sports dans la municipalité lyonnaise, scandalisé par cette manœuvre : « Nous sommes victimes d’une campagne d’intoxication de la part des garçons du show business ». *** LE PROGRES, 29 mai 1982.
Ainsi, à quelques jours de la date prévue, on subissait encore un combat d’arrière garde mené par les sportifs de Lyon. En fait, ne trouvant pas les moyens de pouvoir faire interdire, ils cherchent à contourner en présentant des raisons, pour le moins fallacieuses et d’argumenter avec des propos plus cons les uns que les autres. ***Feu vert…, ou rouge pour cette « première » dans la région Rhône alpes ? « Aucune décision n’a été prise pour l’instant » se borne-ton à déclarer du coté de l’hôtel de ville de Lyon. Seul les sportifs, ceux qui fréquentent Gerland demeurent opposés au déroulement de cette soirée inédite. Un terrain de foot-ball, fut-il municipal, n’a rien à voir avec un théâtre de verdure ou une attraction.------ De la musique Pop à Gerland, certes, mais pourquoi pas un combat de boxe à l’opéra ou à l’auditorium ? A chacun, par conséquent sa vérité et son terrain. Les décibels et le ballon rond n’ont jamais fait bon ménage.***BERNARD PUILLET, LE PROGRES, 29 mai 1982.
Le 3 juin, avec le droit de réponse accordée le même Progrès titre : ROCK; LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND. UNE MISE AU POINT DES ORGANISATEURS. Les organisateurs de la tournée, confirment qu’il y avait eu accord préalable avec les affaires culturelles ! Foot ? C’est-il au rayon culturel, Môssieur ? *** Mis en cause par le docteur Genety au sujet de l’organisation du concert des Rolling Stones, Jean-Pierre Pommier, organisateur local pour le compte de KCP à Paris, tient à répondre point par point à ces accusations. « Il serait absurde de croire que nous aurions pu annoncer un tel événement (qui va attirer 50 000 spectateurs et pas 30 000, sans l’accord préalable de la municipalité. Cet accord verbal, nous l’avons obtenu par l’intermédiaire de la division des affaires culturelles de la ville de Lyon. Mick Jagger a annoncé le concert à Gerland et nous avons lancé la billetterie et la publicité. ------ Je tiens à préciser enfin que si à Paris ce n’est pas le parc des princes qui a été choisi, c’est pour une raison technique bien précise : l’accès à la pelouse ne peut se faire que par le tunnel qu’empruntent les joueurs et il était impensable d’y faire passer des milliers de spectateurs». Voilà qui méritait d’être dit. Il semble également inutile de dramatiser cet événement : le public rock n’a rien d’une horde sauvage et dévastatrice. Et ces dernières années, les concerts des Stones se sont toujours déroulés dans le calme. Enfin en matière de violence et de dégâts causés dans les stades, le public sportif a montré en plus d’une occasion, qu’il était autrement redoutable que les amateurs de décibels. *** YVON RONDU, LE PROGRES, 3 juin 1982.
Le même 3 juin, l’autre grand quotidien rhône-alpin nous annonce : ***LES « STONES » A GERLAND AU STADE DE GERLAND LE 16 JUIN. C’EST CONFIRME ! LA BANDE A MICK JAGGER SERA PERCHEE SUR UNE SCENE DE 20 METRES DE HAUT. La venue des Stones au stade de Gerland aura constitué une sérieuse pomme de discorde au sein de la municipalité. Mr Jean Genety, adjoint aux sports, était farouchement opposé à la venue de la bande à Jagger le 16 juin prochain. Il l’a dit haut et fort, expliquant qu’il s’agissait d’une campagne d’intoxication et que l’accord n’avait pas été donné. Les raisons de sa colère : l’envahissement du stade et les risques encourus pour la pelouse sacrée. Pourtant les Stones seront bel et bien là , installés sur une scène de 20 mètres de haut ! Me Joannes Ambre a obtenu l’accord de M. Francisque Collomb et hier les organisateurs parisiens et locaux tiraient des plans sur la comète… Depuis les tribunes du temple de foot-ball. ------Viendront, viendront pas, Les plus folles rumeurs ont couru au sujet du concert exceptionnel qui sera donné à Lyon par les Rolling Stones le 16 juin. Il y a quelques jours M. Jean Genety, adjoint au maire avait jeté le pavé dans la mare ! Catégorique il avait lancé : « La municipalité n’a pas donné son accord. C’est une intoxication. Un coup de bluff bien organisé ! ». Déjà les fans se lamentaient. ------ Désormais, l’affaire est réglée. Les Stones évolueront bel et bien dans le cadre prestigieux de Gerland sur une scène de 20 mètres de haut ! Pour la petite histoire, signalons que pendant quatre jours 150 personnes travailleront 24 heures sur 24 pour installer des tonnes de matériel. On parle de 18 semi-remorques ! De mémoire de Lyonnais, on n’avait jamais vu ça. ------ Ce n’est pas tout. Le soir du concert, 150 employés de Securidog’ seront chargés du bon déroulement de la fête sans compter le « bataillon » de policiers. Au total 400 personnes travailleront pour les Rolling Stones. Qui dit mieux ? *** JEAN PIERRE GUILLOT, LYON MATIN, 3 juin 1982. le 15 juin,
La veille du concert, et du match de coupe du monde France-Angleterre, Lyon Matin nous gratifie d’une pleine page :*** 50 000 PERSONNES ATTENDUES DEMAIN SOIR A GERLAND POUR LE TRIOMPHE DES ROLLING STONES. Qui dit Stones dit mythe ! Même John Lennon considérait le phénomène comme plus qu’étonnant. « La chose extraordinaire, ce n’est pas la séparation des Beatles : c’est au contraire que les Stones soient toujours là ». La phrase est de lui.------Drôle de mercredi tout de même. Lorsque les teen-agers enrobés (le poids des ans !) assiègeront le stade, la bande à Platini, elle, attaquera une bataille de tranchée contre les footballeurs d’outre manche. Dans les annales, pour ne pas faire de jaloux, on marquera cette date de deux croix : l’une pour les « coqs », l’autre pour les « cinq épouvantables singes » (titre de la presse anglaise en 1964) devenus milliardaires.
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26.03.2008
1982, Les Stones .... Retour en FRANCE !!!
Cette fois, c’est vrai…
Ils arrivent
Enfin, l’Europe est annoncée par Mick Jagger
… C’est le 28 avril 1982, au cours d’une conférence de presse à la discothèque de Beat Route à Londres que Mick jagger annonce très officiellement la tournée européenne qui débutera en juin à Rotterdam. Ils se rendront en Hollande, en Allemagne, en Irlande, en Suède, en Grande Bretagne, en France, en Belgique, en Suisse et en Italie. Il aurait été demandé aux Stones de bien vouloir aller jouer au Portugal, en Yougoslavie ou en Hongrie ?
A noter que cette tournée aura lieu en même temps que la coupe du monde de football et que cela risque de poser quelques problèmes de disponibilité des stades dans certaines villes, notamment à Barcelone (concert annulé pour raison de sécurité ?), à Madrid (concert annulé puis déplacé) ou à Lyon (décision restée incertaine pendant plusieurs jours)!
C’est en fait le 26 mai qu’elle démarre en Ecosse, à Aberdeen ; le 2, ils sont à Glasgow, le 28 à Edimburgh ; le 31, une petite halte dans un club de Londres où ils jouent devant 400 personnes, manière de se mettre en jambes. Le 2 juin, ils débarquent enfin sur le continent et se produisent à Rotterdam, où ils donnent un second concert le 4, puis un troisième le 5. 6 et 7 juin les voient à Hanovre, puis vient le tour, le 8 de Berlin et les 10et 11 juin… Munich.
1982, PARIS,
L'hyppodrome d'AUTEUIL
Le passage des Stones est annoncé à Paris pour les 13 et 14 juin à l’hippodrome d’Auteuil, avec en première partie Téléphone, J. Geils band, et George Thorogood.
La presse parisienne, cette fois ne tire plus à boulets rouges sur le groupe et va même jusqu’à nous offrir quelques éditos assez sympathiques. C’est ainsi que courant mai un quotidien annonce la venue des Stones avec ce titre assez rigolo :*** A chacun ses anglais. JOUEZ LES PREMIERS MESSIEURS LES STONES.---Faut-il haïr les Anglais ? Ils débarquent. Tout le monde aux abris : un monde fou a envahi les sous-sols du Forum des Halles pour prendre ses places. Ils débarquent, mais ce n’est pas la guerre, rien à voir, ils viennent comme ils sont déjà venus, pour notre bonheur, tous les cinq ou six ans, et ça fait un bail que ça dure, presque vingt ans.------ Les Rolling Stones viennent à Paris les 13 et 14 juin et c’est chaque fois pareil, on se met à raconter sa vie, parce que ces pierres qui roulent ont amassé nos souvenirs, si bien qu’à travers eux, et pour longtemps, toute une génération se reconnaît, se reconnaîtra. Une génération qui n’a donc aucune raison de haïr les Anglais. C’est à chacun les siens. Les nôtres, malgré leur nom, sont moins de pierre que Mme Tatcher. Pas assez Stoned, Mme Tatcher ? Ils ne vivent plus en Angleterre depuis un moment. Ce sont des Anglais pourtant et on leur doit tout. Alors du calme. Ecoutez plutôt. Messieurs les Stones, jouez les premiers. Vous restez les premiers.***Maurice Achard, NOUVELLES LITTERAIRES, 27 mai 1982.
Un peu plus tard, dans d’autres colonnes éditées en juin, ce même hebdo rappelant à ses lecteurs la venue prochaine des Stones titre : *** ILS N’ ETAIENT PAS VENUS DEPUIS SIX ANS. ***. Suit un savoureux article que l’on aurait pensé plutôt lire dans des bouquins comme BEST ou ROCK et FOLK. *** “And now ladies and gentlemen, the world’s greatest rock n’roll band... The Rolling Stones !” Cela commencera comme ça. Cela commence toujours ainsi. Dans les cris et la fureur. Et lorsqu’ils attaqueront le premier morceau, vous n’entendrez rien, les hurlements couvriront tout. Mais ce ne sera pas important. Parce que les Rolling Stones, on ne va pas les écouter, on va les voir…. Jagger en train de faire sa folle, Keith Richard titubant, maintenu en équilibre par sa seule guitare, Bill Wyman comme absent, Charlie Watts, méchant et renfrogné, sans oublier Ron Wood et son air crétin. Imaginez un peu le chambard. Colossal. Indescriptible. Absolu. Apocalypse now. » Entrer dans une salle de concert, c’est comme débarquer en pleine guerre de Crimée. Les gens halètent, les seins jaillissent, les nanas suffoquent, les infirmières s’amènent en ambulance. Ca n’a l’air de rien, mais cent orgasmes qui parlent en même temps, ça fait un drôle de pétard. C’est bien simple, ça couvre la musique », explique Keith richard. Les Rolling Stones sont donc en ville pour deux jours. Et c’est un événement. Tremblement et excitation croissent. A la FNAC, on fait la queue pour acheter son billet…la nervosité atteindra son point culminant trente secondes avant le début. Jamais un groupe de rock n’a encore été capable d’engendrer une telle tension. Cela dure quelques secondes à chaque fois, mais c’est un rendez-vous dont on peut difficilement se passer. Là, palpables, il y a l’ivresse, la rébellion, le bonheur, la douleur, le jamais et le toujours, l’instant et l’éternel. Bien sur au fil des ans, les Rolling Stones sont entrés dans le rang, troquant, la quarantaine proche, leurs oripeaux de rebelles sans véritables causes pour des habits de gentlemen riches et cossus. Les voyous arrogants, libres et insolents se sont transformés en businessmen solides et compétents. Un peu de magie s’en est allée. Depuis quelques années, la musique n’a évidemment plus la même impétuosité, la même vigueur. Les Stones ne surprennent plus. Ils sont entrés dans la légende. Mais justement reste cette capacité à perdurer, ce génie à surfer sur le temps qui passe, pour sentir, avaler, digérer le moindre mouvement et ensuite se l’approprier. L’espace d’une génération. Plus que le « meilleur groupe de rock n’ roll du monde », ils sont le rock.. Allez les voir, c’est renouer avec ses racines.*** YANN PLOUGASTEL, NOUVELLES LITTERAIRES, 9 juin 1982.
Et ce même journaliste de demander à Mick jagger à la fin de son interview publiée ce jour-là : « Vous êtes désormais un homme d’affaires avisé. Vous faites du cinéma. Avez-vous encore quelque chose à voir avec le rock ? » eut la réponse suivante : « C’est toute ma vie. J’en fais depuis dix-huit ans, je ne fais pas de cinéma ni du théâtre, je ne fais que du rock n’ roll. L’argent, c’est important pour moi, mais la musique passe avant tout. ». Le micro ouvert fût tendu pour cette occasion vers certaines célébrités françaises « parisiennes » afin d’obtenir quelques mots après la grande question du moment : *** LES ROLLING STONES DEBARQUENT QU’EST-CE QUE CA VOUS FAIT ? » *** NOUVELLES LITTERAIRES.
Antoine De Caunes pense qu’un concert des Rolling Stones représente toujours beaucoup pour lui ; il dit que c’est toujours un événement quand ils viennent. C’est une institution qui ne peut être remis en cause que par la critique. Il dit aussi avoir appris l’anglais en lisant les paroles de leurs chansons. Pour sûr il ira les voir. Quant à Sylvie Vartan, elle trouve que ça prouve qu’ils tiennent le coup et que leur musique réunit toujours autant de monde, jeunes et moins jeunes. Etant de la même génération qu’eux, elle aimerait être aussi populaire. Attirer après vingt ans tant de monde est encourageant dans un métier comme le nôtre. Les Beatles, les Stones, elle aime les deux groupes. Elle ne sait pas si elle ira voir les Stones. Michel Jonasz, lui, les a vus pour la première fois en Grande Bretagne alors qu’ils étaient inconnus. Il aime en eux le blues mais n’a jamais été fou des Stones. La venue des Stones pour Pascal Sevran ne représente strictement rien pour lui. Même avec une place tranquille il n’écouterait que 2 ou 3 chansons --- la limite du supportable étant pour lui : 5 chansons --- Il y a vingt ans dit-il j’aimais déjà les chansons, donc je n’aimais pas les Stones. Les Stones c’est du rock… En revanche, il se serait volontiers déplacer pour aller voir si Mick était toujours aussi mignon !
Et enfin Philippe Manœuvre : *** C’est un grand soulagement. Ils nous boudaient depuis six ans. Ils étaient devenus une machine industrielle qui tournait uniquement aux Etats-Unis. C’est un des moteurs essentiels du rock. Quand ils sont loin, le rock est flageolant. Les Stones sont un baromètre qui prend la température du rock. Il n’y a personne d’autre : on ne peut plus compter sur les Sex Pistols ; il n’y a que le groupe Clash ; les Beatles ont disparu. Sans eux le rock va mal. Je suis très content de les revoir à Paris. J’ai toujours conspué leur tentative de vendre leurs albums en France sans jamais y faire de tournées : sans concert, ce groupe est mort. J’invite tous et toutes à y aller ; on ne peut pas leur tourner le dos, leur tirer la langue. Il faut y aller.*** Propos recueillis par CORINNE SCEMAMA, NOUVELLES LITTERARIRES, 9 juin 1982.
V.S.D. (souvenez-vous, Vendredi, Samedi, Dimanche), ne voulant pas être en retrait, se joint à ses confrères et y va d’un petit papier :*** MICK JAGGER, KEITH RICHARD…. ET LES AUTRES.------ les Rolling Stones sont des survivants, des rescapés. Vingt ans après, de tous ces groupes qui, au début des années 60, balbutiaient une musique dont l’audience ne faisait que croître, ils sont les seuls à avoir tenu le choc. Les autres se sont séparés, ont sombré dans l’oubli, parfois les deux. Andrew Oldham, leur premier manager, l’homme qui a « fait » les Rolling Stones, avait écrit au dos de la pochette de leur premier disque : « Les Rolling Stones sont d’avantage qu’un simple groupe, ils sont une façon de vivre. » Le secret de la réussite des Stones réside peut-être dans cette phrase. Ils ont su rester unis.------ « Un pour tous, tous pour un » n’est sûrement pas leur devise. Mais que vous écoutiez leur premier ou leur dernier disque, une constante demeure : un titre des Stones, vous le reconnaissez à coup sûr. Il sonne d’une façon inimitable. Jagger et Richard pourraient composer et enregistrer seuls. Mais ils ont besoin des autres pour avoir la magie… Les Rolling Stones existent depuis vingt ans. Pour combien de temps encore ? *** YANN PLOUGASTEL, VSD, 10 juin 1982.
La veille des deux concerts parisiens, c’est LIBERATION qui nous fait sa première page SPECIAL STONES avec
les honneurs de la plume du boss, Serge July.*** A chaque fois, c’est l’évènement. Même les blasés, même les docteurs es-rock, qui depuis plus de dix ans s’en vont répétant c’est fini, doivent régulièrement rendre les armes : les Stones passent encore. Mieux, leurs scores en termes de foules vont s’améliorant avec le temps. Et chaque tournée est une reconquête : celle de l’Amérique puis celle de l ‘Europe. Une reconquête victorieuse. Une sorte de boule de neige incandescente qui traverse les pays occidentaux avec la puissance démiurgique d’un ouragan. L’armada des Stones qui a pris le vent à Philadelphie le 26 septembre dernier vient d’accoster en France. Et à nouveau, il a fallu inventer le lieu le plus gigantesque pour l’accueillir : Car les Stones en effet ne cessent de grandir.------ Le rock, la drogue et l’énergie, plus l’esprit d’entreprise c’est la recette des Stones, un miroir qui semble encore plus lumineux encore qu’hier. Et somme toute, plus réfléchissant. Chacun a en mémoire le slogan publicitaire de cette eau minérale « Buvez ! é-li-mi-nez ». Un concert des stones c’est l’élimination assurée d’un certain nombre de miasmes musicaux. C’est la santé bondissante pour la bonne et simple raison que le rock c’est d’abord la santé. Succès « naturellement » assuré dans les hippodromes. Reste la musique. Terriblement efficace et aussi intacte que ceux qui la jouent : et les dizaines de milliers de spectateurs qui se pressent à chaque concert aimeraient bien vieillir ainsi tout en restant intact, inaltéré par le temps, les déprimes, les fatigues et les abandons qui sont le lot quotidien de tout un chacun. “ that’s only rock n’roll, but we like it “*** .SERGE JULY, LIBERATION 12.13 juin 1982. 07:27 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2008
1977, les Stones sans KEITH... 1978... 1981 !
Les Rolling Stones dans les stades…
1977, Keith Richard continue à nous donner des sueurs froides en fréquentant de nouveau les colonnes des faits divers à la rubrique usage de drogues. C’est ainsi qu’on apprend qu’au Canada, à Toronto, la police procède à une perquisition dans sa chambre d’hôtel et l’arrête pour détention d’héroïne. Il sera toutefois laissé en liberté sous caution. Il devra néanmoins rester sur le territoire canadien pour attendre son procès qui devrait avoir lieu le 27 juin, qui sera ajourné et reporté au 2 décembre, pour un nouvel ajournement pour cause de délibération. L’accusation de détention d’héroïne pourrait lui valoir la prison à vie en cas de verdict de culpabilité. Entre temps Mick Jagger, en accord avec Keith, déclare que si ce dernier est emprisonné, les Stones continueront sans lui. *** Il serait ridicule d’attendre 5 ans. Dans 5 ans, les Stones ne feront plus de tournée.***L’agenda des Stones, FRANCOIS JOUFFA.
A peu près à la même époque, à la question « est-ce que les Rolling Stones peuvent encore durer quinze ans de plus ? », Keith Richard, sans aucune hésitation, répondait :*** Oh yeah ! J’espère. Comment répondre à ça ? On sait qu’un tas de vieux jazzmen ont continué jusqu’à perpette. En ce qui nous concerne, un tas de vieux jazzmen, de vieux joueurs de blues jouent pratiquement comme nous. Et ceux-là ont continué jusqu’à ce qu’ils s’écroulent.*** LE GRAND LIVRE DES STONES, MASSIMO BONNANO.
Il faudra attendre le 23 octobre 1978 pour que le verdict soit enfin prononcé : un an de liberté surveillée.*** La justice canadienne rend enfin son verdict sur le procès de Keith Richard accusé de détention d’héroïne : un an de liberté surveillé, et le devoir de donner un concert de charité à Toronto dans les 6 mois à venir, au profit des aveugles.
Le juge Lloyd Graburn ajouta : « Bien que les Rolling Stones soient connus pour avoir cautionné l’emploi des drogues, les efforts de Mr Richard pour se désintoxiquer (au centre psychiatrique Stevens de New York) peuvent avoir un effet salutaire pour des millions de jeunes qui l’admirent. » Avant de quitter Toronto, Keith accepte ce concert de charité avec les autres Stones.***L’agenda des Stones, FRANCOIS JOUFFA. (En fait, Keith Richard offrira ce concert le 22 avril 1979, en jouant avec les New-Barbarians).
Pour l’anecdote, pendant cette période passée au Canada, la femme du Premier ministre canadien, Margaret Trudeau fit la une des journaux pour s’être intégrée à la bande à Jagger, provoquant par là-même un scandale diplomatique avec les retombées médiatiques qui ne manquèrent pas d’éclabousser les Rolling Stones. Margaret Trudeau dira plus tard dans un hebdo français qu’elle avait bien ri, beaucoup bu, et chanté avec les Stones, mais qu’aucune liaison ne s’est nouée avec l’un des membres du groupe.
En 1978 la sortie de l’album SOME GIRLS (qui connaît à son tour quelques ennuis de couvertures aux Etats-Unis. Certaines dames n’ayant pas apprécié la présence de leur visage photographié sur le montage de l’illustration de la pochette du 30 cm…) voit s’esquisser une nouvelle tournée américaine qu’ils annoncent en mai et qui débute en juin en floride.
La première partie est assurée par Peter Tush que les Stones produisent sur leur label Rolling Stones Records. Durant cette gigantesque tournée, ils jouent dans des stades plus grands les uns que les autres, mais ils ne manquent jamais l’occasion de se produire dans des lieux plus intimes.
Le 10 juin, ils démarrent donc à Lakeland, puis de New York (où l’on peut apercevoir Mme et Mr Paul Mc Cartney ou Bob Marley), à Memphis, en passant par Detroit ou Atlanta. De la Floride à l’Ohio, la Géorgie, la Virginie, traversant le Kentucky et le New Jersey, c’est encore et toujours des scènes d’émeutes. Chicago ou New Orleans voient se remplir des stades ou des salles de 80 000 personnes. A Washington, c’est plus de 90 000 personnes qui prennent d’assaut le stade J.F Kennedy. C’est pour les 35 ans de Mick Jagger que s’achève à Oakland cette impressionnante visite aux Etats-Unis.
Les Stones nous avaient habitués à une alternance entre les U.S.A et l’Europe. Donc logiquement, nous étions en droit de les attendre en 1979 ! Malgré tous nos espoirs, à notre grand regret et à notre énorme déception, il n’en fût rien…
***Leur tournée américaine de 78 annonçait donc leur venue en Europe pour cette année. Comment donc expliquer leur absence ? Avec les Stones, il ne faut jamais chercher à comprendre----- Evidemment, passer une soirée avec les Stones aurait été une belle façon de finir les seventies. ***L’AGENDA DES STONES.
Pourtant ils viendront faire une virée en France durant les vacances de l’été 1980. malheureusement, il ne s’agissait pas d’une tournée, aussi confidentielle soit-elle, mais tout simplement d’une opération publicitaire
organisée pour la promotion-annonce de la sortie de leur prochain album EMOTIONAL RESCUE. Dans le titre phare, Emotional Rescue, Mick Jagger a la curieuse idée de vouloir vocaliser comme les castras Bee Gees que j’ai toujours trouvé imbuvables ! Il est vrai que la basse de Bill Wyman a grandement participé à sauver les meubles.
A propos de ce dernier, c’est à l’occasion de ce séjour que Mick et Bill, par BEST interposé, lave leur linge pas très propre quant à l’éventuelle décision annoncée par Bill de quitter les Stones en 1982 !!!
Avant de partir vers ses nombreuses préoccupations Mick Jagger s’offre en passant une petite bâtisse du XII ème siècle, le château de Fourchette près d’Amboise. Lord Mick devient ainsi châtelain sur notre bonne vieille terre de France qui n’arrivera pas encore cette fois à bouter l’Anglais dehors. On ne sait pas si depuis le château a connu les Riffs démoniaques des Rolling Stones, ou si Jagger amène avec lui, lors de ses visites, le célèbre Fog londonien. Il faudrait pour cela sûrement en parler avec ses voisins !
C’est à Philadelphie, le 16 août, que Mick Jagger annonce officiellement Une grande tournée américaine baptisée US TOUR 81. Dans la même déclaration, il dément fermement que ce soit la dernière qu’ils feront. Le 31 août
sort l’album TATTOO YOU, avec entre autres titres Start me up dont on va reparler très souvent plus tard. Les Rolling Stones innovent encore en faisant sponsoriser leur tournée par une marque de parfum ? *** C’est la première fois dans l’histoire du Rock n’ roll qu’une tournée se fait sponsorisée ainsi.*** LE GRAND LIVRE DES STONES. Pour cette tournée géante, les Stones eurent au gré du moment des premières parties aussi différentes que fabuleuses tel Screamin’ Jay Hawkins, Stray Cats, Georges Thorogood, Journey, ZZ top, J. Geils Band, Foreigner
ou encore Tina Turner qui se joindra à eux pour interpréter et danser avec Mick Jagger Honky Tonk woman lors des concerts de Meadowlands. Rien que du beau monde en tout cas. Coté technique, pour la première fois les micros et les guitares sont munis d’un matériel émetteur HF sans fil. Pendant les premières semaines de septembre, on les voit se rôder dans de petits concerts devant un public très restreint (3 à 400 personnes !) dans le Massachusetts ou ailleurs. Certains maires, comme celui de Boston refusant ou interdisant l’organisation de concert, craignant des émeutes comme celles qui avaient eut lieu à Worcester. C’est enfin le 25 septembre que commence réellement cet US TOUR 81, au John Fitzerald Kennedy Stadium de Philadelphie plus rempli que jamais. C’est ainsi qu’Il y aura un deuxième concert le lendemain tout aussi complet que celui de la veille. Les Rolling Stones inaugurent la plus grande scène jamais construite avec ses 60 mètres de larges et 15 mètres de haut. Pour des questions de logistiques, ils disposaient de 3 scènes. Les Rolling Stones drainent un public de plus en plus imposant au fil des années.
Chaque ville visitée semble vouloir entrer dans le livre des records quant au nombre des entrées enregistrées. C’est ainsi qu’en fonction de la capacité d’accueil des stades ou des salles, le palmarès est époustouflant. 25 septembre au stadium de Philadelphie avec 90 000 personnes en délire ! 80 000 spectateurs s’entassent au Rich stadium de Buffalo le 27 septembre. Deux concerts sont donnés les 3 et 4 octobre à Boulder pour attirer 120 000 fans. 60 000 à San Diego, ou encore 90 000 au Coliseum de Los Angeles, la foule est dense, très nombreuse ces 9 et 11 octobre alors que l’on peut voir dans ce public Bob Dylan, Jack Nicholson ou Peter O Toole… Kingston, c’est une ruée de 72 000 âmes. Lors du concert en plein air à Canlestich park à San Francisco, c’est un public de 146 000 personnes qui y assiste, du jamais vu avant à San Francisco. Ils sont 60 000 pour fêter les 45 ans de Bill Wyman à Orlando et on compte encore 50 000 à Houston, 80 000 à Dallas le 31 octobre où se déroulera un second show. Puis c’est à Louisville avec 50 000, et 100 000 entrées au Madison Square garden de New York.
Le 30 novembre le Silverdrome de Pontiac reçoit 70 000 personne, un deuxième concert sera nécessaire pour essayer de satisfaire à une demande trop nombreuse. Avec 90 000 personnes le 5 décembre à NewOrleans ou 70 000 à Phoenix, le nombre de spectateurs a atteint des records inégalés. Le point final de cette gigantesque US TOUR 81 à lieu le 9 décembre au Hampton coliseum à Hampton Roads en Virginie. Le public total pour tous ces concerts aura été de plus de 2 millions de spectateurs ? Rappelons, en passant, qu’en 1977 Mick Jagger déclarai « que d’ici 5 ans les Rolling Stones ne feraient plus de tournée »….
D’après les estimations, les Stones ont récolté une recette de plus de 50 millions de dollars au cours de cette tournée de 50 concerts aux Etats-Unis. La plus longue qu’ils n’aient jamais entreprise.
Un film sur la tournée a été réalisé par Hal Ashby. Voilà, presque 20 ans après leur début, ils prouvent s’il en était encore besoin qu’ils sont là, solidement présents, les plus grands. Toujours les plus forts sur les disques ou sur ces monumentales scènes qu’ils piétinent en marquant le tempo du rock n’ roll dont il se dit qu’ils sont le plus grand groupe du monde, pendant leurs show impressionnants frôlant presque la mégalomanie. Enterrés vivants, ils l’ont été plus d’une fois. Si souvent même, qu’ils ne doivent sûrement plus y prêter attention. Est-ce à dire que 20 ans plus tard, ils n’ont pas pris d’âge ; donc comme eux nous aurions toujours 20 ans ! En tout cas c’est peut-être cela la magie que dégage ce groupe mythique que sont les Rolling Stones.
Ceci étant… Et nous ? Viendront-ils, ne viendront-ils pas en Europe, en France ? A quand peut-on espérer la prochaine venue des Pierres qui roulent sur notre cher continent qui les attend avec une impatience à peine dissimulée ?
Comme pour nous faire patienter la télé nous offre une rediffusion (12 mai 1980) du show de Pantin de 1976 !
Et pendant ce temps là ...
1977... 17 août . Sur la route de retour des vacances; je rentrais de Grèce, nous apprenons le décès survenu la veille de celui que beaucoup appelait le King: Elvis Presley.
Malheureusement pour nous il y a très longtemps que Elvis le Rocker était mort, et que les
Rois du Rock N' roll ont toujours eu pour noms, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry et tous les autres que j'ai déjà cités. Il n'en reste pas moins vrai qu' Elvis était un très grand chanteur doté d'une superbe voix, et qu'il aura à sa manière ouvert la voie du rock (travail difficile à accomplir par des chanteurs noirs comme Chuck Berry, Little Richard ou Fats Domino),voie dans laquelle se sont bien sûr engoufrés les Rolling Stones et beaucoup d'autres
1977,30 novembre
LYON, le Palais des sports accueille Eddy Mitchell, toujours égal à Schmoll qui nous offre avant et avec lui le légendaire harmoniciste Charlie Mc Coy.
1977 4 décembre
LYON,
Palais des sports
C'est le tour de Donovan, le troubadour, qui nous fera passer un moment agréable.
En "Vedettes" nous découvrons Yes qui effectuèrent une honnête prestation.
1978, 26 avril,
Lyon, Croix Rousse,
salle des fêtes
Rendez-vous pour une très belle soirée avec un des très grands du Folk song, le talentueux et sympathique Graeme Allright.
1978, 1er juin,
LYON, palais des sports
Nouvelle visite de Genesis, que cette fois je pris un énorme plaisir à applaudir.
19787 septembre
Mort de Keith Moon
Le 4ème WHO
C'était sans aucun doute le batteur le plus dingue de toute l'histoire du rock. Il avait 34 ans lorsqu'il a tiré sa révérence ce triste soir d'automne...
1978,9 octobre
Mort de Jacques BREL
J'avais eu la chance de voir Jacques BREL sur scène, au Palais d'hiver en 1966.
Il était indiscutablement le seul chanteur français à communiquer avec le public comme le font les chanteurs de Rock n'roll.
1978,10 novembre,
palais des sports de Lyon
L' apothéose avec une nouvelle fois la visite du Killer, Jerry lee lewis qui ce soir se paie le luxe de nous proposer une extraordinaire première partie de rockabilly en invitant Crazy Cavan and the Rythm Rockers.
198023 février
LYON palais d'hiver
Jerry Lee Lewis,
Encore une grande soirée de rock n' roll avec l'immense Jerry Lee Lewis, Killer de son état...
19808 décembre
JOHN LENNON... ASSASSINE !!!!
Dans une rue de New York, un dingue tire à bout portant sur John Lennon, qui restera pour moi le seul authentique rocker des 4 Beatles
19818 février
Mort de Bill HALEY
Rock around the clock…
C'est fini, Bill Haley a posé sa guitare et salué ses Comets pour partir
rejoindre d'autres astres.
198124 février
LYON, palais des sports
JETHRO TULL
Nous sommes allés écouter Aqualung et voir Jethro Tull .
Féérique comme chacun de ses shows.
19815 mai
LYON, palais des sports
C L A S H
Puis un événement : the magnificent CLASH, mélange des plus détonnant de rockabilly et de punk.
INOUBLIABLE…
198110 novmenbre
LYON, palais des sports
SANTANA
Une nouvelle occasion, toujours avec délectation, de voir l'immense Santana.
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20.03.2008
1976, les ROLLING STONES à LYON-GERLAND
9 juin , Palais des Sports de LYON-GERLAND
Et à Lyon ? … Il faut se rappeler que le 26 mai nous sommes allés applaudir une des Idoles des Stones (dont ils interprétèrent plusieurs titres à leurs débuts : Carol, Come on…), Mister Chuck Berry. la veille, toujours dans le même palais des sports de Gerland nous étions venus voir les WHO qui nous jouèrent de très larges extraits de TOMMY et QUADRIPHONIA.
Une foule dense agglutinée aux alentours du palais prouve si besoin était que le grand jour est arrivé.
Certains ont du arriver tard dans la nuit, et toute la longue journée d’attente avant l’ouverture de ce qui va devenir pour quelques heures le temple où officieront leurs satanics majesties. L’entrée dans la salle, après la fouille qui est devenue une coutume, se fait sans trop de soucis. C’est donc sans encombre que nous nous retrouvons dans cette grande salle ultra-bondée. Nous découvrons au-dessus de nos têtes, suspendu au plafond, un immense miroir qui traverse la salle de part en part… la première partie est assurée par un groupe dont j'ai oublié le nom; je dois dire que je ne me déplacerais pas pour aller le voir (j’allais dire applaudir) en concert. Comme quoi on peut aimer les Stones et ne pas partager complètement les mêmes goûts.
Arrive l’entrée des Stones avec le déluge de lumières dorénavant incontournable dans les concerts. En fait les projecteurs sont placés derrière le mur d’amplificateurs (qui servira au cours du concert de passerelle à Mick Jagger), et lancent leurs jets de lumière contre le miroir qui renvoie les lasers de toutes les couleurs, tels des rayons de défense anti aérienne qu’ont connu nos parents pendant la sinistre période que l’on sait, pour éclairer les Stones en retour. Les Rolling Stones nous offrent un panaché de morceaux anciens comme Gimme Shelter, Street fighting man, et de titres plus récents issus pour la plupart de leur dernier album : Fool to cry ou Hot stuff. Coté scénique le plus étonnant, voir gênant, c’est incontestablement Mick Jagger, qui ce soir s’est pris pour LA grande folle du rock n’ roll Little Richard.
Mick Jagger l’androgyne apparaît vêtu d’un pantalon collant et d’une extravagante cape verte, bordée de rouge laissant apparaître le torse nu. Il est outrageusement maquillé, poudré, fardé comme une Honky tonk woman. Il joue les prostituées, se faisant de l’air avec un éventail, en feignant une cour assidue à Billy Preston (pendant le concert, il était aux claviers comme accompagnateur) venu le rejoindre le temps de chanter Hey Negrita dont on se serait volontiers passé. Il nous étonna tout au long de cette soirée où seront servis dans le désordre : Jagger se balançant au bout d’une corde au-dessus du public des premiers rangs, le dragon de décor en carton pâte au bout de son tuyau en plastic , ou encore le pénis géant qui après s’être gonflé pointe sa gueule vers le ciel avant que Mick ne l’enjambe pour une chevauchée épique alors qu’il chante Star fucker et que le phallus nous crache une multitude de confettis ; Au final, les spectateurs de devant la scène recevront un seau d’eau jeté par Mick lors de son salut….
C’est vrai que pendant ces quelques moments, on s’est un peu éloigné de la musique rock n’ roll…. A noter que pour la première fois, nous n’avions plus fait l’erreur d’être dans la fosse, mais sagement assis dans les gradins….
Ce fut quand même une grande soirée, dehors, nous avons retrouvé la grisaille du train-train quotidien qui nous attendait pour demain. C’est avec une certaine fébrilité que nous feuilletons LE PROGRES qui nous livre ses impressions sur ce concert ; *** Pour les amateurs de musique rock et pop, c’était hier soir sans aucun doute une date marquante. Les Rolling Stones se produisaient au Palais des sports à Lyon et comme dans toutes les villes visitées au cours de leur actuelle tournée européenne, ils ont joué à guichets fermés. Des faux billets avaient été distribués et l’on craignait des violences. Mais si ce n’est quelques heurts individuels, aucun acte grave ne fut à déplorer.------Treize ans après avoir connu leur premier succès, les Stones sont fidèles à leurs sources, ils restent dans leur musique, leurs textes et leurs jeux de scène, vibrants, parfois touchants et délibérément provocants.------Les Stones, c’est presque du classique…. Et les 15 000 spectateurs l’ont écouté chanter des succès anciens ou plus récents avec calme, presque religiosité. La grande majorité de ces spectateurs étaient très jeune : nombre d’entre eux devaient tout juste marcher quand les Stones montèrent sur les planches. Et ces jeunes-là ne les écoutent certainement pas comme les jeunes, il y a 10 ans. C’est la preuve que les Rolling Stones ont su bien vieillir.*** PATRICK EBERHARD, LE PROGRES, 10 juin 1976.
On retrouve les Rolling Stones en août au festival de Knebworth, dans la grande banlieue de Londres. Ce festival réunit 200 000 personnes et les Stones interprètent une trentaine de chansons pour un concert de défonce de près de 3 heures. Rock et Folk était là pour nous.***Il fallait hélas traverser la Manche pour se joindre à quelque fête galante. Knebworth en fut une et des mieux réussies. Surtout quand la nuie venue, ILS démontrèrent en un show fantastique qu’on les avait enterrés un peu vite.----- il est plus de minuit. La massa immense remue dans l’ombre, et c’est déjà trop d’attente dans le bleu perlé. On espère les Stones, on sait le prix des minutes avant eux, et même on les savoure. Mais trop, c’est trop.. Alors, à son sommet, l’attente au-dessous de la scène se gonfle en une gigantesque lèvre supérieure, gavée de rouge, et l’avant-scène en langue tirée jusqu’au château ou presque. Musique de foire, qui décroît, et le meneur de jeu, tout doux qui chuchote un extatique « Ladies and gentlemen, the Rolling Stones », cette lâche provocation. Juste les projecteurs sur le groupe qui envahit l’espace, Keith, guitare dans la hanche, grimace alléchée, et tout de suite un grand écart, les épaules aux oreilles , LE riff de guerre, l’inattendu riff de toutes nos guerres depuis dix ans, et au bout du chemin, là-bas, droit, très loin, l’autre silhouette d’avant hier, Jagger en blouson noir et pantalon de soie, cuir aux épaules, émeraude aux jambes, qui petit-patte, les main sur les yeux, en aviateur, vite, plus vite, jusqu’au grand pied dressé sur le parjure : SATISFACTION ! Oh non bien sûr qu’il ne peut pas l’obtenir, il n’est plus temps, et c’esttellement la balle perdue que les deux cent mille têtes en flanchent, touchées par surprise.------ Je ne sais pas si ce concert fut le dernier des Rolling Stones, et je m’en fiche. Si oui, tant pis, sinon que les prochains soient ne serait-ce qu’un dixième aussi grandioses. On ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut, mais on peut s’en donner une idée : que le rock, comme ce soir à Knebworth, tire sa langue rougeoyante au vieux monde, ou qu’on l’oublie. *** FRANCOIS DUCRAY, ROCK ET FOLK ? Octobre 1976.
Quant à nous, nous réalisions que nous avions déjà pris de très mauvaises habitudes d’apprécier les bonnes choses que nous souhaiterions être sans fin : 31 mars 1966…., 3 octobre 1970….., 9 juin 1976……
Alors on s’est dit, pourquoi serait-ce fini ?
En fait, on attendait déjà la prochaine tournée européenne qui passera, pour sûr, à Lyon.
Et pendant ce temps là !
1976, 25 mai
the WHO
LYON, palais des Sports
La bande à Daltrey, les WHO... Grandiose, avec un immense TOMMY en quadriphonie dans la salle.
197626 mai
Palais des Sports, LYON GERLAND
CHUCK BERRY
Quelques jours avant la grande date, pour les Stones, Crazy legs Chuck Berry, un de leurs pères spirituels qui nous envoie encore et encore son hail hail rock n'roll que nous ne nous lasserons jamais d'entendre.
La première partie était assurée par les rois du rockabilly Crazy Cavan and rythmrockers.
1976, 25 juin
GENESIS
Palais des sports à Gerland.
Deux semaines plus tard, Genesis et Phil Collins comme chanteur prennent la relève.
Succès très mitigé. A leur décharge, il leur fut difficile d'assurer la suite des Rolling Stones si peu de temps après.
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18.03.2008
1976, les ROLLING STONES à la Villette !
1976, à la Vilette
Le retour en France
Le coup d’envoi de leur plus longue tournée européenne est donné à Francfort le 28 avril ; suivent Munster le 3o avril, Hambourg le 2 mai, Berlin le 3 mai, Brème le 4 mai, Bruxelles les 6 et 7 mai, toujours à guichets fermés, Glasgow les 10.11.12 mai, Leicester les 14 et 15 mai, Stattford les 17 et 18 mai, Londres du 21 au 25 mai, La Haye le 29 mai, Cologne le 31 mai, Dortmund les 1er et 2 juin, Pavillon de Paris les 4.5.6.7 juin, Lyon le 9 juin, Barcelone le 11 juin, Nice le 13 juin, Zurich le 15 juin, Munich les 16 et 17 juin, Zagreb les 21 et 22 juin, et Vienne pour finir le 23 juin.
Venons en donc à ce qui nous intéresse : leur passage à Paris et à Lyon où nous les attendons depuis six ans déjà. La caravane Rolling Stones débarque en premier lieu dans la capitale française avec une logistique digne des manoeuvres militaires si on en juge d’après quelques chiffres : *** 2 millions de dollars pour transporter cinq Rolling Stones, treize camions de matériels, 15 tonnes d’éclairage, une scène d’un million et demi de francs, les 250 000 francs de garde robe de Mick Jagger et les dix huit guitares de Keith Richard. « Ce n’est que du Rock n’ roll » chante Mick Jagger. « C’est bien plus que du Rock n’roll, rectifie le général Rudje, c’est une campagne militaire. » Avec une infra structure jamais vue de mémoire de rock star.*** NOUVEL OBSERVATEUR, 31 mai 1976
Malheureusement, une fois encore ils sont attendus par une certaine presse d’intellectes qui ne se sait plus quoi écrire ou médire pour arriver à trouver l’événement à sensation pour décrier ces musiciens et nous prouver avec leurs arguments imparables qu’ils sont morts et enterrés. Ils tirent à boulets rouges sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un rolling Stones moyen. ***Cinq soirs de suite, à la sortie des abattoirs de la porte de Pantin, dix sept mille spectateurs n’auront qu’à rentrer chez eux réécouter des vieux trucs. Après s’être rendu à l’évidence : les Stones ne sont plus les Stones et leurs shows ne sont plus des évènements-----Les cinq sales gosses, incarnation de tous les outrages, sont aujourd’hui les associés d’une entreprise multinationale. Et leurs concerts sanglants sont réduits à des rendez-vous d’affaires.----- Automate au ressort cassé, pantin à ficelles usées, la Rolling-star en est réduite à se plagier elle- même. Jagger force ses mimiques, charge ses jeux de scène. Il parodie sans y croire, son image de marque. La féroce bête se déguise en perruche, le sauvage de banlieue se fait geisha maniérée, ses grimaces arrogantes deviennent du marivaudage.----- On va les voir comme on allait voir Piaf à la fin de sa vie-----Le-plus-grand-groupe-rock-du-monde, celui dont on achète le dernier disque le matin de sa parution, dont on négocie les billets au marché noir dix fois leur valeur, n’est plus qu’une machine qui tourne à vide.----- « This is the last tour “ la nouvelle se confirme : c’est leur dernière tournée, les Stones se séparent.----- Ce n’était que du rock n’ roll mais c’est bien dommage.***MARIELLA RIGHINI, NOUVEL OBSERVATEUR, 31 mai 1976. Les Stones se produisent les 4,5,6,7 juin, l’article est daté du 31 mai…N’empêche qu’ils sont bien là, et le public plus nombreux que jamais est au rendez-vous. ***Le premier groupe anglais de rock n’ roll aux abattoirs de la Villette. ROLLING STONES : LE BRUIT ET LA FUREUR. Dès l’annonce de la venue à Paris des Rolling Stones, plus de 80 000 billets avaient été vendus en une seule journée. Pourtant leur tournée européenne entamée voici un mois à Francfort, a soulevé un flot de critiques acerbes : « La plus grande machine à fabriquer le rock n’ roll s’est détraquée », « Mick Jagger se parodie lui-même… » etc. Pourquoi ce tumulte dans la presse et cet engouement de leurs fidèles ? Parce que les Rolling Stones ont su aussi s’attacher en treize ans un public d’inconditionnels. Et se forger une légende au parfum de soufre.***LE FIGARO, 6 juin 1976.
C’est donc dans les colonnes de ce grand quotidien parisien, habituellement peu branché rock n’ roll que nous trouvons un assez bon article où il remarquable de noter qu’ils ne démolissent pas le groupe, mais tentent avec une certaine lucidité une analyse pour présenter au mieux les Rolling Stones, fait de société, à leurs lecteurs ou aux détracteurs de notre band britannique préféré.*** Jamais, avant eux, un groupe musical n’avait réussi à faire naître dans son public des réactions aussi démesurées. Ils cristallisent, à chacune de leur apparition en scène, tout ce que recherche une certaine partie de la jeunesse : le défoulement collectif atteignant au paroxysme, la révolte contre la société et un système vomis de manière manichéenne. Les Stones n’ont pas suivi les divers mouvements de contestation qui embrasèrent l e monde étudiant occidental dans les années 60. ils les ont précédés. Par instinct. Leur musique est aussi violente que les paroles qu’elle véhicule. Une impressionnante batterie d’amplificateurs, des percussions, une basse « ronflante » contribue à créer un son personnel et surtout une atmosphère envoûtante où la puissance des décibels se dispute à l’excentricité du chanteur Mick Jagger.----- En 1976, ils semblent assagis, peut-être parce qu’ils vivent au quatre coins de la planète, ne se réunissant que pour enregistrer un album et en assurer la promotion tel BLACK AND BLUE, leur 19ème et dernier 33 tours qui allie une fois encore rock n’ roll et douces ballades. La spécialité des Stones. Car on oublie trop souvent qu’ils sont aussi les compositeurs de chansons comme love in vain *erreur de l’édito, superbement interprétée par les Stones, mais pas écrit par eux, ou ventilator blues.-----La tournée des Rolling Stones sera un échec proclame-t-on de toutes parts. Mais un échec dans la gloire et le succès : à Londres, un concert récent donné devant 18 000 personnes avait suscité un million et demi de demandes de places. Finis les Stones ? On annonce encore une fois leur séparation prochaine. En oubliant, en apparence, qu’ils n’ont jamais été aussi populaires que dans les pires périodes de crise.*** HENRY MONGABURE et JEAN LUC WACHTHAUSEN, LE FIGARO, 6 juin 1976.
Dans LIBERATION, en quelques lignes Gene tire une synthèse quant à la popularité non altérée des Rolling Stones. ***Ils sont venus, ils sont là ! Depuis 1970 interdits de scène en France les Rolling Stones donnaient hier soir leur premier concert en France à la porte de Pantin. Depuis au moins trois ans le bruit courait régulièrement : ils seront à la fête de l’Huma, ils joueront au printemps, sûr et tout… Fausses nouvelles…On avait repris espoir après que Keith Richards ait réglé définitivement ses comptes avec la justice française ! En vain il fallait encore attendre ou se rendre à Bruxelles. Cette fois ils sont en France dans le cadre de leur tournée européenne après celle aux Etats-Unis l’été dernier ? faut-il remercier les organisateurs KCP et RTL ? On le saura après ces concerts précédés de la parano la plus totale : le GUD, le GAJ, les loubards, les catcheurs et les flics allaient être au rendez-vous si l’on en croyait les bruits les plus farfelus qui couraient… des milliers de faux billets se seraient subrepticement répandus sur le marché alors que les places au noir attendraient des prix extravagants 150, 200 voir 500 F ! Toujours est-il que les organisateurs ont des insomnies qu’ils ont eues de longs entretiens avec la police qui aurait accepté de ne pas être présente…. En fait, il faut savoir pourquoi on veut aller au concert, écouter les Stones, s’éclater un soir, se frapper comme le veut la tradition des concerts des Stones en France. Hier à l’ouverture des portes, les inévitables motards de la Bastille et les catcheurs aux pectoraux enveloppés d’orange étaient là, mais ni plus ni moins agressifs que d’habitude et tout s’annonçait cool… tous les beaux jeunes gens qui se pressaient devant les barrières à l’ouverture des portes étaient venus pour écouter les Stones et l’heure n’était pas à l’agressivité ni à la parano. Le public français changerait-il, on l’espère vraiment…*** GENE, LIBERATION, 7 juin 1976.
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17.03.2008
1975, un certain Ron WOOD
1975, un certain Ron WOOD...
Pour combler le vide laissé par Mick Taylor de nombreux noms sont avancés. On parle de Jeff Beck, de Peter Frampton, de Jimmy Page, d’Eric Clapton, de Rory Gallagher ou même de Ron Wood. C’est le 14 avril 1975, que par un communiqué on apprend que l’heureux élu sera Ron Wood en tant qu’accompagnateur des Stones durant la prochaine tournée mondiale.
L’annonce de la tournée américaine se fait, comme presque tout le temps, d’une manière fracassante sur la 5ème avenue de New York, à bord d’un camion sur lequel les Stones à cette occasion offrent un concert des plus inattendu à la veille de leur nouveau départ sur les routes. Les tournées, on s’en rend compte au fur et à mesure que les années passent drainent un public de plus en plus énorme. 50 000 personnes, le 7 juin, font ainsi la queue au soleil pendant plus de 8 heures devant le stadium de Kansas City pour assister au concert. Des centaines de malaises sont à déplorer ! 55 000 personnes se pressent au County stadium de Milwaukee ; 80 000 au stade de Cleveland (Ohio).
En six soirées ils rassemblent 120 000 spectateurs au Madison square garden. Les Stones ne remplissent plus dorénavant que des stades ou d’immenses salles omnisports, innovant sans arrêt coté décor de scène. Ainsi lors de cette tournée cette fameuse scène à étoiles repliable (que nous ne verrons pas en Europe) placée au milieu du stade dont les pétales s’ouvrent pour laisser apparaître leurs majestés au centre. Pour cette tournée les Stones auront assuré 45 concerts, et suscité, encore et encore, bien des commentaires journalistiques.
***Mick Jagger, c’est la superstar. Combinaison blanche, moulée à craquer autour du corps et du sexe, collier de cuir clouté or, chevelure aux épaules, piscines, grosses motos, les plus belles filles de l’Angleterre, l’accueil de l’aristocratie, l’argent par les fenêtres. Et aussi une violence sauvage et sans scrupule, comme dans « orange mécanique » : on massacre aussi bien les fillesque les garçons, avec un sadisme souriant et puéril.*** M.C. L’EXPRESS, 3 août 1975.C’est en novembre que nous avons la confirmation qu’une tournée européenne aura bien lieu en 1976. Avec cette fois la France sur le parcours (Ils préparent d’ailleurs cette tournée en répétant dans une villa à coté de Mougins en compagnie de Billy Preston). En cette fin d’année Mick Jagger confirme aussi que Ron Wood participera à l’enregistrement du prochain disque des Stones et qu’il repartira avec eux en tournée.
En clair Ron Wood devient officiellement et définitivement un « Stone ».
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15.03.2008
1974, Jagger le Dandy, Mick Taylor s'en va !!!
Pour la première fois un Stone enregistre en solitaire. En effet Bill Wyman prépare un album solo en compagnie de D.John et Leon Russel (pianiste et accompagnateur de Joe Cocker). MONKEY GRIP sort en mai . ***Il est dommage d’avoir été obligé d’attendre plus de dix ans pour se rendre compte que Bill Wyman est capable d’écrire de très belles chansons.***CITATION ?
Il est vrai que pendant que Mick Jagger entreprenait ses flirts avec la JET SOCIETY, partageant son temps entre Paris, londres ou New York, les autres Stones reprenaient un peu leur souffle. Keith Richard participe à l’enregistrement de l’album solo de Ron Wood (guitariste des Schmall Faces, groupe de Rod Stewart), et l’accompagne lors de son concert solo au Gaumont de Kilburn (Londres).
14 décembre, Mick Taylor quitte le groupe en déclarant que son départ n’est dû qu’à des divergences musicales. Il rejoint Jack Bruce (ex bassiste des Creams) pour fonder un nouveau band. Mick Jagger ne semble pas vouloir trop s’étendre sur ce départ.*** Après cinq ans et demi, Mick a envie de changer de décor et veut avoir l’occasion de se lancer dans de nouvelles aventures, d’entreprendre de nouvelles choses. Tous, en étant très désolés qu’il s’en aille, nous lui souhaitons beaucoup de succès et de bonheur. *** LE GRAND LIVRE DES STONES.
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