31.10.2009

1990, Barcelone, SUS SATANICAS MAJESTADES

Dans cette attente, de se rendre à Marseille, nous pouvons être rassurés, si besoin était, sur les qualités du show cuvé 1990, en lisant les articles enflammés, n’hésitant pas à titrer « SUS SATANICAS MAJESTADES ! », au lendemain des deux soirées données à Barcelone les 13 et 14 juin (malgré une météo des plus moroses le 14 !). Barcelone où les Rolling Stones ont enflammé plus de 60 000 spectateurs venus assister à leur concert. *** Barcelone, le stade olympique de Montjuic, futur temple des jeux olympiques d’été de 1992, s’apprête à recevoir l’histoire du rock n’ roll ou plutôt, comme l’affirme le slogan publicitaire de l’Urban Jungle Tour, « le » rock and roll personnifié, les Rolling Stones ! La colline de Montjuic, qui domine la capitale catalane, avec son immense parc, ressemble à une certaine idée du paradis. Ce ne sont pas les policiers et militaires espagnols, à l’allure menaçante, ni les contrôles par bip électronique, qui ternissent cette image, tant toutes les conditions semblent réunies pour faire de cette soirée un grand et beau moment !------ la fête est finie, mais longtemps dans la soirée, elle résonne comme un intense moment de bonheur. Les Stones prouvent une fois encore qu’ils sont véritablement le rock and roll !*** PHIL BENOIT, VAR MATIN, 17 JUIN 1990.

Barcelone, ce 14 juin, où malgré les menaces du ciel, ils sont venus, pour la plupart arrivé très en avance pour assister à cette fiesta Barcelon-naise.***Joueront ? Joueront pas ? En ce jeudi 14 juin, la une des quotidiens barcelonais tourne et retourne cette question avec insistance. La veille, le premier concert a bien eu lieu, devant 60 000 personnes au stade olympique de Montjuic. Mais comme le souligne le chroniqueur de El Pais, malgré une production de deux millions de pesetas, Mick jagger n’a pas pu s’assurer la clémence des cieux. Un ciel sombre pour un retour. Los Stones, 14 anos después…------ Si Mick « Jogger » gambade moins qu’en 1982, les vieillards cacochymes peuvent se rassurer : le temps où il viendra les bassiner avec ses souvenirs d’ancien rocker n’est pas encore arrivé !------ Barcelone avait patienté durant quatorze années. En deux soirs, Mick jagger et les siens lui ont donné de quoi tenir vingt-huit. Mais les Rolling Stones seront-ils encore là en l’an 2018 ? *** FRED GUILLEDOUX, LE PROVENCAL, 20 JUIN 1990.

medium_1990_barcelone.gif

29.10.2009

1990, The Rolling Stones... Steel Wheels...LYON ANNULE

1990, l'Urban Jungle !
Lyon, annulé...


Le nouvel appel du 22 mars a lieu à Londres, où les Rolling Stones confirment leur prochaine tournée européenne qu’ils appelleront L’URBAN JUNGLE TOUR. Ils nous expliquent que la scène a été dessinée par Mick Jagger, Charlie Watts et Mark Fisher (qui avait conçu celle de STEEL WHEELS), et d’après Mick Jagger le décor évoquera un paysage urbain rude et délabré. Nous apprenons aussi qu’il y aura des chansons de toutes les périodes, de leurs débuts jusqu’à aujourd’hui.

Commence alors pour nous, par presse interposée, un long jeu des questions : Où allons nous pouvoir les voir ? A Lyon ?… Car il faut se rappeler qu’en 1982, le suspense : viendront, viendront pas, avait mis nos nerfs à rude épreuve avant de savoir que la municipalité avait accepté de louer le stade !..

Enfin, en mai, le Progrès nous annonce : LES ROLLING STONES A LYON LE 27 JUIN, C’EST OFFICIEL."*** Cette fois, c’est sûr : les Rolling Stones reviennent à Lyon, pour un concert évènementiel : leurs tournées en France étaient devenues rares, et il n’est pas impossible que celle-ci soit la dernière du plus légendaire des groupes encore en activité. Après tout, ces infatigables diables abordent les rivages de la cinquantaine et un répertoire comme le leur, qui n’est pas celui d’un Trenet, peut difficilement passer la rampe quand les rockers fous se métamorphosent progressivement en papys à tête chenue.------ Mais pourquoi ne pas patienter (sous-entendu, plutôt que d’aller à Paris ou Marseille) jusqu’au concert qui aura lieu à lyon, au stade de Gerland, le 25 ou le 27 juin, sous l’égide de Rainbow concerts.***F.C. LE PROGRES, 7 mai 1990.

medium_1990_lyon_officiel.gif



Quelques jours plus tard c’est la confusion quand ils nous rapportent qu’un troisième concert est rajouté à Paris.***Rolling Stones : un 3ème concert à Paris. Leurs deux premiers concerts au parc des Princes à Paris, les 22 et 23 juin, affichant complet, les Rolling stones ont ajouté une troisième représentation au même endroit le 25 juin. Les promoteurs français espèrent toujours obtenir de Mick jagger et consorts un, deux et peut-être trois concerts en province, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Nantes semblant les villes les mieux placées actuellement. *** LE PROGRES, MAI 1990.

Et, badaboum ! Le 15 mai c’est la claque qu’on n’espérait pas : Le concert des Rolling Stones à Lyon est annulé. A-t’il été, seulement vraiment accepté dès l’annonce initiale ? *** Lyon. Le concert des Rolling Stones, prévu le 27 juin à Lyon, a été annulé à la demande du groupe. Dans un communiqué « Rainbow concerts » insiste sur le fait que ce concert, bien qu’annoncé au stade de gerland, « n’avait jamais été confirmépar écrit ». « Les Stones ne sentent pas Lyon et pourraient décider à la place une autre date en France », a précisé un responsable de la société lyonnaise. *** LE DAUPHINE LIBERE, 15 MAI 1990. On ne saura sans doute jamais le dessous de l’histoire (qui finit bien en 1982, mais pas cette fois !), et nous devons nous résigner, dans la mesure de nos moyens, à envisager un voyage vers Marseille ou Paris.

medium_1990_lyon_annule.gif



Un peu plus d’un mois plus tard, sous le titre LES GRANDS CONCERTS SE MEURENT, le Progrès tente de justifier la non venue des Stones à Lyon, qui ne serait pas du fait d’un refus quelconque de la municipalité, mais de la peur du groupe de ne pas « rentrer » dans son argent ! *** Grands concerts : au nom de la rentabilité. Les stones ont joué à Marseille et paris et ont ignoré Lyon. Par crainte de l’échec financier.------ Les Stones ont roulé de Marseille à Paris sans s’arrêter à lyon. Jamais confirmé, un concert au stade de Gerland avait pourtant bel et bien été annoncé. Mais ne s’est jamais concrétisé, faute d’une rentabilité assurée.*** CHRISTIAN SADOUX, LE PROGRES, 25 juin 1990.

medium_1990_les_concerts_se_meurent.gif

Et de commenter que si le spectacle a toujours été le royaume de l’argent, il est peut-être en train d’en mourir. Citant ainsi Jean-claude Camus (manageur et producteur du Sieur Hallyday..), qui affirme sans aucune hésitation, que « le spectacle vivant aura disparu en France d’ici cinq ans » ?….. Dès lors, pour nous, pauvres Lyonnais, il n’y avait plus photo, il va falloir faire comme Lagardère, si Les Stones ne viennent pas à nous, nous irons aux Stones…. Pour ce qui me concerne, le Job de technico-commercial, que j’exerce en ces temps, va bien évidemment augmenter mes chances de pouvoir assister à un des concerts, celui du 20 juin au stade vélodrome de Marseille. Aussitôt dit, aussitôt billet en poche en attendant le grand jour du coté de la Canebière.

medium_1990_en_attendant.gif

24.10.2009

1986/1987, la brouille des jumeaux

Steel Wheels...

Alors en ce qui nous concerne, nous avons pris notre mal en patience et avons attendu des jours meilleurs accompagnés de bonnes nouvelles colportées par les Rolling Stones eux-mêmes.

Et bien, le 21 juillet, sort un simple RUTHLESS, enregistré par Mick jagger pour le film de Walt Disney : Ruthless people.

medium_1987_hail_hail.gif



Le deuxième LP PRIMITIVE COOL arrive en septembre 1987 , et à partir de la fin d’année, nous pourrons avoir la grande joie d’aller au cinoche pour voir HAIL HAIL ROCK N’ROLL avec Chuck Berry accompagné, pour la première fois de sa longue carrière, par un vrai orchestre, un band d’exception composé entre autres grandes pointures de Eric Clapton ou Keith Richard. Un Keith Richard, goguenard, qui explique toutes les difficultés rencontrées, auprès du Maître « à qui il a tout piqué… », pour lui faire admettre le principe de ne pas monter la tonalité de sa guitare, selon ses mauvaises habitudes, pour ne pas couvrir le groupe qui l’accompagne. Ce sera chose réussit le jour du grand concert quand Keith Richard, à l’insu de Chuck, décide de shunter l’ampli qui resta ainsi au même niveau sonore adéquat pour une meilleure qualité musicale qui fut de mise pendant toute la durée de cette fête du Rock N’Roll à laquelle nous participons en visionnant ce film.

Après cet énorme tribu rendu au Rock n’roll, l’année suivante (oct 1988) Keith Richard nous gratifie de son premier album solo TALK IS CHEAP enregistré avec son orchestre X-PENSIVES WINOS, avec lequel il part en tournée en novembre et décembre. Tout cela nous amène au jour de la reconnaissance de leurs Pairs. Le 18 janvier 1989, ils sont reçus comme membre du Hall of Fame du Rock n’ roll. Au cours de la remise de prix Mick dira : *** « Il y a une légère ironie dans le fait que ce soir vous nous voyez au summum de la bonne conduite alors que nous recevons une récompense pour 25 années de mauvaise conduite…Nous ne sommes pas prêts à raccrocher ». Rendant hommage à Brian Jones, il ajoute : « sa personnalité et ses talents de musicien nous écartaient souvent du courant bluesy, mais avec parfois des résultats merveilleux. » Et à propos de Ian Stewart : « c’était un ami, un grand pianiste de blues, dont les conseils musicaux inestimables nous maintenaient la plupart du temps dans un solide registre bluesy. »*** LE GRAND LIVRE.

medium_1988_keith.gif



Cette grande soirée vit passer sur scène Mick Jagger en duo avec Tina Turner, puis Stevie Wonder avec Keith Richard, Ron et Mick Taylor à la guitare. De la fête aussi, Little Richard. Et bien sûr the Who et Pete Townshend, ce dernier déclarant aux Stones : « Les gars, quoi que vous fassiez, ne vieillissez pas, de grâce ! ». Pour l’anecdote, l’absence de Bill Wyman alimenta les rumeurs selon lesquelles Ron prendrait la basse pour remplacer Bill, et Mick Taylor reviendrait !!!!

En France, en juin, le Nouvel Observateur avec le titre « VINGT ANS APRES WOODSTOCK » nous propose un dossier sur ce qu’ils considèrent être les increvables du Rock n’ roll : les Rolling Stones, Tina Turner, Bob Dylan, les Who…. Et concernant Mick Jagger LE MYTHE, d’expliquer qu’après la mort de Brian Jones, l’ère Jagger-Richard commence, les rivalités internes ont changé de partenaires. Keith s’enfonce dans l’héroïne pendant que Mick s’autoproclame Chef du groupe, s’entoure de tout ce qui traîne de gloires établies et transforme les tournées des Rolling Stones en Barnum mondain. *** La musique, elle, tombe petit à petit en déliquescence. Il faut remonter à 1971 pour trouver un album des Stones écoutables de bout en bout (« Sticky fingers »). Sur scène, Mick parodie le meilleur de lui-même devant des partenaires qui n’ont plus l’air de beaucoup y croire. Pourtant, il demeure quelque chose de la magie d’antan, une aura de star du rock n’roll qui n’est pas près de se dissiper. Il reste assez malin pour utiliser les moindres aspects de sa vie, privée ou publique, dans la construction-ou l’entretien- de son mythe de star. Même au prix -tout à fait acceptable- d’une énième reformations des Rolling Stones. C’est bien le moins, après la désastreuse carrière de ses albums en solo. ***LE NOUVEL OBSERVATEUR, juin 1989.

medium_1989_l_obs.gif



Parmi cette suite de reportages, il est fait remarquer à Keith Richard que plane une forte impression laissant penser qu’il est le seul, parmi les Rolling Stones, à vouloir reprendre les tournées. *** Dieu merci ! J’en éprouve le besoin et j’estime que le groupe aussi en a besoin. C’est essentiel pour la qualité de notre musique et pour notre connaissance du public. On ne peut pas rester tranquillement à la maison à écrire des chansons, puis les porter au studio et faire notre petit disque. L’essence d’un groupe comme les Stones, c’est son rapport direct au public.------Quand on nous regarde, Mick, Charlie, Bill, Ronnie et moi, on a du mal à imaginer qu’on puisse former un groupe. Et pourtant, ça fonctionne. Et ça rassure. Comme un cocon. Une bulle bien isolé.***LE NOUVEL OBSERVATEUR, ALAIN DISTER, juin 1989.

19 juillet 1989 … New York

Conférence de presse convoquée par les Rolling Stones. Ils annoncent leur nouvelle tournée STEEL WHEELS du nom de l’album qui va sortir. L’annonce a lieu sur un wagon plate-forme et la conférence se termine par la déclaration de Mick Jagger : *** « Je ne vois pas ça comme un concert d’adieu. Ce sera les Rolling Stones 1989. On me demande toujours la même chose depuis 1966. Ce ne sera pas notre dernière tournée. » *** LE GRAND LIVRE. Le typhon Rolling Stones reprend donc la route tel une traînée de poudre, embrasant de nouveau toutes les villes traversées de Cincinnatti à Philadelphie ou Toronto. Toujours plus de monde pour s’arracher les billets dont plus de 120000 vendus à Toronto.

Le 29 août c’est la sortie de l’album STEEL WHEELS et le point de départ à Philadelphie pour plus de 60 concerts à travers les USA. Puis l’annonce du tour du Japon où ils jouent 10 concerts au Dôme de Tokio (le premier le 14 février 1990) pour lesquels furent vendus en moins d’une demi-heure un demi-million de billets d’entrées…

A cette époque, l’information nous est livrée par Le Progrès. *** Rolling Stones : c’est re-parti. Le célèbre groupe anglais, qui ne s’était pas produit ensemble depuis huit ans, a donné le coup d’envoi de sa tournée 89 dans un petit club américain. Sept cent privilégiés ont assisté à cette répétition générale.*** LE PROGRES, 14 AOUT 1989.
medium_1989_reparti.gif



Un peu plus tard, dans la rubrique disques, présentant « le meilleur disque des Rolling Stones depuis dix ans », il s’agit de STEEL WHEELS, il nous confirme le début de la tournée de même nom. *** Aujourd’hui, minés par des conflits internes et déboussolés par des carrières solos qui se sont soldées par des bides retentissants, les Stones se sont sagement réconciliés et repliés sur leurs bases. Non sans objectif précis. Ils entament début octobre une lucrative tournée américaine : 65 millions de dollars de bénéfice assuré pour trois mois de concerts. Un joli matelas de billets verts, propre à consolider la plus fragile des réconciliations. Et ce n’est pas fini : le cachet d’une très probable tournée européenne est en cours de négociation… ***YVON RONDU ? LE PROGRES, 3 SEPTEMBRE 1989. En attendant de connaître les villes françaises que leurs Satanic Majesties projètent de visiter, nous lisons fiévreusement nos mensuels musicaux comme Best qui se mouille du titre « Pierres qui rouillent » *** Caïn et Abel du rock n’roll, Castor et Pollux du rythm and blues, ces deux-là aujourd’hui quadragénaires cossus, n’en finissent pas de se chamailler comme des adolescents ! Et ça dure depuis combien de temps déjà ? A l’aube de leur retour grandiloquent, ils ont convoqué Gilles Riberolles pour arbitrer leurs humeurs du moment. Devinez quoi ? C’est reparti pour un tour !------Au lieu de ça ils sont restés irascibles, arrogants, geignards, paresseux, flambeurs, capricieux et débraillés. Leur sensualité il est vrai un peu émoussé en paternalisme, mais ils ont su rester fidèles à eux-mêmes, en évitant de jouer les gentils ou les méchants, ce qui garantit que sur la corde raide de leur vieux cirque ambulant et grinçant, ils ne seront jamais totalement prévisibles. *** GILLES RIBEROLLES, BEST, OCTOBRE 1989.

medium_1989_pierres_qui_roulent.gif



La tournée américaine STEEL WHEELS s’achève le 31 décembre, à New York. John Lee Hooker, Eric Clapton, et les Guns N’Roses jamment avec les Stones à Atlantic….

medium_1989_stones.gif



Il nous faudra encore attendre jusqu’au 22 mars 1990 pour découvrir le nom des villes visitées en France…..

medium_logo_fin_de_page.20.jpg

21.10.2009

1986, les Frères ennemis

Et puis les bruits les plus fous courent concernant la mésentente grandissante entre les frères ennemis Jagger/Richard. Tout au long des pages on peut lire ici et là les querelles entre les deux EX amis…. Ils sont en désaccord sur la suite à donner à la carrière des Rolling Stones. Les vilains mots vont et viennent, le temps est à l’orage dans la famille cailloux.
Malgré cette ambiance des plus glauques le point marquant de cette année 1986, dans l’activité des Rolling Stones, entre deux prises de becs, c’est incontestablement la conception et la sortie en mars de leur album DIRTY WORK. C’est l’occasion que saisit Libération pour nous offrir quelques pleines pages consacrées à l’album et aux Rolling Stones, Mick Jagger, Keith Richard et les autres, avec un titre qui rappelle un classique de Chuck Berry « STONES : ROUTE 86 ». *** Après tant d’albums bâclés, Mick et ses hommes remontent au créneau. C’est DIRTY WORK : la preuve par le rock et le 86 que les damnés cailloux ont encore une âme, et le goût du charbon. Comme ce journal, parti piocher le vieux filon à Soho.------Oui, les Rolling Stones peuvent revenir la tête haute ? A un détail près : leurs cinq derniers albums ont été légèrement au-dessous du niveau de leur légende. Ils ont même-et c’est un euphémisme-un peu déçu des fans qui se sont néanmoins cru obligés de les défendre… *** LIBERATION, 4 MARS 1986. Et bien sûr la question qui brûle à propos de l’hypothétique prochaine séparation du groupe. Mick Jagger lors de l’interwiew accordée à ce même quotidien remet un tantinet les pendules à l’heure en répondant à la question : *** « Est-il arrivé que les Stones se séparent… Que le groupe splitte et que personne ne le sache ? » -Non, non, ça n’est jamais arrivé. Nous sommes toujours restés ensemble. Même si, après plus de vingt ans, j’ai la sensation qu’il y a un tas de trucs à faire en dehors des Stones. Quand on a 19 ans, on est tous ensemble dans un petit groupe et on se bat contre le monde entier… Mais bon, maintenant, on peut envisager d’autres trucs… là on fait un disque, une tournée, des vidéos, mais il y a d’autres choses à faire. Il faut jouer avec des gens différents, on a déjà accompli ensemble plus que tout ce que vous pouvez imaginer.*** LIBERATION, 4 MARS 1986.

medium_1985_dirty_work.gif



Cette mise au point qui paraît pour le moins sans équivoque, n’empêchera pas Libération, quelques mois plus tard, qui nous la refait dans le genre mauvais augure, d’imprime un gros titre : « ROLLING STONES : LA FIN… ». *** Vingt cinq ans de travaux rock forcés, vendus au diable disco-funk et à tous les marchands du temple reggae-rap, usés par les femmes et les défonces, de morts en déroutes, les hommes de pierres auront décidément sonné leur époque (la nôtre ?) Avant de jeter, enfin, l’éponge.---Alors, les Rolling Stones, dissous ? le voici enfin venu, ce moment de terreur infernale où les enfants du rock vont se retrouver comme des Ouhlamrs courant la nuit, orphelins de feu. Ce qui est certain, c’est qu’un vétéran chevronné de la rock-critique internationale (le prestigieux Nick kent) ne mettrait pas les pieds dans le plat sans une mise à feu secrète (descendue en droite ligne de Keith Richard en personne ou de Mick jagger lui-même ?) Une chose est sûre : quelqu’un là-haut, est en train de mettre le poing sur la table. Et il le fait en choisissant soigneusement son média, qui n’est autre que Libération, le journal rock des années 80. Quelles vont être les réactions du clan Stones ? Un démenti formel, ou l’annonce d’une réconciliation de dernière minute ? Ne vont-ils pas nous arriver des îles tropicales où les deux maudits frangins rongent leurs freins ? C’est tout ce qu’en notre âme et conscience, nous souhaitons.*** Philippe MANŒUVRE, LIBERATION, 6 juin 1986.

Suit donc l’article de Nick Kent (traduit de l’anglais par Ph. M.) . La lecture de cet article fleuve sur la fin programmée des Stones, s’est comme participer à ces réunions autour d’un verre où l’on cause des derniers malheurs arrivés à ses voisins. Longues discussions où tout est bon à raconter, le vrai se mêlant avec le faux. Même qu’on fait comme si on y avait été…. Tout devient croustillant, et en plus, dans un journal, ça donne de la matière qui fait vendre. Dans le cas présent, il est fort dommage que ces propos ait été rapportés par « Maître-Es Rolling Stones » Philippe Manœuvre qui du le regretter plus tard….

18.10.2009

1985, Mick Jagger, album solo

Plus tard alors que Mick Jagger travaille sur un album solo, les rumeurs vont bon train quant à la séparation imminente. Et Mick de rappeler qu’ils ont signé avec CBS et qu’ils ont l’obligation d’assurer au moins cinq albums Tous ensemble. Ce qui fait qu’ils ne sont donc pas prêt de se perdre de vue. Dans un article de VSD : Mick Jagger « Je suis encore la plus belle gueule de la pop-music » l’Edito nous rassure quant au devenir du groupe *** Pour la première fois de sa carrière, Mick jagger sortira un album solo. Cela ne veut pas dire que les Rolling Stones se séparent. Bien au contraire. La maison de disque CBS vient de leur signer un contrat de deux cent millions (20 milliards de centimes !), pour enregistrer cinq albums. Le premier « UNDERCOVER », vient de sortir et les quatre autres s’échelonneront tous les dix huit mois.. Jusqu’ en 1989-90.*** VSD janvier 1984.

medium_1983_la_gueule.gif



L’album de Mick jagger sort enfin en mars 1985 : SHE’S THE BOSS, sur lequel se trouvent, parmi d’autres musiciens invités, Jeff Beck ou PeteTownshend. Lors de la promotion de cet album, le quotidien Le Matin nous livre quelques impressions : *** Un album solo avec le gratin du rock, des projets de cinéma et une pêche qui ne se dément pas. Michel le Jaguar n’est pas prêt de prendre sa retraite. Quadragénaire svelte dans un pull à rayures assez laid, charmeur mondain au labeur (promotion obligée), légende lippue peu à peu flétrissant (nos futures rides creusent comme le sillon des disques par les diamants – qui eux sont éternels ?). Mick Jagger, au fil des ans qui laissent un peu plus loin derrière ce qu’il nous a donné de passion chaude, conserve sa dégaine élastique de vieux collégien farceur, peut-être un peu plus fatigué de faire des farces. Celle-ci, incartade solo contre la routine Rolling Stones, c’est – Il le démentira mollement – du sérieux. ------ A l’arrivée (*il parle du disque), un machin tiédasse et poussif, Stones sans riffs, parade à peine crâneuse accomplie comme une formalité de douane, transit léger vers la gloire égoïste, et quelques broutilles à déclarer, chrono en main, rictus programmé et pas si à l’aise. *** FRANCOIS GORIN, LE MATIN, 28 février 1985. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est à peine aimable… Pour Rock et Folk, beaucoup plus tendre, oncle Mick vole tout simplement en solo : *** Mick est un pro. Depuis vingt ans, à chaque sortie d’un nouvel album des Stones, il fait briller son plus beau sourire et repart pour une tournée d’interwiews – généralement suivie d’une tournée de concerts. Cette fois-ci, c’est un peu différent. Mick a fait un album tout seul et tout pro qu’il soit, il est un peu ému.*** ROCK ET FOLK, mars 1985.

medium_1985_live_aid.gif



La vraie énorme, et très bonne surprise, c’est en juin avec la sortie du 45 tours qui réunit le fabuleux duo Bowie/Jagger qui chantent Dancing in the street, qui avait été Interprétée, quelques années auparavant par le grand Rocker Little Richard.

Dans la foulée Bowie et Jagger nous offrent un somptueux clip qui fera un tabac planétaire.

Le 13 juillet Mick jagger participe au concert LIVE AID.*** Le concert LIVE AID a lieu simultanément sur scène à Londres au stadium de Wembley, et au JFK stadium de Philadelphie. Il est retransmis par satellites dans le monde entier, y compris en URSS, pour un public de 1.6 milliards de personnes, ce qui fait de l’événement le plus grand spectacle de toute l’histoire du show business. A Philadelphie, Mick passe en compagnie de Hall and Oates, puis Tina Turner se joint à lui pour un medley de State of shock et It’s only rock n’ roll, et il lui déchire sa jupe pendant le set ; c’est son tout premier solo en live. Plus tard, Ron Wood et Keith rejoignent Bob Dylan sur scène, pour le dernier morceau du concert. Le passage du clip de Mick et de David Bowie Dancing in the street est un des grands moment du spectacle.*** LE GRAND LIVRE.

medium_1985_ian_stewart.gif





Les Rolling Stones se retrouvent tous réunis ce 20 décembre pour accompagner dans sa dernière demeure leur pianiste et vieil ami de toujours Ian Stewart qui fût le 6ème stones anonymes. Celui que les Autres appelaient affectueusement STU est mort, le 12 décembre à 47 ans d’une crise cardiaque.

Il est donc inhumé en présence de tous les Stones, qui pour la plupart ont effectué un long déplacement, par avion ou autre, pour être là.

15.10.2009

1983, Rolling Stones... 40 ans ! Fureur intacte...

1983,

La frénésie des concerts est retombée, et les Rolling stones sont donc repartis vaquer à leurs occupations plus personnelles. C’est ainsi que l’on retrouve au gré du temps, Mick Jagger travaillant sur un album solo, Keith en faisant de même, ou produisant, à l’occasion, la sortie de disques d’autres artistes comme Aretha Franklin lorsqu’elle reprend Jumping Jack Flash.. Charlie se consacre à son Jazz band, Le Charlie Watts Orchestra avec lequel il se produit très régulièrement dans des clubs renommés.. Ron Wood, quand il ne s’adonne pas à la peinture, part en tournée avec Bo Diddley aux U.S.A, au japon ou en Europe, ou rejoint, à plusieurs occasions, Bob Dylan. On les voit parfois par deux, ainsi Keith et Ron au coté de Jerry Lee Lewis qu’ils semblent particulièrement aimer à accompagner sur scène. Encore par deux, s’agissant de Bill et Charlie se retrouvant au Marquee Club de leurs débuts, pour s’offrir un bœuf avec Alexis Corner ( Alexis qui décède le 1er janvier 1984, à l’age de 55 ans, à l’hôpital de Westminster).

Les Rolling Stones, en entier, se rencontrent néanmoins quelquefois, soit par le plus pur des hasards, soit qu’ils se réunissent pour le travail dans les bureaux de Londres ou de Paris, pour discuter de nouveaux projets pour les Rolling Stones. En janvier 1983, Mick Jagger, dans une interwiew accordée au SUN parle pour la première fois de la possibilité d’une séparation des Stones ! D’ailleurs dit-il, cela ferait plaisir à sa mère qui n’a jamais aimé ce que son fils faisait. *** La désintégration du groupe sera très lente. Bill répète depuis des années qu’il va se retirer et un jour ou l’autre, il finira par le faire. Le groupe a réalisé toutes ses ambitions. Je ne sais plus trop quelbut il peut bien lui rester encore…*** LE GRAND LIVRE, MASSIMO BONNANO.

medium_1983_forty_year.gif


Quoi qu’il en soit, en novembre, les Rolling Stones sortent UNDERCOVER. Cet album a été enregistré en France, à Paris, aux studios EMI-PATHE MARCONI. C’est à cette occasion que Melody Maker du 12 novembre 1983 titre son article de critique : FORTY YEARS ITCH.

Et d’expliquer à propos de UNDERCOVER que les Stones, arrivés à la quarantaine, abordent l’avenir avec la même fougue, et une fureur identique à celle de leurs débuts en 1962. Ils n’affichent d’ailleurs pas d’état d’âme qui les feraient sombrer dans le genre de déprime rencontrée par Pete Towshend, qui se « cherche », ou bien encore se lamenter comme Bob Dylan s’apitoyant sur sa condition vieillissante !

14.10.2009

1982, les Stones à Nice

1982, Nice
Nice, Parc des sports de l'ouest !


Après Gerland, les Stones continuent leur virée européenne en passant les 19 et 20 juin à Göteborg. Le 25 juin, premier de 2 concerts à Wembley stadium (2ème le 26) avec plein de beau monde dans le public (75 000 personnes) ; John Mc Enroe, Ringo Starr, Lulu … Le 27 juin, ils sont à Bristol, 29/30 juin à Francfort, puis le 3 juillet à Vienne, les 4/5 juillet à Cologne. Ils donnent 2 concerts à Madrid les 8 et 9 juillet, ainsi qu’à Turin les 11/12 juillet. On les retrouve le 17 juillet à Naples…

Avant d’arriver à Nice le 20 juillet. C’est Nice Matin du 20 juillet qui annonce l’événement « LES ROLLING STONES CE SOIR A NICE » ***Après six ans d’absence les Rolling Stones sont de retour à Nice ce soir. De mémoire d’amateur de rock, jamais un concert n’aura atteint un tel gigantisme sur la côte d’Azur. 40 000 spectateurs sont attendus, au Parc des Sports de l’Ouest, à partir de 16 h. Ni les Who, ni Génésis à Fréjus, ni Police, ni Bob Marley à Toulon n’avaient suscité un tel déploiement au niveau de l’organisation. A ce titre, les Stones demeurent bien le plus grand groupe de rock du monde, même si musicalement les choses sont aujourd’hui un peu moins évidentes.------LE GROUPE LE PLUS AGACANT ET LE PLUS FASCINANT DE L’HISTOIRE DU ROCK AND ROLL…Un concert des Rolling Stones, c’est forcément inévitable, agaçant, fascinant. Attrapez la chose par n’importe quel bout, vous retomberez tôt ou tard sur ces trois mots frontières qui délimitent l’univers des Stones. Inévitable parce que l’on ne peut pas rester à l’écart d’un mouvement historique itinérant d’une telle ampleur lorsqu’il vient vous chatouiller à domicile. Depuis 20 ans que ces chères vieilles pierres roulent de pays en pays, que ce cirque plante ses tréteaux dans les stades du monde entier, il s’en est passé des évolutions et des révolutions dans le monde du rock. Les Stones, eux, n’ont pas bougé.------ Le rock en marche des années 80, n’en déplaise aux vieux adorateurs, c’est plutôt du coté de Clash qu’il faut aller le chercher. Ou des talking Heads, selon que l’o préfère la musique des ghettos londoniens ou celle des campus afro-américains . Rude constat pour Mick super star. J’imagine déjà la contre attaque des hordes jaggeriennes : « Que sera le Clash dans 2 ans » ? Ne dramatisons pas pour autant. Les Stones possèdent un atout majeur. Ils ont été, ils sont, ils seront toujours des papillons fascinants sous les projos. Et je ne suis pas le seul a avoir été piégé en concert. Peu ou pas de groupes possèdent une telle puissance de séduction sur scène, un tel sens du spectacle et de la couleur.***MARIE PIERRE PAULLICEVICH, NICE MATIN, 20 juillet 1982. ------- LE CONCERT : UNE GIGANTESQUE ORGANISATION, Tout a été prévu, du bloc opératoire à la rampe d’accès pour handicapés en passant par 16 000 m2 de bâches pour protéger la pelouse ! Le Parc des sports s’est paré durant ces derniers jours, des couleurs du show-biz. Cirque grandiose aux allures hollywoodiennes, ce lieu, habituellement réservé aux rencontres sportives, s’est progressivement transformé grâce au travail des spécialistes. Une scène complète a été transportée par quinze semi remorques------ Cet énorme « matos » a nécessité, pour être installé, l’intervention de cent cinquante personnes------Par ailleurs, l’un des soucis des organisateurs (et de la ville de Nice) consistait à mettre un système efficace de protection de la pelouse------C’est pourquoi, la scène repose sur un plancher de 1500 m2, le restant du sol étant recouvert de 16 000 m2 de bâche en néoprène------Enfin, trois cars-couchettes, huit minibus, deux cars « pullman », une vingtaine de voitures, six vespas et un avion privé à toute l ‘équipe et aux Stones eux-mêmes de se déplacer sur la côte d’Azur.------Sur le plan du confort, à noter une initiative intéressante et généreuse, puisque les handicapés bénéficieront d’un emplacement spécial, sur uneplate-forme surélevée (avec rampe d’accès) qui leur permettra de profiter du spectacle, sans pâtir à d ‘éventuelles bousculades. La sécurité du public, qui ne représente pas une mince affaire dans ce genre de concert, a fait l’objet de soins particuliers.------Outre les vingt gardes du corps personnels des Stones, cent quatre vingt personnes composeront le service d’ordre, auxquelles il convient d’ajouter trois à quatre compagnie de C.R.S.------- l’équipe médicale, dirigée par le Dr Gorodetzky, pneumologue et passionné de rock, est composée de quarante secouristes, six médecins réanimateurs, trois antennes médicales, un bloc opératoire, cinq ambulances reliées par Talkies-walkies à un responsable, surplombant le stade et surveillant la foule en permanence. Les Stones méritent bien leur surnom de stars du rock. L’ampleur de cette énumération en témoigne : il n’y a jamais eu de phénomène comparable dans l’histoire mondiale de la musique.------Quand le mythe devient réalité ; il n’y a plus qu’à s’effacer. Les mots deviennent impuissants et les superlatifs dérisoires. ***MARC-JEAN TARDY, NICE MATIN, 20 juillet 1982.

medium_1982_nice.gif



Le mot de la fin de cette tournée française sera pour Geneviève Brunet :« STONES » A NICE : J’Y ETAIS ! ***Les Rolling Stones à 150 km de chez moi, ce n’était vraiment pas raisonnable de les rater. Mercredi, donc, à 14 heures, billet mille fois vérifié dans la poche, départ pour la grande aventure du rock.------Entrée en douceur avec un service d’ordre irréprochable. « pas de bouteille dans votre sac ma petite dame ? » Ma parole on se croirait plus à un récital de Jack Lantier qu’à un concert des Stones. Ou sont passés les Hells Angels ?------Pas de doute, sur scène, les Stones auront toujours vingt ans. D’où je suis les têtes ont une grosseur d’un petit pois, mais on peut distinguer les musiciens d’après leur jeu de scène. Keith Richard se contorsionne avec violence. Bill Wyman ne bouge pas d’un poil. Ron Wood faitle fou et Charlie Watts tabasse ses « drums ». Quand même, j’aurais bien aimé distinguer les grimaces de Mick jagger, et voir de plus près son collant-caleçon-barboteuse légendaire (oh !).Jagger n’a vraiment pas peur de se remuer, il saute, court, gesticule, se déhanche, un vrai plaisir. Côté musique, la perfection est de mise. Le mélange est savant enter les nouvelles chansons et les vieilles valeurs sûres. Tout le monde craque sur Time is on my side et attend le must de la soirée Satisfaction. Il nous est offert en apothéose et en rappel, s’il-vous-plait, un usage souvent dédaigné des Stones. Cette fois ils sont bien partis. Mais ne ratent pas de nous en mettre une dernière fois plein les yeux avec un feu d’artifice éclaté sur fond de musique wagnérienne : la grand classe ! « A la prochaine ». C’est Mick Jagger lui-même qui l’a promis. Preuve qu’ils n’ont pas fini de venir brûler leurs ailes au feu des projecteurs. Mais moi, ça m’est égal, je les ai vus au moins une fois et je pourrai dire à mes petits-enfants : « les Stones. J’y étais ! ».***GENEVIEVE BRUNET, NICE MATIN, 22 juillet 1982.

medium_1982_nice_matin.gif



Et c’est à Leeds, le 25 juillet qu’a lieu le concert de clôture de cette tournée européenne. Mick Jagger y fête ses 39 ans. En première partie de cette dernière joueront Joe Jackson, George Thorogood et J. Geils band.

En cette année 1982, la venue des Rolling Stones incite l’autre presse, pas spécialement rock à publier à qui mieux- mieux ses petites phrases sur les Stones, car apparemment, maintenant ça fait vendre. Télé 7 jours par exemple :LES IDOLES DES « SIXTIES » TOUJOURS BRANCHES. ***Mais dans ce firmament d’étoiles, la foudre frappera encore à nouveau à l’hippodrome d’Auteuil, le 13 juin avec les « Stones ». Suspense entretenu jusqu’au dernier moment, le Conseil de la ville de Parisen concertation permanente avec Albert Koski n’arrivait pas à trouver le lieu adéquat pour le groupe mythique. A quarante ans, Mick jagger électrise toujours. La « Stonemania » reste un virus en pleine santé. En 81 ces pierres qui roulent ont amassé de l’or pendant leur tournée de douze semaines aux USA. Jagger, s’il n’a rien perdu de son charisme, est considéré, dans le milieu du show-biz, comme l’homme d’affaires le plus redoutable depuis Bob Hope et Frank Sinatra . ***MARTINE DE RABAUDY, TELE 7 jours, mai 1982.

medium_1982_tele.gif



Enfin, il nous reste toujours, pour les longues soirées d’hiver, la possibilité de voir ou revoir ce concert en visionnant la cassette vidéo du film de « la plus grande tournée de l’histoire du rock ! », de Hal Ashby. De manière à trouver de la patience d’attendre…
Attendre tout simplement la prochaine tournée….
Mick Jagger l’a promis….

medium_logo_fin_de_page.13.jpg



Et pendant ce temps là !

1982
20 mars
Palais d'hiver de Lyon,

Rory Gallagher


….Il aurait refusé de remplacer Mick Taylor !


1982
14 avril
Lyon, palais des sports de Gerland.

Jethro TULL


Pour la troisième fois nous sommes conviés à la grande fête médiévale du Jethro Tull. Toujours impressionnés par le jeu de scène de Ian Anderson avec la complicité de sa flûte dont il joue en virtuose.
Je pense que ce fut une bonne idée.

1982
8 juillet
LYON, Hyppodrome Parilly
Rod STEWART


Un Rod Stewart bien décevant, passant plus de temps à nous envoyer un ballon de foot que de faire le show qu'on attendait.

Dommage.

13.10.2009

1982, Stones' again, enfin le 16 juin !

1982, LYON, 16 juin
GERLAND, C’est enfin le grand jour,


Ce 16 juin douloureusement attendu. A Gerland, nous y sommes arrivés vers 15 heures. Nous avons garé la voiture devant la fenêtre de mes Parents pour qu’il la surveille. D’autres amis attendus en ont fait de même. Direction le stade qui se trouve à quelques enjambées de la maison familiale. Aux abords de palais des sports (où nous avons vu les Stones en 70 et 76), qui se situe face au stade, nous devons franchir les barrières gardées par le service d’ordre composé de dizaines de types habillés de blanc, avec le logo sécurité inscrit en noir sur le T.shirt. fouille bon enfant, mais très efficace. Il faut rappeler que durant toute la semaine précédent le concert une méga-campagne d ‘affichage avait été placardée sur les murs de la ville avec un communiqué interdisant, sous peine de confiscation du matériel, tout enregistrement, prise de photo ou film.

Toutes ces tracasseries passées, nous entrons dans le stade où sous un soleil de plomb, nous découvrons en bout de pelouse, dressée dans le virage, cette monumentale scène, haute comme l’immeuble où habitent mes Parents. Ouaaahhh ! C’est bien la première fois que nous est donnée l’occasion de voir un tel décor, d’une telle dimension ! Epoustouflant, vous laissant bouche bée.
Coté pelouse, vers 17 heures, elle est quasiment noire de monde. Près de la scène, les pompiers arrosent à coup de lance à incendie les premiers rangs et évacuent de temps à autres quelques personnes victime de malaises dus à la chaleur conjuguée à l’empilement contre les barrières qui protègent l’accès de la scène.

Et c’est comme dirait les sportifs, le coup d’envoi. Jean-Marie et les Garçons bouchers ouvrent les festivités. Les pauvres gars ont sûrement paniqué sur cette grande scène face à cet innombrable public, et ont du se demander où ils étaient tombés. Ils n’ont pas été sifflés, c’est déjà çà !

George Thorogood, inconnu du grand public d’aujourd’hui. J’ai tous ses disques, du blues ,du rock, du vrai, du dur. Très bon guitariste, plein d’humour, il nous fait savourer avec sa bière et son bourbon un magnifique duo guitare-trombone. Il nous ravit les oreilles pendant un long moment avant de laisser la place à J. Geils band et son chanteur Peter Wolff. J’aime beaucoup moins que Thorogood, mais c’est seulement une question de goût puisque J. Geils band firent une bonne prestation et quittèrent la scène sous les applaudissements bien mérités. Commence la dernière attente.

C’est le moment qu’ILS ont choisi de faire traverser le ciel du stade par une montgolfière qui passe au-dessus de nos têtes avant de se diriger de l’autre coté de la Saône pour se poser (pour ceux qui connaissent) à la Mulatière, pour être dégonflée, transportée, et regonflée pour un deuxième passage pendant le show des Stones. Pour l’anecdote, quelle ne fut pas la surprise de ma Mère lorsqu’elle vit arriver ce camion qui déchargea la toile. Elle assista au gonflage du dirigeable une fois, puis une seconde fois … ! Il faut dire qu’elle était accoudée à la fenêtre de la chambre qui fut la mienne durant toute mon enfance, jusqu’à mon départ pour cause de mariage.

Pendant que nous patientions, le Maire de Lyon était reçu par Mick Jagger.
***C’est vers19 H30, dans les vestiaires du stade de Gerland, que le Maire de Lyon, M. Francique Collomb et Me Ambre ont offert à Mick Jagger et Keith Richard des coffrets de disques de l’orchestre de Lyon et des livres. Cadeaux symboliques et l’on ne pouvait pas penser à ces antiques cérémonies,lorsqu’on remettait les clefs à l’hôte de marque… sous les voûtes sombres, après avoir franchi cinq ou six « barrages » d’un service d’ordre ferme, la poignée d’heureux mortels qui assistaient à cet échange de politesses et civilités avaient vraiment le sentiment d’être témoin d’une poignée de main historique.*** LE PROGRES, 17 juin 1982.

medium_1982_maire.jpg



(Je manquais de très peu cette chance en n’ayant pu avoir un Back stage que ne put obtenir Jean Louis Bigot, mon ami du Progrès, ni mon disquaire, qui pour consolation, m’offrit la grande affiche officielle du concert de Gerland.)

Pas de mêlée ouverte sur la pelouse, mais une immense ovation, quand après les quelques notes de pianos de Duke Ellington, pète l’intro de Under my Thumb et qu’arrivent en courant nos Rolling Stones. Mick Jagger en tenue de joueur de foot américain, en rouge et rayures blanches. Il saute, il fait de grands gestes à notre encontre.

medium_1982_mick.jpg



Keith Richard, le cheveu plus noir que jamais qui fait ressortir son teint blafard.

medium_1982_keith.jpg



Et Ron Wood en replis avec son éternel clope au bec. Bill Wyman encore et toujours dans sa transparente discrétion regarde attentivement son ami Charlie bien calé derrière ses batteries. Beaucoup de standard qui font balancer les bras : Let’s spend the night together, Going to a go go,Time is on my side, Start me up....
Une bonne surprise quand ils interprètent Twenty flight rock de Eddy Cochran. Beaucoup de bonheur, rien qu’un immense bonheur, ils sont bien là, Jagger qui court d’un bout à l’autre de la scène qui s’étale sur toute la largeur du stade, on entend bien…. Seulement, il y a un hic ! Nous réalisons que nous sommes dans un stade (c’est vraiment bien plus grand que le palais des sports), la scène est à la taille de ce gigantisme, mais les Stones, EUX, ils sont tout petits, minuscules, ils sont loin, là-bas à l’autre extrémité du stade…. Ils nous faudra utiliser les jumelles pour les voir « mieux ». Cela ne nous empêchera pas de voir Mick jagger survolant le public perché dans une nacelle, ou encore d’apprécier Keith Richard jouant au tennis avec les ballons multicolores lâchés pendant Satisfaction, qui malheureusement nous fait savoir, encore une fois, que le concert est fini. Un feu d’artifice tiré derrière la scène nous salue et pendant la demi-heure qui suivit le stade fut rapidement vidé, sans bousculade, ni incidents.

Dehors, nous retrouvons le silence, et nous attendrons demain, pour faire durer, le temps de la lecture des comptes rendus de la presse, le plaisir de revivre par la pensée les instants inoubliables procurés par ce concert des Rolling Stones. Il y a donc le lendemain, il y a toujours un lendemain, plus triste après le passage des Stones, et le lendemain, il y a la presse. Que vont-ils écrire ?

Les titres que nous découvrons dans les deux principaux quotidiens lyonnais (plus tard fusionnés pour n’être plus que Le Progrès) nous laissent quand même assez satisfaits. Ainsi Lyon Matin : LE JOUR LE PLUS LONG DU ROCK ! SATISFACTION ».*** Qui l’eut dit, qui l’eut cru ! Pourtant les Stones ont bien eu droit à l’antre de Gerland. Un stade chauffé à blanc qui a navigué dans l’hystérie collective, des heures et des heures durant. Lorsque Jagger est apparu bariolé de rouge et blanc, ce fut le délire. 50 000 personnes étaient massées dans les gradins et sur la pelouse. Démentiel. C’est sans conteste le plus grand, le plus génial, le plus époustouflant et provoquant spectacle de rock and roll du monde. Hier, Lyon a acquis ses lettres de noblesse. Avant que les Stones ne déchaînent les passions, MMFrancique Collomb, maire et Joannes Ambre, adjoint à la culture sont venus remettre des cadeaux souvenirs à ces irréductibles Anglais ? Dans les coulisses souterraines de Gerland, Jagger s’est vu gratifier d’un coffret… De l’Orchestre de Lyon dirigé par Serge Baudo ! ------ Enorme, géant, grandiose, démentiel, dantesque, apocalyptique ! Les Rolling Stones, c’est tout cela à la fois. Jamais personne n’a eu autant le sens de la démesure que ces diables d’anglais. Ce n’est pas possible : tout petits déjà, ils durent tomber dans la potion magique du music hall ! Gerland, usine à rock pour un jour, a réveillé les pulsions de 50 000 personnes massées dans les gradins et pelouse et devenus pantins désarticulés. Jamais, non jamais, la province n’avait enregistré pour un concert une telle marée humaine. On parlait toujours de Woodstock, de Wembley, de Copenhague, de Paris ou d’ailleurs, mais de Lyon que nenni ! Et bien la deuxième ville de France a acquis, enfin, ses lettres de noblesse du rock. Toutes les énergies à la recherche d’un passé, d’un présent, d’un devenir étaient concentrées dans cette antre devenue diabolique.------ « Miss you », « Honky tonk woman”, “Emotional rescue”, toute la gamme y passe. Et la pochette surprise c’est, bien sûr, « Satisfaction ». Vous avez dit « Satisfaction » ? Et comment ! ***JEAN PIERRE GUILLOT, LYON MATIN, 17 juin 1982.

medium_1972_17_juin_lyon_matin.gif



On trouve l’apothéose dans le gros titre du Progrès : LA GRANDE FETES DES STONES. ILS ETAIENT CINQUANTE MILLE VENUS DE TOUTE LA REGION ET D’AILLEURS, POUR ACCLAMER CALMEMENT CES VIEILLES IDOLES SOLIDES COMME LE ROC, ET QUI ROULENT TOUJOURS. Et de lire en première page, cote à cote, l’autre gros titre du jour : « ON A PERDU », s’agissant bien entendu que l’équipe de France avait été battue par celle d’Angleterre. Mais ça, nous le savions déjà, puisque Mick jagger avait regardé le match à la Télé et nous l’avait dit lors de son arrivée sur la scène. Avec le mauvais esprit qui me caractérise, je n’ai pas manqué de faire remarquer, en insistant beaucoup, à mes copains amateurs de foot que nous : « ON A GAGNE ». Et qu’en plus leur pelouse était toujours praticable, puisque non endommagée. *** MICK JAGGER TIENT LES STONES A BOUT DE BRAS. 50 000 spectateurs et … 400 évanouissements hier au stade de Gerland pour le second concert français des Rolling Stones. Commençant avec une demi-heure d’avance par le traditionnel Under my thumb accompagné d’un lâché de ballons, Mick Jagger en pleine forme, toujours sautillant, courant, dansant, parcourant la scène de long en large, n’a eu aucun mal à enthousiasmer le public. Mais pour tous ceux qui étaient là, ce 16 juin, fut, avant tout l’occasion d’être ensemble pour une grande fête. ------ Bien plus que la musique elle-même la grande foule s’est déplacée hier à gerland, pour voir en chair et en os, ces personnages de légende qui n’apparaissent guère en public que tous les six ans. On ne pouvait s’attendre en effet qu’à près de quarante ans de moyenne d’âge les Rolling Stones nous étonnent par leur musique, par leur jeu de scène.*** YVON RENDU, LE PROGRES, 17 juin 1982.

medium_1982_on_a_gagne.gif



Quelques jours plus tard, le 20 juin, le même Yvon Rendu surenchérit en titrant : « LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND : UN BILAN CENT POUR CENT POSITIF ». Et de confirmer le bilan dressé par les organisateurs et la municipalité : En résumé tout s’est bien passé. La pelouse est intacte et a déjà retrouvé ses couleurs printanières, sans compter que les mètres-cubes d’eau déversés par les membres de la Croix rouge sur les premiers rangs pour les rafraîchir, permettront à Topalovic le goal de l’O.L, de retrouver quelques pousses vertes fraîchement plantées….
Un peu plus tard, en me remémorant ces heures passées à Gerland, j’écoutais le Live de la tournée STILL LIFE, sur la pochette j’avais écrit : « 20 juin 1982, en souvenir de ce gigantesque concert des Stones à Gerland. Puissions-nous rêver que ce ne fut pas le dernier ».

12.10.2009

1982, les Stones à GERLAND, mésentente !!!

1982, ... Et... Au stade de GERLAND !
...LYON, l'avant concert


Dès le 29 mai, nous apprenons en parcourant nos journaux que l’organisation ,du concert des Rolling Stones prévu au stade de Gerland, le 16 juin, rencontre un certain nombre de difficultés face à une levée de boucliers des footeux de Lyon partis en croisade pour défendre leur pseudo-sacro-sainte pelouse.
Et malgré le fait, que de nombreux concerts aient eu déjà lieu dans le Palais des sports (entres autres, ceux des Stones en 1970 et 1976), sans incidents, il est toujours difficile, notamment à Lyon, de faire accepter l’utilisation d’un stade pour une autre manifestation qu’un match de foot (au cours duquel, en général, les supporters se tapent sue la gueule, pendant et après). La réalisation du Stade de France quelques années plus tard leur donnera définitivement tort.

C’est pourquoi nous pouvons lire : « LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND. UN TERRAIN DE MESENTENTE. » ***Les Rolling Stones à Gerland le 16 juin. Un terrain de mécontentement. ------Gerland ne risque-t-il pas d’être transformé en véritable champ de foire, et son terrain d’honneur balayé par le souffle dévastateur d’un public en folie ? « On nous a annoncé l’arrivée des Rolling Stones sans que le moindre accord n’ait été donné par la municipalité » s’étonne le docteur Genety, adjoint aux sports dans la municipalité lyonnaise, scandalisé par cette manœuvre : « Nous sommes victimes d’une campagne d’intoxication de la part des garçons du show business ». *** LE PROGRES, 29 mai 1982.

medium_1982_progres_3_juin.gif



Ainsi, à quelques jours de la date prévue, on subissait encore un combat d’arrière garde mené par les sportifs de Lyon. En fait, ne trouvant pas les moyens de pouvoir faire interdire, ils cherchent à contourner en présentant des raisons, pour le moins fallacieuses et d’argumenter avec des propos plus cons les uns que les autres. ***Feu vert…, ou rouge pour cette « première » dans la région Rhône alpes ? « Aucune décision n’a été prise pour l’instant » se borne-ton à déclarer du coté de l’hôtel de ville de Lyon. Seul les sportifs, ceux qui fréquentent Gerland demeurent opposés au déroulement de cette soirée inédite. Un terrain de foot-ball, fut-il municipal, n’a rien à voir avec un théâtre de verdure ou une attraction.------ De la musique Pop à Gerland, certes, mais pourquoi pas un combat de boxe à l’opéra ou à l’auditorium ? A chacun, par conséquent sa vérité et son terrain. Les décibels et le ballon rond n’ont jamais fait bon ménage.***BERNARD PUILLET, LE PROGRES, 29 mai 1982.

Le 3 juin, avec le droit de réponse accordée le même Progrès titre : ROCK; LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND. UNE MISE AU POINT DES ORGANISATEURS. Les organisateurs de la tournée, confirment qu’il y avait eu accord préalable avec les affaires culturelles ! Foot ? C’est-il au rayon culturel, Môssieur ? *** Mis en cause par le docteur Genety au sujet de l’organisation du concert des Rolling Stones, Jean-Pierre Pommier, organisateur local pour le compte de KCP à Paris, tient à répondre point par point à ces accusations. « Il serait absurde de croire que nous aurions pu annoncer un tel événement (qui va attirer 50 000 spectateurs et pas 30 000, sans l’accord préalable de la municipalité. Cet accord verbal, nous l’avons obtenu par l’intermédiaire de la division des affaires culturelles de la ville de Lyon. Mick Jagger a annoncé le concert à Gerland et nous avons lancé la billetterie et la publicité. ------ Je tiens à préciser enfin que si à Paris ce n’est pas le parc des princes qui a été choisi, c’est pour une raison technique bien précise : l’accès à la pelouse ne peut se faire que par le tunnel qu’empruntent les joueurs et il était impensable d’y faire passer des milliers de spectateurs». Voilà qui méritait d’être dit. Il semble également inutile de dramatiser cet événement : le public rock n’a rien d’une horde sauvage et dévastatrice. Et ces dernières années, les concerts des Stones se sont toujours déroulés dans le calme. Enfin en matière de violence et de dégâts causés dans les stades, le public sportif a montré en plus d’une occasion, qu’il était autrement redoutable que les amateurs de décibels. *** YVON RONDU, LE PROGRES, 3 juin 1982.

Le même 3 juin, l’autre grand quotidien rhône-alpin nous annonce : ***LES « STONES » A GERLAND AU STADE DE GERLAND LE 16 JUIN. C’EST CONFIRME ! LA BANDE A MICK JAGGER SERA PERCHEE SUR UNE SCENE DE 20 METRES DE HAUT. La venue des Stones au stade de Gerland aura constitué une sérieuse pomme de discorde au sein de la municipalité. Mr Jean Genety, adjoint aux sports, était farouchement opposé à la venue de la bande à Jagger le 16 juin prochain. Il l’a dit haut et fort, expliquant qu’il s’agissait d’une campagne d’intoxication et que l’accord n’avait pas été donné. Les raisons de sa colère : l’envahissement du stade et les risques encourus pour la pelouse sacrée. Pourtant les Stones seront bel et bien là , installés sur une scène de 20 mètres de haut ! Me Joannes Ambre a obtenu l’accord de M. Francisque Collomb et hier les organisateurs parisiens et locaux tiraient des plans sur la comète… Depuis les tribunes du temple de foot-ball. ------Viendront, viendront pas, Les plus folles rumeurs ont couru au sujet du concert exceptionnel qui sera donné à Lyon par les Rolling Stones le 16 juin. Il y a quelques jours M. Jean Genety, adjoint au maire avait jeté le pavé dans la mare ! Catégorique il avait lancé : « La municipalité n’a pas donné son accord. C’est une intoxication. Un coup de bluff bien organisé ! ». Déjà les fans se lamentaient. ------ Désormais, l’affaire est réglée. Les Stones évolueront bel et bien dans le cadre prestigieux de Gerland sur une scène de 20 mètres de haut ! Pour la petite histoire, signalons que pendant quatre jours 150 personnes travailleront 24 heures sur 24 pour installer des tonnes de matériel. On parle de 18 semi-remorques ! De mémoire de Lyonnais, on n’avait jamais vu ça. ------ Ce n’est pas tout. Le soir du concert, 150 employés de Securidog’ seront chargés du bon déroulement de la fête sans compter le « bataillon » de policiers. Au total 400 personnes travailleront pour les Rolling Stones. Qui dit mieux ? *** JEAN PIERRE GUILLOT, LYON MATIN, 3 juin 1982. le 15 juin,

medium_1982_progres2.gif



La veille du concert, et du match de coupe du monde France-Angleterre, Lyon Matin nous gratifie d’une pleine page :*** 50 000 PERSONNES ATTENDUES DEMAIN SOIR A GERLAND POUR LE TRIOMPHE DES ROLLING STONES. Qui dit Stones dit mythe ! Même John Lennon considérait le phénomène comme plus qu’étonnant. « La chose extraordinaire, ce n’est pas la séparation des Beatles : c’est au contraire que les Stones soient toujours là ». La phrase est de lui.------Drôle de mercredi tout de même. Lorsque les teen-agers enrobés (le poids des ans !) assiègeront le stade, la bande à Platini, elle, attaquera une bataille de tranchée contre les footballeurs d’outre manche. Dans les annales, pour ne pas faire de jaloux, on marquera cette date de deux croix : l’une pour les « coqs », l’autre pour les « cinq épouvantables singes » (titre de la presse anglaise en 1964) devenus milliardaires.

medium_1982_lyon_matin.gif

08.10.2009

1982, Les Stones .... Retour en FRANCE !!!

Cette fois, c’est vrai…

Ils arrivent
Enfin, l’Europe est annoncée par Mick Jagger

… C’est le 28 avril 1982, au cours d’une conférence de presse à la discothèque de Beat Route à Londres que Mick jagger annonce très officiellement la tournée européenne qui débutera en juin à Rotterdam. Ils se rendront en Hollande, en Allemagne, en Irlande, en Suède, en Grande Bretagne, en France, en Belgique, en Suisse et en Italie. Il aurait été demandé aux Stones de bien vouloir aller jouer au Portugal, en Yougoslavie ou en Hongrie ?
A noter que cette tournée aura lieu en même temps que la coupe du monde de football et que cela risque de poser quelques problèmes de disponibilité des stades dans certaines villes, notamment à Barcelone (concert annulé pour raison de sécurité ?), à Madrid (concert annulé puis déplacé) ou à Lyon (décision restée incertaine pendant plusieurs jours)!
C’est en fait le 26 mai qu’elle démarre en Ecosse, à Aberdeen ; le 2, ils sont à Glasgow, le 28 à Edimburgh ; le 31, une petite halte dans un club de Londres où ils jouent devant 400 personnes, manière de se mettre en jambes. Le 2 juin, ils débarquent enfin sur le continent et se produisent à Rotterdam, où ils donnent un second concert le 4, puis un troisième le 5. 6 et 7 juin les voient à Hanovre, puis vient le tour, le 8 de Berlin et les 10et 11 juin… Munich.

1982, PARIS,
L'hyppodrome d'AUTEUIL


Le passage des Stones est annoncé à Paris pour les 13 et 14 juin à l’hippodrome d’Auteuil, avec en première partie Téléphone, J. Geils band, et George Thorogood.
La presse parisienne, cette fois ne tire plus à boulets rouges sur le groupe et va même jusqu’à nous offrir quelques éditos assez sympathiques. C’est ainsi que courant mai un quotidien annonce la venue des Stones avec ce titre assez rigolo :*** A chacun ses anglais. JOUEZ LES PREMIERS MESSIEURS LES STONES.---Faut-il haïr les Anglais ? Ils débarquent. Tout le monde aux abris : un monde fou a envahi les sous-sols du Forum des Halles pour prendre ses places. Ils débarquent, mais ce n’est pas la guerre, rien à voir, ils viennent comme ils sont déjà venus, pour notre bonheur, tous les cinq ou six ans, et ça fait un bail que ça dure, presque vingt ans.------ Les Rolling Stones viennent à Paris les 13 et 14 juin et c’est chaque fois pareil, on se met à raconter sa vie, parce que ces pierres qui roulent ont amassé nos souvenirs, si bien qu’à travers eux, et pour longtemps, toute une génération se reconnaît, se reconnaîtra. Une génération qui n’a donc aucune raison de haïr les Anglais. C’est à chacun les siens. Les nôtres, malgré leur nom, sont moins de pierre que Mme Tatcher. Pas assez Stoned, Mme Tatcher ? Ils ne vivent plus en Angleterre depuis un moment. Ce sont des Anglais pourtant et on leur doit tout. Alors du calme. Ecoutez plutôt. Messieurs les Stones, jouez les premiers. Vous restez les premiers.***Maurice Achard, NOUVELLES LITTERAIRES, 27 mai 1982.

medium_1982_p156_chroniques.gif



Un peu plus tard, dans d’autres colonnes éditées en juin, ce même hebdo rappelant à ses lecteurs la venue prochaine des Stones titre : *** ILS N’ ETAIENT PAS VENUS DEPUIS SIX ANS. ***. Suit un savoureux article que l’on aurait pensé plutôt lire dans des bouquins comme BEST ou ROCK et FOLK. *** “And now ladies and gentlemen, the world’s greatest rock n’roll band... The Rolling Stones !” Cela commencera comme ça. Cela commence toujours ainsi. Dans les cris et la fureur. Et lorsqu’ils attaqueront le premier morceau, vous n’entendrez rien, les hurlements couvriront tout. Mais ce ne sera pas important. Parce que les Rolling Stones, on ne va pas les écouter, on va les voir…. Jagger en train de faire sa folle, Keith Richard titubant, maintenu en équilibre par sa seule guitare, Bill Wyman comme absent, Charlie Watts, méchant et renfrogné, sans oublier Ron Wood et son air crétin. Imaginez un peu le chambard. Colossal. Indescriptible. Absolu. Apocalypse now. » Entrer dans une salle de concert, c’est comme débarquer en pleine guerre de Crimée. Les gens halètent, les seins jaillissent, les nanas suffoquent, les infirmières s’amènent en ambulance. Ca n’a l’air de rien, mais cent orgasmes qui parlent en même temps, ça fait un drôle de pétard. C’est bien simple, ça couvre la musique », explique Keith richard. Les Rolling Stones sont donc en ville pour deux jours. Et c’est un événement. Tremblement et excitation croissent. A la FNAC, on fait la queue pour acheter son billet…la nervosité atteindra son point culminant trente secondes avant le début. Jamais un groupe de rock n’a encore été capable d’engendrer une telle tension. Cela dure quelques secondes à chaque fois, mais c’est un rendez-vous dont on peut difficilement se passer. Là, palpables, il y a l’ivresse, la rébellion, le bonheur, la douleur, le jamais et le toujours, l’instant et l’éternel. Bien sur au fil des ans, les Rolling Stones sont entrés dans le rang, troquant, la quarantaine proche, leurs oripeaux de rebelles sans véritables causes pour des habits de gentlemen riches et cossus. Les voyous arrogants, libres et insolents se sont transformés en businessmen solides et compétents. Un peu de magie s’en est allée. Depuis quelques années, la musique n’a évidemment plus la même impétuosité, la même vigueur. Les Stones ne surprennent plus. Ils sont entrés dans la légende. Mais justement reste cette capacité à perdurer, ce génie à surfer sur le temps qui passe, pour sentir, avaler, digérer le moindre mouvement et ensuite se l’approprier. L’espace d’une génération. Plus que le « meilleur groupe de rock n’ roll du monde », ils sont le rock.. Allez les voir, c’est renouer avec ses racines.*** YANN PLOUGASTEL, NOUVELLES LITTERAIRES, 9 juin 1982.

Et ce même journaliste de demander à Mick jagger à la fin de son interview publiée ce jour-là : « Vous êtes désormais un homme d’affaires avisé. Vous faites du cinéma. Avez-vous encore quelque chose à voir avec le rock ? » eut la réponse suivante : « C’est toute ma vie. J’en fais depuis dix-huit ans, je ne fais pas de cinéma ni du théâtre, je ne fais que du rock n’ roll. L’argent, c’est important pour moi, mais la musique passe avant tout. ». Le micro ouvert fût tendu pour cette occasion vers certaines célébrités françaises « parisiennes » afin d’obtenir quelques mots après la grande question du moment : *** LES ROLLING STONES DEBARQUENT QU’EST-CE QUE CA VOUS FAIT ? » *** NOUVELLES LITTERAIRES.

Antoine De Caunes pense qu’un concert des Rolling Stones représente toujours beaucoup pour lui ; il dit que c’est toujours un événement quand ils viennent. C’est une institution qui ne peut être remis en cause que par la critique. Il dit aussi avoir appris l’anglais en lisant les paroles de leurs chansons. Pour sûr il ira les voir. Quant à Sylvie Vartan, elle trouve que ça prouve qu’ils tiennent le coup et que leur musique réunit toujours autant de monde, jeunes et moins jeunes. Etant de la même génération qu’eux, elle aimerait être aussi populaire. Attirer après vingt ans tant de monde est encourageant dans un métier comme le nôtre. Les Beatles, les Stones, elle aime les deux groupes. Elle ne sait pas si elle ira voir les Stones. Michel Jonasz, lui, les a vus pour la première fois en Grande Bretagne alors qu’ils étaient inconnus. Il aime en eux le blues mais n’a jamais été fou des Stones. La venue des Stones pour Pascal Sevran ne représente strictement rien pour lui. Même avec une place tranquille il n’écouterait que 2 ou 3 chansons --- la limite du supportable étant pour lui : 5 chansons --- Il y a vingt ans dit-il j’aimais déjà les chansons, donc je n’aimais pas les Stones. Les Stones c’est du rock… En revanche, il se serait volontiers déplacer pour aller voir si Mick était toujours aussi mignon !

Et enfin Philippe Manœuvre : *** C’est un grand soulagement. Ils nous boudaient depuis six ans. Ils étaient devenus une machine industrielle qui tournait uniquement aux Etats-Unis. C’est un des moteurs essentiels du rock. Quand ils sont loin, le rock est flageolant. Les Stones sont un baromètre qui prend la température du rock. Il n’y a personne d’autre : on ne peut plus compter sur les Sex Pistols ; il n’y a que le groupe Clash ; les Beatles ont disparu. Sans eux le rock va mal. Je suis très content de les revoir à Paris. J’ai toujours conspué leur tentative de vendre leurs albums en France sans jamais y faire de tournées : sans concert, ce groupe est mort. J’invite tous et toutes à y aller ; on ne peut pas leur tourner le dos, leur tirer la langue. Il faut y aller.*** Propos recueillis par CORINNE SCEMAMA, NOUVELLES LITTERARIRES, 9 juin 1982.

medium_1982_vsd.gif



V.S.D. (souvenez-vous, Vendredi, Samedi, Dimanche), ne voulant pas être en retrait, se joint à ses confrères et y va d’un petit papier :*** MICK JAGGER, KEITH RICHARD…. ET LES AUTRES.------ les Rolling Stones sont des survivants, des rescapés. Vingt ans après, de tous ces groupes qui, au début des années 60, balbutiaient une musique dont l’audience ne faisait que croître, ils sont les seuls à avoir tenu le choc. Les autres se sont séparés, ont sombré dans l’oubli, parfois les deux. Andrew Oldham, leur premier manager, l’homme qui a « fait » les Rolling Stones, avait écrit au dos de la pochette de leur premier disque : « Les Rolling Stones sont d’avantage qu’un simple groupe, ils sont une façon de vivre. » Le secret de la réussite des Stones réside peut-être dans cette phrase. Ils ont su rester unis.------ « Un pour tous, tous pour un » n’est sûrement pas leur devise. Mais que vous écoutiez leur premier ou leur dernier disque, une constante demeure : un titre des Stones, vous le reconnaissez à coup sûr. Il sonne d’une façon inimitable. Jagger et Richard pourraient composer et enregistrer seuls. Mais ils ont besoin des autres pour avoir la magie… Les Rolling Stones existent depuis vingt ans. Pour combien de temps encore ? *** YANN PLOUGASTEL, VSD, 10 juin 1982.

medium_1982_libe.gif



La veille des deux concerts parisiens, c’est LIBERATION qui nous fait sa première page SPECIAL STONES avec les honneurs de la plume du boss, Serge July.*** A chaque fois, c’est l’évènement. Même les blasés, même les docteurs es-rock, qui depuis plus de dix ans s’en vont répétant c’est fini, doivent régulièrement rendre les armes : les Stones passent encore. Mieux, leurs scores en termes de foules vont s’améliorant avec le temps. Et chaque tournée est une reconquête : celle de l’Amérique puis celle de l ‘Europe. Une reconquête victorieuse. Une sorte de boule de neige incandescente qui traverse les pays occidentaux avec la puissance démiurgique d’un ouragan. L’armada des Stones qui a pris le vent à Philadelphie le 26 septembre dernier vient d’accoster en France. Et à nouveau, il a fallu inventer le lieu le plus gigantesque pour l’accueillir : Car les Stones en effet ne cessent de grandir.------ Le rock, la drogue et l’énergie, plus l’esprit d’entreprise c’est la recette des Stones, un miroir qui semble encore plus lumineux encore qu’hier. Et somme toute, plus réfléchissant. Chacun a en mémoire le slogan publicitaire de cette eau minérale « Buvez ! é-li-mi-nez ». Un concert des stones c’est l’élimination assurée d’un certain nombre de miasmes musicaux. C’est la santé bondissante pour la bonne et simple raison que le rock c’est d’abord la santé. Succès « naturellement » assuré dans les hippodromes. Reste la musique. Terriblement efficace et aussi intacte que ceux qui la jouent : et les dizaines de milliers de spectateurs qui se pressent à chaque concert aimeraient bien vieillir ainsi tout en restant intact, inaltéré par le temps, les déprimes, les fatigues et les abandons qui sont le lot quotidien de tout un chacun. “ that’s only rock n’roll, but we like it “*** .SERGE JULY, LIBERATION 12.13 juin 1982.

medium_1982_auteuil.gif

Toutes les notes