20.08.2008
1970, European Tour, PARIS, LYON
Tour'70
L’ european rolling stones circus
Les Rolling Stones ont dévasté les Etats Unis qu’ils ont quittés avec le tragique Atlamont. La qualité de leurs disques, nous l’avons constaté précédemment, cherche constamment le perfectionnisme. Le dernier en date GET YER YA YA’S OUT nous permet de revivre le passage du groupe au Madison Square Garden de New York lors de cette triomphale tournée américaine et ne peut que renforcer cette affirmation. Chaque album retrouve cet air de famille du précédent auquel ont été rajoutées de nouvelles trouvailles musicales ou instrumentales pour tenter d’atteindre à cette perfection qui sera toujours leur label. L’arrivée de Mick Taylor renforça les Rolling Stones qui comptèrent sur deux solistes qui se réjouissent d’étaler tour à tour leur immense virtuosité. Mick Taylor est un guitariste de blues, alors que Keith Richard un guitariste de Rock. Ces deux styles de musiciens se mélangeant offrent au groupe de plus grandes possibilités de phrases musicales aboutissant à ce son Stones.
Et sur scène : comment sont-ils maintenant ?
Leur dernier passage en France remonte à quatre ans(1966). L’annonce de leur venue en France a lieu avant les vacances de cette année 1970. L’European Rolling Stones Circus est en route pour visiter une nouvelle fois, pour le plus grand plaisir des amateurs de rock music, cette bonne vieille Europe : 30 août, Malmoe, 1 septembre, Goteberg, 2 septembre, Helsinki, 4 septembre, Stockholm, 9 septembre, Aarhus, 12 septembre, Copenhague, 20 septembre, Stuttgart, 22. 23. 24 septembre, Paris, 27 septembre Vienne, 29 septembre, Rome, 1er octobre, Milan, 3 octobre, Lyon,7 octobre,Esson, 8 octobre, Amsterdam.
Les Rolling Stones à Paris et à Lyon, voilà un événement que des milliers d’amateurs espéraient, attendaient sans y croire. L’énorme différence avec les années précédentes, est, que cette fois, les Rolling Stones sont attendus par tout le monde, c’est à dire par les fans, par les gens du métiers, par la presse spécialisée ou non. C’est ainsi que des grands journaux comme Paris Match consacrent un grand article sur eux *** Ils restent le premier groupe de rock n’ roll du monde. *** PARIS MATCH. Et tirent une affichette PARIS RECOIT LES ROLLING STONES qui est placée dans tous les kiosques à journaux de France et de Navarre.
Les temps ont changés, pas les Rolling Stones. Les gens n’ont pas changés, les Rolling Stones ont peaufiné leur style musical et scénique. Les Rolling Stones sont accueillis avec honneur. Ils sont devenus des stars, traqués par les journalistes. Ils sont adorés par les uns, toujours haïs par les autres. Peu nous importe, ils sont là, ils sont consacrés, nous les attendons avec une impatience à peine déguisée. 22. 23.24 septembre 1970. le Rolling Stones Circus installe sa caravane au Palais des sports de Paris. *** Le refrain des pierres qui roulent. Palais des sports de Paris : 22. 23. 24 septembre. Complet. Les Rolling Stones sont à l’affiche. Ils se produiront le 3 octobre à Lyon. Leur dernière apparition en France, il y a trois ans, cassa des fauteuils. C’est de la préhistoire. Depuis sa naissance, en 1962, le groupe des Rolling Stones a toujours traduit à la fois les appétits et les frustrations de ceux qui les admirent. Mais ce qui chez leurs rivaux, les Beatles, est humour, tourne chez eux à la dérision. L’insolence vire à la violence et l’ironie à la colère. *** Daniel Heymann, l’EXPRESS.
Trois concerts à Paris, des milliers de personnes, des centaines de flics dehors à qui il faut montrer son billet maintes fois pour pouvoir passer. Des gauchistes qui emmerdent le monde avec leurs conneries qui sonnent creux. Un orchestre de blues en première partie : Buddy Guy et Junior Wells. Un bœuf d’Eric Clapton qui n’est pas prévu au programme ! un entracte qui n’en fini plus. La salle est plongée brusquement dans l’obscurité. Une annonce sèche : Ladies and gentlemen… The Rolling Stones... 6000 types qui gueulent dans le noir. Puis tout aussi brusquement une douche de projos, la scène est baignée de jaune,d’orange. La salle se lève, hystérique. Les Rolling Stones sont en place et attaquent leur show à la vitesse du son, chantant le rock, le blues, ou encore une ballade.
*** C’est quand même un drôle de zinzin, ces musiciens presque discrets, réfugiés derrière leur tonnerre, et ce chanteur exhibitionniste. Est-ce ça un groupe ? Et alors, Mick Jagger ? Au cas ou vous ne vous en seriez pas aperçu tout seul, c’est certainement un des meilleurs, sinon le meilleur chanteur de cette musique et quoi qu’on pense de la perfection des disques, un chanteur de scène. *** Hambone Willy, CHARLIE HEBDO. Les Rolling Stones jouent leur musique. Le public est là, vénérant, adulant Mick Jagger qui est tout un symbole sexuel, le dieu Cupidon adoré.*** Mais autant adorer ce dieu là, impie et sexué. Hypersexué même, tortillant du cul comme une poule, ou agressif comme un vrai mec, totalement contraire en tout cas à l’idée journalistique de l’uni-sexe, de toute fusion réductrice à un plus petit dénominateur commun de l’homme et de la femme. Mick c’est le sur-mâle avec pas mal de sur-femelle en lui. C’est pourquoi il excite tout le monde et qu’il excite aussi la hargne de ceux qui refusent de s’identifier à son désir. *** Hambone Willy, CHARLIE HEBDO.
Ils ont décidé une fois encore de jouer du rock, jouer et gagner. Mick jagger et les Rolling Stones dédient Midnight rambler à Jimi hendrix décédé récemment. *** V’la un concert où il s’est passé vraiment quelques choses, simplement tout y était excessif, et pour que toutes indifférentes que jouent les Stones, il s’agit quand même d’une grande claque dans la gueule à toute la grisaille de ce qu’on essaie de faire passer pour du spectacle.***Rambone Willy, CHARLIE HEBDO.
3 octobre 1970
… Palais des sports, Lyon. Le show était annoncé pour 21 heures. Depuis la veille il y a des campeurs devant cette grande bâtisse. Des Suisses, des Allemands, quelques Anglais, des gens de Châlons. Dès 19 heures le Palais des sports a fait le plein de ses 12000 spectateurs environ. Pour ce qui nous concerne, toute notre bande composée d’une vingtaine d’âme se trouve confortablement allongée à quelques mètres de lascène.C’est ainsi installés que nous assistons à la première partie qui nous présente les deux invités du jour, les blues-men Buddy Guy et Junior Wells. Ils joueront pendant une bonne heure du blues qui nous paru des plus ennuyeux, nos goûts allant d’avantage au jeu de Jimi Hendrix. En fait, ce duo se produisait au Etats Unis dans de petits clubs avec un certain succès. Les Lyonnais, peut-être moins bons connaisseurs n’ont pas apprécié. Pour être tout à fait honnête, je les trouvais moi-même mauvais. Puis vint le moment tant espéré, le tour des Rolling Stones. En moins de temps qu’il soit nécessaire pour le dire, une marée humaine tel un compresseur obligea notre petite à bande à déclencher le plan Orsec, le temps a peine de rassembler nos effets, et nous voilà pris en sandwich dans cette foule hystérique. Le fait d’être plusieurs eut l’avantage de nous permettre de préserver un peu de notre territoire pour assister à ce fantastique concert marquant à plus d’un titre.Une machine à spectacle( scène, sonorisation,éclairage, roadies) parfaitement rôdée, et sans faille qui attend les spectateurs. Les Rolling Stones à la hauteur de leur réputations qui nous offrent pendant plus de soixante dix minutes ce que beaucoup de groupes ne donnent plus. Du rock n’roll, Carol, Let it rock, Roll over beethoven, avec un salut a papa Berry. Du blues, Love in vain.***Mick Jagger, à l’inverse d’un Claude François auquel il pourrait faire penser, ne chante pas des marches pour boy scouts attardés ou des romances pour lectrices de Confidences. *** Dan Yack, LA VIE LYONNAISE.
Photo Daniel Vieu
Ils apparaissent sur scène avec un accoutrement très agressif, tant au niveau des couleurs qu’à celui du bon goût. Mick Jagger porte un énorme crucifix. Il est vêtu d’un pantalon noir clouté. Sur les épaules il a une longue tunique à rainures oranges, violettes, jaunes. Keith Richard est habillé d’une veste de trappeur en daim, avec de longues franges aux manches. Mick Taylor et Charlie Watts sont simplement en T-shirt. Bill Wyman se présente avec un ensemble jaune pailleté. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les couleurs sont vives. Jumpin jack flash, Midnight rambler, Mick Jagger est devant nous, à genoux, puis il rampe sur la scène. Il marque le tempo avec son ceinturon dont il frappe le sol en excitant la foule hurlante qui ne semble pas comprendre que ce morceau est leur nouveau Satisfaction. Prodigal song, un peu de calme et de frissons avec seulement Mick et Keith à la guitare acoustique. Le reste du groupea quitté pour un instant la scène. Dead flowers, Brown sugar, sans oublier Sympathy for the devil. La qualité du son sur scène égale très largement celle de leurs disques. Le public ?
Dans la salle, deux catégories de spectateurs. Les amateurs de pop music ou autres, et les fanatiques d’idoles comme Hallyday. Les premiers sont contraints et forcer de subir le crétinisme lamentable et ultra développé des seconds qui confondent toujours et encore un concert de rock avec un concourt de hurlements organisés par les Hallyday, C.François et consoeurs. Factory girl, Honky tonk woman, Live with me, les morceaux se succèdent, vite, trop vite.
Les Stones sont soutenus par Jim Price au saxo, Bobby Keys à la trompette, Ian Stewart au piano. Nous vivons en direct, là, à Gerland, le gigantesque album GET YER YA YA’S OUT. Le public n’en peut plus, on appelle MIIICK ! c’est dément, c’est triste, les mecs sont cons à chialer. De seize à trente ans, ils n’ont pas changé, si ce n’est la barbe ou parfois un peu moins de cheveux. Et puis, c’est Street fighting man, la révolution chantée. Dans la salle plus de dix mille personnes veulent être le plus près possible de la scène qui ne fait quelques mètres de large. Les filles tombent dans les pommes, les Stones nous envoient des fleurs. Ils s’en vont. Ils laissent derrière eux un vide sonore et physique. *** Ils terminèrent le spectacle avec Honky tonk woman et Street fighting man. Ils quittèrent la scène très rapidement et le public ne songea même pas à réclamer une autre. Les Rolling Stones ne reviennent jamais, ils ne sont pas à notre disposition, nous, si. *** Sacha Reins, BEST N°28.
Dehors, il fait froid. Dehors il fait triste…
Et pendant ce temps là !
197018 septembre
JIMI HENDRIX
Mort à LONDRES de JIMI HENDRIX.... 24 ans !
Il était annoncé dans les prochains mois pour un concert au palais des sports de LYON-GERLAND.
07:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, livre, loisirs
19.08.2008
1970, Rolling Stones'music
La musique des Rolling Stones, c’est d’abord une grande claque dans la gueule. Elle est brutale et directe. C’est parfois du rock n’ roll, très dur : I just want to make love to you, Not fade away, Satisfaction. Un rock qui balance terriblement, qui puise son essence dans le blues (Muddy Watters). Le rock n’ roll est essentiellement tripal. Le contact public/chanteur est direct, presque physique. On dit couramment que les réactions se situent bien souvent au niveau du nombril ! c’est une musique qui vous pénètre par le ventre. Il faut que ça bouge, la défonce, à l’origine, étant le but à atteindre. Pour preuve, le blues que chantent les Stones est empreint de cette sauvagerie, dont ils vont devenir l’image qui va leur coller à jamais. I’m a king bee, chantée avec cette voix éraillée à l’excès, avec ce rythme qui secoue les tripes. Une agression musicale dont vous vous délectez, en en redemandant toujours plus.
Parfois, la musique s’adoucit étrangement, Ruby Tuesday, Love in vain, Lady Jane. Elle peut même devenir très belle, sans jamais tomber dans la niaiserie ou la médiocrité chères à beaucoup de chanteurs et chanteuses que ma bonté m’interdit de nommer ici. La beauté du diable pourrait dire à l’écoute de leurs disques. Les stones ont donc une image rassurante. Ils nous exposent leurs petits cotés sentimentaux.
LADY JANE
Ma douce Lady Jane
Quand je vous reverrai,
Votre serviteur je serais
Et le demeurerai humblement
Ecoutez-moi mon amour,
Vous supplier à genoux
Je me voue à vous, Lady Jane
Ma chère Lady Anne
J'ai fait ce que j'ai pu
Je dois prendre congé
Car je suis promis
Cette pièce est jouée, mon amour
Votre heure est venue, mon amour
Je me suis engagé sur serment
auprès de Lady Jane
Oh ma douce Marie
Je suis à ta disposition
Le sable s'est écoulé
Pour ta lady et moi
Le mariage est proche mon amour
Sa condition est appréciable mon amour
La vie est sécurisante avec Lady Jane
Amour/violence ? La musique des Rolling Stones est bourrées de contrastes. Tout comme eux ,d’ailleurs, qui par leur façon d’être, de paraître au yeux du public, lancent un défi permanent à la bonne conscience de ceux qu’il est convenu d’appeler les braves gens. La musique des Rolling Stones s’inspire dès le début, et reste très proche de celle des musiciens de couleurs, Bo Diddley, Muddy Watters, Willie Dixon. Leur maître n’est-il pas Chuck Berry, à qui, au cours de chaque concert, ils adressent un petit salut en interprétant plusieurs de ses compositions telles Carol, Roll over beettoven, ou encore Little Quennie.
Comme celle des Noirs, dont ils ont hérité, leur musique qui se bonifie par l’apport des nouvelles connaissances techniques qu’ils acquièrent avec le temps et l’expérience, et qu’ils jouent par conséquent avec une très grande aisance est toujours imprégnée de révolte. Elle est aussi toujours souvent teintée d’humour, parfois grinçant. On trouve fréquemment dans les textes une bonne dose de contestation, un fond fortement tinté de social, voire un appel à la révolution, Street fighting man.
Contrairement aux Beatles, les Rolling Stones ne se veulent pas rassurant dans leurs chansons. Si les Beatles clament que tout va bien, Revolution, les Rolling Stones hurlent que non, Sympathy for the devil . *** Et s’ils chantent, c’est un peu pour que ces enfants-là (qui ne parlent pas encore) soient plus heureux que leurs pères…..*** DAN YACK LA VIE LYONNAISE.
"SYMPATHIE FOR THE DEVIL" SYMPATHIE POUR LE DIABLE
S'il vous plaît, permettez-moi de me présenter,
Je suis un homme riche et de goût.
J'étais là tout près pendant de longues,longues années, pour voler l'âme et la foi de beaucoup d'hommes.
J'étais là tout près quand Jesus Christ eut son instant de doute et de foi.
Et bien sûr, je fis damner ce Pilate qui s'en lavait les mains et scellait son destin
Content de vous rencontrer, j'espère que vous devinez mon nom,
Mais ce qui vous intrigue (ou rend confus), c'est la nature de mon jeu.
J'étais à St Pétersbourg quand j'ai vu que le temps était venu pour un changement.
J'ai tué le Tsar et ses ministres? Anastasia criait en vain.
J'ai conduit un tank, j'étais général quand la guerre éclair faisait rage et que les cadavres puaient.
J'ai veillé avec joie pendant que vos rois et reines se battaient
Pour dix décades pour les dieux qu'ils ont fabriqués.
J'ai crié "qui a tué les Kennedys ? car après tout c'étaient vous et moi.
S'il vous plait, permettez-moi de me présenter, je suis un homme riche et de goût.
Et je tends des pièges pour les troubadours qui sont tués avant d'atteindre Bombay.
Tout comme chaque flic est un criminel, et tout pêcheur un saint.
Comme la tête est la queue, appelez-moi Lucifer, à cause des conventions.
Aussi, si vous me rencontrez, soyez courtois ayez de la sympathie et du goût.
Usez de votre plolitesse bien apprise ou alors je perdrais votre âme.
Il y a la saveur des textes qu’accompagne une grande richesse musicale reconnue.*** L’université de Californie, à Los Angeles, insiste sur le fait que les élèves qui font une licence es-musique étudient les Rolling Stones. Le professeur de musique pense qu’ils ont apporté des éléments importants à la musique moderne. *** DAILY SKETCH. 4 janvier 1968.
A sa création, le groupe est comme beaucoup d’autres avec son chanteur Mick Jagger, ses trois guitares, Keith Richard, Brian Jones, Bill Wyman et sa batterie, Charlie Watts. Les morceaux tombent bien et la technique impeccable , les disques se succèdent. Ils nous offrent plusieurs classiques du rock n’roll qui ne sont pas vraiment celui de Gene Vincent ou bien d’Eddy Cochran. Leur rock est plus imprégné de celui de Chuck Berry. Les Rolling Stones sont dans leur première période d’interprètes, avec quelques timides compositions sous le pseudo Nanker Phelge. THE ROLLING STONES avril 1964; AROUND AND AROUND, fin 1964; DOWN HOME GIRL, janvier 1965; trois albums qui témoignent de cette époque. Le dernier soulignant déjà les progrès musicaux de ce groupe, et où apparaissent les premiers travaux Jagger/Richard (What a shame, Off the Hook, Grown up wrong). Les Rolling Stones sont très populaires en Angleterre, il en est de même en France. Ils arrivent ainsi à imposer un vieux blues Little red rooster, qui est classé n°1 au hit parade. Il leur reste cependant les U.S.A à toucher. Mick Jagger et Keith Richard se sont mis au travail.
The last times remporte un succès relatif. Il faut attendre août 1965 et la bombe baptisée Satisfaction qui les consacre aux Etats Unis, et par conséquent au niveau mondial. Dès lors, Mick Jagger et Keith Richard imposent leurs talents d’auteurs compositeur. Simultanément les Rolling Stones s’ingénient à utiliser une large palette d’instruments qui enrichissent fortement leur musique. c’est ainsi qu’ils emploient tour à tour le piano, le sitar, le dulcimer ou encore des violons ou même des chœurs de grandes chorales londonienne.
Cette maîtrise permet de peaufiner cette sauvagerie qui est leur marque, leur son, leur Style. La simplicité caractéristique du Rock n’roll cède sa place à plus de finesse. Un nouveau relief leur permet de mieux exprimer cette rage musicale assez confuse au début, donc souvent incomprise, ou tout simplement méconnue. OUT OF OUR HEADS, septembre 1965 ; AFTERMATH, avril 1966;
"PAINT IT BLACK " PEINT LE EN NOIR
Je vois une porte rouge et je veux qu'elle soit peinte en noir.
Plus de couleurs, je veux qu'elles tournent au noir.
Je vois les filles se ballader vêtues de leurs vêtements d'été.
Je dois détourner la tête jusqu'à ce que ma "noirceur" s'en aille.
Je vois une file de voitures et elles sont toutes peintes en noir.
Avec des fleurs et mon amour, tous deux ne devant jamais revenir.
Je vois les gens tourner la tête et rapidement regarder au loin.
Comme un nouveau né, cela arrive chaque jour.
Je regarde en moi et vois que mon coeur est noir.
Je vois ma porte rouge et je veux qu'elle soit peinte en noir.
Peut-être m'évanouirai-je et n'aurai pas à faire face aux faits.
Ce n'est pas facile de faire face quand votre monde est tout entier noir.
Plus jamais ma verte mer ne virera à un bleu profond
Je ne pouvais pas prévoir ces choses qui t'arrivent.
Si je regarde assez fort dans le soleil couchant
Mon amour rira avec moi avant que ne revienne le matin
je peux voir ton visage peint en noir, noir comme la nuit, noir comme le charbon,
Ne plus pouvoir voir le soleil volé haut dans le ciel
Je peux le voir peint, peint, peint en noir, oui...
...GOT LIVE IT WANT IT, 1966 enregistré en public au Royal Albert hall de Londres; BETWEEN THE BUTTONS, janvier 1967; puis le merveilleux THEIR SATANIC MAJESTIES REQUEST, décembre 1967 ont fixé sur la cire cette évolution, ces recherches entreprises par Les Stones. Les amateurs découvrent au fil des albums une bande de musiciens talentueux qui vivent une superbe musique. Durant cette période sont nés Ladie Jane et sa tendresse, le très nerveux Under my thumb ou encore le génial Goin home. ***Goin home dure onze minutes trente cinq. Une véritable douche écossaise où la tendresse succède à la démence. Jagger va au finish. Un morceau de roi. Bis. Les Stones for ever.***Extrait magazime LUI.
Ensuite pour les Rolling Stones, il semble que ce soit la panique. Ils abordent une période difficile : la drogue, la prison, leur mauvaise réputation qui s’amplifie jour après jour. L’échec commercial de THEIR SATANIC MAJESTIES REQUEST ! Sont-ils arrivés à une impasse ? Ils semblent subir un passage à vide qu’ils comblent par un retour musclé avec des textes encore plus brillants : Sympathy for the devil, Street fighting man. Le sursaut ressemble à celui d’une éruption volcanique. Les paroles plus que jamais sont agressives, percutantes au possible. Le mauvais rêve des Rolling Stones a pris fin. BEGGARS BANQUET, décembre 1968 effacent les quelques doutes, s’ils en étaient, quant à une décadence prématurée de ce grand groupe. LET IT BLEED, décembre 1969, le dernier où joue Brian Jones ; GET YER YA YA’S OUT, septembre 1970 ; et enfin STICKY FINGERS, avril 1971, sont des albums conçus et enregistrés par un groupe qui a atteint une rare perfection musicale.
Ce groupe qui ne néglige pas l’apport d’autres musiciens talentueux comme Nicky Hopkins (piano), Bobby Keys (saxo), Jimmy Price (trompette, trombone), Ry Cooder (guitare acoustique : écoutez JAMMING WITH EDWARD), Jimmy Miller (percussions). THE ROLLING STONES, 1964 ….. STICKY FINGERS, 1971.
En sept années, les Rolling Stones ont conservé l’aspect viril du Rock n’ roll des années 55 tout en modifiant l’ambiance musicale, l’embellissant grâce à l’adjonction de tous ces nouveaux instruments. Ils ont créé des monuments : Satisfaction ou encore Midnight rambler qui sont venus égaler des incontournables tels Tutti frutti, Long tall sally des inégalables Jerry Lee Lewis, little Richard, Gene Vincent.. Les Rolling Stones ont écrit leur MUSIQUE ouvrant la voie à des musiciens comme Jimi Hendrix qui effectua un retour aux sources du Blues plus marqué que les Stones , en jouant une musique encore plus écorchée, brûlée vive au propre comme au figuré (immolation de la guitare).
"MIDNIGHT RAMBLER" LE RODEUR DE MINUIT
Avez-vous entendu parler du rôdeur de minuit?
Qui fait fuir tout le monde.
Avez-vous entendu parler du rôdeur de minuit?
Celui qui ferme la porte de la cuisine?
Il ne met pas en route une sirène d'alarme,
Enveloppé dans un collant noir,
Il ne marche pas dans la lumière du matin.
Il est crevé à l'heure où le coq chante.
Avez-vous parlé du rôdeur de minuit?
Celui que vous n'aviez jamais vu avant
L'avez-vous vu sauter le mur du jardin?
Reprenant son souffle, si tristement,
Ecoutez et vous entendrez son gémissement.
Et bien oui, je suis en train de vous parler du rôdeur de minuit.
Qui fait fuir tout le monde.
Avez-vous entendu parler du rôdeur de minuit?
Et bien poupée, ce n'est pas un spectacle de rock n'roll.
Et oui je parle du rôdeur de minuit,
Oui, celui que vous avez vu avant,
Alors, vous en avez entendu parler, de Boston...
Ce n'est pas un de ceux-là...
Alors, parlons de celui qui, à minuit...
Celui qui ferma la porte de la chambre.
On m'appelle le violeur en colère qui la frappe et s'enfuit
Le pas feutré, à couteau tranchant,
Ou simplement le carillonneur qui fait sauter les cervelles.
Vous savez celui que vous n'avez jamais vu avant.
Aussi, si vous ne rencontrez jamais le rôdeur de minuit
Glissant sur le sol en marbre de votre hall.
Et bien il rôde comme une panthère noire gonflée d'orgueil.
Vous pourrez dire que je vous ai averti.
Alors, ne voudrez-vous jamais écouter parler du rôdeur de minuit?
Faites cela facilement comme vous marchez
Je vais casser toutes les vitres de tes fenêtres
Donner un coup de poing à travers ta porte d'acier.
As-tu entendu parler du rôdeur de minuit?
Il laissera sa trace de son pas imprimé à travers tout ton hall.
As-tu entendu parler du rôdeur de minuit,
J'vais t'voler ta maitresse sous ton groin
Alors, va doucement avec ton froid Fandango.
Je vais te planter mon couteau jusqu'au fond de ta gorge,
Baby, et ça fait mal....
Et toujours cette révolte que l’on perçoit en filigrane. Comme eux, nous sommes issus d’un milieu populaire, nous avons ressenti et vivons peut-être très sûrement les mêmes problèmes, les mêmes angoisses face aux adultes qui détiennent si maladroitement les rennes du pouvoir de décision et de commande. Ainsi, chaque nouvelle chanson est une nouvelle attaque contre cet état de faits, contre les tabous idiots, ces principes établis désuets. La musique des Rolling Stones est en quelque sorte comme un chant révolutionnaire. *** Et si un prochain jour ce quelque chose (dans le genre mai 68 ou juillet 89) se produisait aux U.S.A ou en Angleterre , il est sûr que la Marseillaise d’alors serait des tubes des Rolling Stones. Quant aux Français, ils peuvent dormir tranquilles : Johnny Hallyday ne sera jamais Rouget De l’Isle.*** DAN YAK LA VIE LYONNAISE.
"SISTER MORPHINE" SŒUR MORPHINE
Ici je repose, sur mon lit d'hopital
Dis-moi sœur Morphine
quand reviens-tu par ici ?
Oh, je ne pense pas que je pourrais
attendre longtemps.
Oh, tu vois bien que je ne suis pas
si fort que ça
le hurlement de l'ambulance
résonne dans mes oreilles
Dis-moi Soeur Morphine,
depuis combien de temps suis-je couché ici ?
Qu'est-ce que je fous ici ?
Pourquoi le docteur n'a-t-il pas de visage ?
Oh, je n'arrive pas à ramper sur le sol
Ah, ne vois-tu pas Soeur Morphine, j'essaie de marquer des points.
Bien que tout ça prouve bien
Que les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être
S'il te plaît Soeur Morphine
Change mes cauchemars en rêves,
Oh, ne vois-tu pas que le m'affaiblis vite
Et que ce shoot sera mon dernier
Douce Cousine Cocaïne; pose ta main fraîche, fraîche sur ma tête
Ah, viens Soeur Morphine
Tu ferais mieux de faire mon lit
Car tu sais qu'au matin je serais mort.
Oauis, et tu peux t'assoir à mon chevet, et tu peux regarder
Les draps propres et blancs tachés de rouge.
C’est sans doute cela qui explique la haine qu’éprouvent les adultes pour ce groupe de Rock. Beaucoup d’autres formations ont laissé les parents indifférents. Certains ont bénéficié, comme les Beatles, d’une approbation attendrie (il faut bien que jeunesse se passe). Mais des Rolling Stones, groupe maudit, il est fortement déconseillé de parler. Aimer la musique des Rolling Stones équivaut à une sévère condamnation morale (heureusement pour leurs admirateurs, l’inquisition tristement célèbre n’a plus cours). Comment est-il possible, quand on a une excellente moralité, d’être en admiration pour cette bande de voyous ? Voyous ! peut-être, si cela peut vous rassurer !
Grands musiciens, indiscutablement. Grand nombre de compositions de Jagger et Richard furent reprises par d’autres grands noms.***Chris Farlow:Think, Out of times, Ride on babe, Yestedrday’s papers, Paint it black. Marianne Faithfull : As tears go by,. Cliff Richard: Polue turns to grey. Gene Pitney: That girl belong to yesterday. Otis Redding, Aretha Franlin, Jimi Hendrix, Eddy Mitchell, Satisfaction. Muddy Watters, let’s spend the night together..Mélanie, Richard Anthony: Ruby tuesday. Marie Laforêt, Paint it black. Joan Baez: No expectations. Eric Burdon and the Animals, puis avec War: Paint it black. Ike and Tina Turner, Joe Cocker: Honky tonk woman. The Who: Under my thumb, the last time. Rod Stewart: Street fighting man. Blood Sweet and Tears: Sympathy for the devil. Little Richard: Brown sugar.***En partie d’après BEST N°28.
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18.08.2008
1969, 6 décembre, le cauchemar d'Atlamont.
Gimme shelter ; donne-moi un abri.
Il y a eu le festival de Woodstock, 3 jours de musique d’amour et de paix. Ou du moins, peut-être ce que l’on a bien voulu nous montrer. ***Woodstock s’inscrivait dans la lignée du désert vivant et le monde du silence, en plus le sujet était à la mode. n’ayez plus l’air d’un con, allez voir Woodstock, vous pourrez causer avec votre voisin de palier.*** SACHA REINS BEST N°32..
Il y a eu Atlamont !!!! Les Rolling Stones effectuent une tournée aux Etats Unis, la 6ème. Gimme Shelter (film sorti en cassette vidéo) montre les principales étapes de cette épopée. Et surtout relate cet incroyable festival d’Atlamont en Californie.
Jumping jack flash. Nous sommes au Madison square garden de New York. Mick Jagger, coiffé d’un haut de forme aux couleurs américaines, un foulard de soie rose autour du cou. La salle est archi-comble. Tout se passe à merveille ; I can’t get no Satisfaction. Il y a Satisfaction, toujours Satisfaction.
Gimme shelter montre les 5 compères dans les hôtels, prenant possession de leurs chambres avec beaucoup d’agitation. Ils répondent aux questions des journalistes d’une façon désinvolte lors des conférences de presse. A la question êtes-vous satisfaits de votre carrière, Mick Jagger répond « du point de vue sexuel ou philosophique ? Un des grands moments de ce documentaire, c’est la séance d’enregistrement de Sticky fingers. Les Stones écoutent la bande. Les images nous montrent des musiciens amoureux de leur musique. Scène fantastique quand Keith Richard, allongé, les yeux mi-clos mime Wild Horses que chante Jagger. Il y a aussi le passage, sans doute le plus beau, où la poésie des Stones est savamment exploitée. Mick Jagger chante Love in vain, les images défilent au ralenti, découpant les gestes du chanteur que l’on voit en superpositions de face, de profil. La musique traîne, douce, merveilleuse.
Puis ce sont les préparatifs de ce concert gratuit qui devait avoir lieu à San Francisco et qui se voulait un nouveau Woodstock. On change plusieurs fois de cites (les autorités de la ville ayant refusé la permission de jouer dans le parc attenant au Golden gate bridge). Les avocats et autres hommes d’affaires des Rolling Stones s’affairent. Il y a les problèmes administratifs qui paraissent insurmontables (assurances, parkings, sanitaires, etc…), ça va très mal. Enfin l’autodrome d’Atlamont est choisi. Le propriétaire offre gratuitement le circuit de vitesse, à la seule condition de bénéficier de la publicité. Le podium est monté à la hâte. Les jeunes américains (the boys comme dit l’avocat à l’énorme cigare) sont déjà en route pour ce concert gratuit. Ce concert qui est un remerciement des Stones pour l’accueil triomphal qui leur a été réservé durant cette tournée. Des files de voitures s’étalent sur plusieurs kilomètres. Une foule immense qui marche pour se rendre là-bas. Les vendeurs d’herbes.
Le service d’ordre est assuré par les redoutables Hell’s Angels californiens ! Ces hirsutes barbus motorisés qui rappellent les sinistres nazis qu’ontconnu nos Parents. Ces individus qui ont pour dieu un monstre d’acier avec un moteur sans âme, et pour religion la violence sauvage et gratuite. Dès le début du concert on se sent mal à l’aise (pourtant, nous ne sommes que dans une salle de cinéma !),les Hell’s Angels se croient obligés,en pire que leurs homonymes policiers d’état, à faire respecter l’ordre ! Ils frappent notamment le chanteur de Jefferson Airplane qui assurait une première partie de ce show. Ils occupent constamment la scène arrogants, plein de suffisance, daignant de temps à autres, laisser un peu de place pour que les musiciens puissent jouer ? Les Hell’s Angels armés de queues de billard frappent systématiquement, avec rage, tous ceux, qui à leur goût, s’approchent un eu trop près du podium.
Les Stones sont enfin sur scène. Il fait nuit. L’atmosphère est de plus en plus lourde, de plus en plus explosive. Nous sommes bien loin, très loin de cette ambiance de paix et d’amour que voudrait voir planer Mick Jagger (nous sommes le 6 décembre 1969, à quelques jours des fêtes de fin d’année). Les Stones jouent apparemment sans conviction, le cœur n’y est plus, la peur est sous-jacente. Sympathy for the devil ! On se bat devant le podium. Les stones arrêtent de jouer une première fois ! Mick réclame le calme en essayant quelques mots de plaisanterie « nous avons toujours des ennuis avec le diable ! ». les morceaux se succèdent mais Mick le showman, le violent, le rocker est immobile. Il ne saute pas comme il le fait à chaque concert. Les Stones sont nerveux, les Stones ne maîtrisent pas ! Rien ne va plus, ils ne sont plus maître du spectacle. Que faire ? Arrêter de jouer ou continuer le show ? Ils optent pour la continuation du concert. Ont-ils fait le bon choix, il fallait se décider vite. Interrompre le show c’eut peut-être, sûrement déclencher le détonateur qui aurait donné libre court à une gigantesque explosion de violence. Under my thumb. Ce qui va se dérouler est hallucinant. Le drame, ce Noir, vêtu d’un costume vert, qui revolver en main se précipite. Un Hell’s Angel le maîtrise, un autre a un poignard, il l’utilise, frappe. Un mort ! les Stones essaient vainement de ramener le calme. Ils sont crispés.
Ce groupe qui depuis ses débuts déclenche l’enthousiasme, voire l’hystérie des foules, est là, abasourdi. Les Stones sont stupéfaits, désemparés face à cette masse incontrôlable, indomptable. Ils sont pourtant rôdés aux publics houleux et à certains débordements. Les Stones, les Grands ont dû se sentir bien petits ce triste 6 décembre 1969. Le spectacle s’achève dans une atmosphère d’angoisse. Ce sont des Stones complètement affolés qui fuient cet endroit en s’engouffrant à qui mieux-mieux dans l’hélicoptère surchargé et les emmènent loin de ce cauchemar d’Atlamont, dont malheureusement il sera très souvent question dans les médias. *** l’hélicoptère personnel des Stones qui emporte le groupe après le concert semble quitter la terre où grouille une forme difforme, droguée, hurlant à la violence et à la mort, pour une planète lointaine où les dieux impuissants à aider le bonheur des mortels, pourront connaître l’indifférence en toute quiétude. Malheureusement, la planète lointaine n’est qu’une salle de montage où les dieux, solitaires et silencieux, revivent les évènements avec stupéfaction et dégoût. *** JACQUES PRAYER, EXTRA SEPTEMBRE 1971.
Les dernières images du film nous montrent un Mick Jagger visionnant le meurtre.
Il mesure sans doute son impuissance, lui, le leader charismatique du groupe de rock le plus célèbre et le plus fascinant du monde depuis Elvis Presley. Ce film laisse une impression malsaine. Ces Hell’s Angels qui apparaissent sur leurs chevaux d’acier. Cette poignée de brutes saoules qui sèment la terreur envers des milliers depersonnes, venues se distraire. Cela amène à nous poser des questions qui dépassent largement le cadre d’un simple concert des Rolling Stones. Qu’est le fascisme, et où commence-t-il ? La principale cause du succès de l’aboutissement de ce fascisme naissant n’est-elle pas la passivité des individus ? *** Les protagonistes de Gimme Shelter ne sont pas, contrairement aux apparences, les Rolling Stones, mais une foule apathique, exubérante, mais jamais dangereuse, se laissant imposer par une minorité d’Angels, une loi de haine et de violence.*** JACQUES PRAYER EXTRA SEPTEMBRE 1971.
Gimme shelter, donne-moi un abri ! d’accord, mais il faut se battre pour le garder cet abri.
Et pendant ce temps là !
Je suis allé voir pour la troisième et dernière fois (Gene décèdera le 14 octobre 1971) Gene Vincent, le 12 octobre 1969.
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17.08.2008
1968, Jumping Jack Flash... 1969, mort d'un Stones !
Vers le milieu de 1968, juste avant les vacances, les stations de radio diffusent Jumping Jack Flash.
La ressemblance avec Satisfaction vous frappe l’oreille. Même style musical, son identique, comme ceux des Rolling Stones. Ce n’est pas une copie, ce sont bien eux, ce sont les Rolling Stones qui sortent de leur léthargie.
Les voici de nouveau qui frappent fort, fougueux, hargneux, tels qu’on les a aimés au début. Jagger qui gueule son mépris, accompagné comme il se doit magnifiquement par ses compères Keith, Brian, Bill, Charlie, qui vous servent le Rock en maîtres, en finisseurs, en professionnels. De nouveau, la sortie du prochain album semble imminente et très attendue. Il est d’ailleurs annoncé, juste une question de pochette à régler. Les Rolling Stones redevenus eux-mêmes les enfants terribles veulent l’illustrer avec le mur d’un chiotte couvert de graffitis. Les revues spécialisées avaient annoncé ce disque. Decca s’oppose à cette idée. *** Le mur d’un WC se trouve entre les Rolling Stones et la date de sortie de leur nouveau LP Beggars Banquet. Le mur n’a rien à voir avec les chansons brillantes de leur disque, toutes écrites par Mick Jagger et Keith Richard. Il se trouve sur la couverture et est barbouillé de graffitis. Les directeurs de disque à Londres et aux Etats unis se battent pour le supprimer. La compagnie américaine London pense que la couverture est une offense.*** DAILY MIROR 5 septembre 1968.
C’est donc avec plusieurs mois de retard que Beggars Banquet sans les chiottes sortira dans le commerce en France (décembre 1968). Si nous avons perdu ce lieu malodorant sur la pochette, nous avons gagné en revanche d’excellents titres sur le vinyl. Sympathy for the devil, Salt of the earth, Prodigal song. Jumping Jack flash annonçait le réveil, Beggars Banquet le confirme. *** Les Rolling Stones s’étaient situés. Ils avaient adopté pour le style ROLLING STONES. De plus, à la vigueur musicale, s’alliait une orientation sociale des textes, conduite avec tact et souvent réalisme. Le combattant de la rue Street fighting man était beaucoup plus sympathique que Revolution lamentablement stoïcienne des Beatles.*** DAILY MIRROR 5 septembre 1968.
Les programateurs de plusieurs stations américaines refusent de diffuser Street fighting man, déclarant que ce titre pourrait inciter les gens à l’émeute.
Les Rolling Stones sont de retour, avec eux l’humour et le décontraction qui les caractérisent. Ainsi lors du repas pour Beggars banquet, ils bombardent avec des tartes à la crème leurs invités. Les Rolling Stones adeptes de l’amusement d’aujourd’hui présentent un show à la télévision : Rock and roll circus, le 12 décembre. Ce spectacle avec clowns, trapézistes, gens du cirque, dont les acteurs sont des invités de renom tels les Beatles, the WHO, Jethro Tull, Marianne Faithfull et bien évidemment les Rolling Stones. Tous ces joyeux compères sont bien sûr déguisés pour la circonstance. Notons qu’entre temps, Brian Jones qui se débat encore avec la justice est condamné le 26 septembre à payer une amende pour l’accusation d’être en possession de cannabis.
1969, Mort d’un Stones
3 juillet 1969 !
Il est midi et quarante cinq minutes à Europe N° 1 ! Le flash tombe, tragique et brutal : « Brian Jones, le guitariste des Rolling Stones est mort. Il s’est noyé cette nuit dans sa piscine.. ».
Les journalistes d’Europe N°1 font un rapide historique du groupe auquel appartenait Brian, et lui rendent un ultime hommage en nous diffusant Satisfaction. Un pincement au cœur, un instant de vive émotion nous ont laissé ce jour sans voix quelques instants. Sans le connaître personnellement, des milliers de personnes, dont je faisais partie, ont perdu un lointain ami. Un de ces amis qui nous sont chers parce qu’il n’ y a aucun intérêts dans nos rapports, si ce n’est notre goût commun pour cette sacrée musique qu’est le rock n’ roll.
*** Dessin : serge basset
27 ans ! Peut-on mourir à cet âge ? Cela paraît tellement absurde. Et puis, quand on fait parti de ce groupe : the fabulous Rolling Stones, ce groupe tellement irréel. Irréel certes, mais mortel. Brian Jones est mort, pourtant un doute subsiste. N’est-il pas toujours présent parmi nous ? Son image est gravée, car malgré tout et contre tout, y compris contre lui-même, il était et demeure un Rolling Stones.
Beaucoup ont appris ce jour-là que Brian Jones ne faisait plus partie des Rolling Stones. Il avait quitté le groupe le 9 juin après une ultime dispute au sujet des chansons. La place vacante avait été comblée par un nouveau venu, un certain Mick Taylor.
De nombreux groupes éclatent ou disparaissent sans laisser de trace. Brian Jones quitte les Rolling Stones et ceci semble anormal. C’est insupportable. Il est difficile de s’imaginer les Rolling Stones sans Brian Jones, ni Brian Jones sans les Rolling Stones. Je crois que c’est dans ces moments là qu’on mesure la fascination, ou le coté un peu conte de fées des Rolling Stones sur nous, communs des mortels appelés fans ! Mais comme nous, ils sont mortels ; l’envoûtement de la baguette magique s’est brisé.
La réalité est triste et inhumaine. Il faut se rendre à l’évidence que désormais à la place de Brian Jones, il y aura sur scène et dans les disques : Mick Taylor.
Le 5 juillet 1969, Londres ; Hyde Park.
Depuis plusieurs semaines un concert gratuit est prévu. En tête d’affiche les Rolling Stones qui ré-apparaissent après une grande absence. Cette prestation va prendre une tournure quasi religieuse.
Une messe funèbre Pop en quelque sorte, à la mémoire du Stones disparu. Une grande messe à laquelle assistent quelques 500 000 fidèles. Dans un épais silence Mick Jagger lit des vers.***Je demande le silence. Je vaisessayer de lire quelque chose pourBrian. Et le miracle a lieu, impressionnant. 500 000 personnes sous tension extrême se recueillent en quelques secondes. C’est un silence total, inhumain, rendu plus puissant, plus dense par les dérisoires pleurs d’un petit bébé. Mick Jagger lit d’une vois calme quelques lignes d’un poème de Shelley sur la mort « Il n’est pas mort, il dort parmi nous… ». A la fin de la lecture, 10 000 papillons multicolores s’échappent d’une boîte en carton et s’envolent dans les airs.***MICHEL TATTINGER et ERIC VINCENT, SALUT LES COPAINS, septembre 1969.
Sur la scène, une photo immense de Brian Jones extraite de l’album Beggars Banquet. Après l’hommage silencieux, ce sera un fantastique requiem musical que les Rolling Stones, avec Mick Taylor, dédient à Brian Jones. Ce 5 juillet, à Hyde Park, n’y a-t-il pas six Stones sur la scène, pour la première et la dernière fois ? Car les gens oublient vite les personnes qu’ils ont aimées.***Saurez-vous vous souvenir du lutin à la chevelure d’argent qu’était Brian Jones, guitariste des Rolling Stones de 1961 à 1969 ? j’ai bien peur que non ! ***JACQUES LEBLANC, BEST juin 1970.
**Le 5 juillet, nous ignorions qu’il y avait ce fameux concert qui se déroulait à Hyde Park. C’est donc par hasard que le même jour, à la M.J.C de LYON-Gerland, à notre manière, nous avons rendu hommage à Brian. J’avais dans le même temps rédigé à l’attention de mes proches et amis un petit texte à propos de sa disparition. Cela me valut quelques remarques désobligeantes, que j’avais jugées nulles et non avenues.**
Un film Cinq + Un (ressorti en vidéo plus tard : les Stones dans le parc), de Michel Tattinger et Guy Job, résume le concert des Rolling Stones. Dans Cinq + un, il y a aussi le show de Monsieur Hallyday au Palais des Sports de Paris. Ce second spectacle met encore d’avantage en valeur la prestation des Stones. On peut aisément juger par comparaison à quelques minutes d’intervalle la qualité musicale des Stones. Leur présence scénique formant un tout avec leur musique. Qualités qui sont accentuées par le concours de gueulerie de Johnny Hallyday qui s’entoure sur scène de danseurs, de catcheurs, d’éclairages de toutes sortes. Tous ces artifices détournent l’attention de son public et permet à son tour de chant de passer. Le public des Stones paraît étrangement calme et détendu, allongé sur l’herbe, comparé au public du Palais des sports qui hurle et gesticule, montrant par là que l’important n’est pas d’écouter , voir et apprécier, mais d’être là, afin de pouvoir dire « j’y étais ».
*Pour l’anecdote, lors de sa sortie, ce film présentait les Stones en première partie, et Johnny en deuxième en vedette du film !!! *
Brian Jones est inhumé le 10 juillet 1969.
Les Rolling Stones ont rendu un hommage musical à Brian Jones. Qu’en sera-t-il de la grande presse, des radios, de la télévision qui ne tarissent jamais d’éloges, de congratulations lors du décès d’une valeur sûredu music hall ou du cinéma : Edith Piaf, ou plus récemment ce pauvre Maurice Chevalier, 75 ans largement dépassés. Comment ont-ils réagis ? Cette presse parlée ou écrite a réagi avec toute son animosité qui la caractérise, son esprit de règlement de comptes. Ils détestent les Rolling Stones, vous ne le saviez pas, ils vont expliquer. Les journaux vont s’ingénier à traîner dans la boue ce musicien Pop. Rien que pour lui faire regretter d’avoir été jeune, beau, et de surcroît rebelle ! Aucun mot sur le musicien. Aucune phrase sur les talents musicaux et artistiques des Rolling Stones. Rien qu’une insistance obsessionnelle sur le manque de moralité de ce groupe, et particulièrement de Brian Jones le drogué. *** On a sali sa mort, comme s’il fallait encore que les vautours de la presse, qui se dit grande, s’acharnent sur son cadavre. On n’a parlé que de scandales, de drogues, d’enfants sans père et de choses comme ça. Personne n’a parlé du jeune homme de vingt six ans qui souffrait et ne s’intéressait plus vraiment à la vie. Personne ne s’est posé la question de savoir pourquoi Brian Jones était ce qu’il était et s’il n’y avait pas d’autres responsables que lui-même. Qui a parlé de haine, vraiment de la haine à laquelle furent souvent exposés les Stones ? Qui a parlé des brimades que leur infligea une société jalouse et trop heureuse de se venger ? Personne.***PHILIPPE PARINGAUX, ROCK N’ FOLK.
***La mort de Brian Jones. Je n’ai rien à dire sur les causes que j’ignore et que je ne veux pas connaître. Quant aux conséquences, elles sont regrettables. Le music hall a perdu un artiste de classe internationale et qui représente tout un état d’esprit.*** MIREILLE MATHIEU d’après SALUT LES COPAINS.
*** Dessin réalisé par Maurice "alias" YAYAS.
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16.08.2008
1967, drogue, prison, flower power
Le typhon Rolling Stones continue son chemin. Il dévaste sur son passage, le 27 mars 1967, Cologne ; le 1er avril, Hambourg ; le 8, Milan ; le 11, Paris ; le 13, Varsovie, où la police utilise les matraques et des bombes lacrymogènes pour disperser la foule. C’est la première apparition des Rolling Stones derrière le rideau de fer. Puis le 14 avril à Zurich ; le 17, Athènes…..
Mick Jagger et Keith Richard, auteurs compositeurs du groupe le plus célèbre AVEC les Beatles sont donc arrêtés pour usage de stupéfiants. Mick à Brixton, Keith à Wormwood Scrubs. Ils sont libérés sous caution de 7 000 livres sterling chacun (environ 7 300 francs). Evidemment l’aubaine est trop bonne, la Grande presse s’empare de cet incident pour démolir, ou essayer encore, une nouvelle fois ce groupe qui ne correspond pas vraiment à l’image que se font les braves gens de la jeunesse récupérée par une certaine société d’abrutissement.
Pourtant il est permis de s’étonner de la hargne des gens vis à vis des Rolling Stones. Sont-ils en cette année 1967 vraiment des adeptes de la drogue ? les Beatles ne chantent-ils pas les louanges du L.S.D avec leur succès Lucy in the Sky Diamond ! Sont-ils emprisonnés pour autant ? D’autres grands noms du music hall ou du cinéma ont eu recours aux paradis artificiels. Ray Charles *1961* Chet Backer *1962* Donovan *1966*... se sont trouvés plus ou moins en conflit avec la justice sans que la presse ne les attaque au vitriol.
En France un groupe, privé de ses deux leaders dans les mêmes conditions , se serait trouvé dans une position d’infériorité, face aux autres groupes trop contents de saisir l’occasion de ravir la place de l’absent. L’important n’étant pas toujours la musique, mais d’être le premier ; ce qui ne signifie pas nécessairement le meilleur !
En Angleterre, dès que la presse etla radio annoncent la nouvelle, un mouvement spontané de soutien prend naissance. Des groupes concurrents des Rolling Stones partent en campagne pour soutenir les deux Stones emprisonnés. Citons l’action des Who qui organisent une manifestation dans la rue, et enregistrent un disque avec The last times et Under my thumb des deux collègues et amis sous les verrous.
*** PROCLAMATION : les Who considèrent que Mick Jagger et Keith Richard ont été traité en boucs émissaires du problème de la drogue. En protestation contre les peines iniques prononcées contre eux hier à Chichester, les Who sortent aujourd’hui un premier disque d’une série de compositions Jagger/Richard pour maintenir leur œuvre devant le public, jusqu’à ce qu’ils soient de nouveau libres de les enregistrer eux-mêmes.***EVENING STANDARD , 30 juin 1967.
Les Who n’auront pas besoin d’enregistrer d’autres disques, car le 31 juillet 1967, Mick Jagger et Keith Richard, dont quelques journaux comme le Times et le Sunday Express ont pris la défense, sont blanchis de toutes accusations. C’est ainsi qu’à la suite de leurs condamnations le Times déclarait entre autre :***Cependant la sentence va être sérieusement discutée par le public. Les circonstances sont assez inhabituelles. Pour justifier cette discussion, aux intérêts du public. On a accusé Mr Jagger de posséder quatre tablettes d’amphétamine sulphaté et de methyl amphetamine hydrochloride. Il avait acheté ces tablettes légalement en Italie , et elles avaient été rapportées au Royaume Uni. Ce ne sont pas des drogues dangereuses, et bien dosées, elles ne le sont plus du tout.***TIMES
….***Néanmoins nous pouvons considérer la réaction du public. De nombreuses personnes ont un point de vue primitif, presque pré-légal. Ils pensent que Mr Jagger mérite sa punition. Ils n’aiment pas le genre anarchique que l’on peut observer aux concerts des Rolling Stones. Ils n’aiment pas leurs chansons, n’aiment pas l’influence qu’ils ont sur les jeunes, et en général ils les suspectent d’être un cas de décadence, mot utilisé par Monica Furlong dans le Daily Mail. Ceci pourrait être un souci au niveau sociologique, ou purement au niveau sentimental, ce qui serait compréhensible. Mais on ne pourrait le confondre avec le cas présent. Jagger a-t-il été traité de la même façon que s’il n’avait pas été une célébrité ? si un futur lauréat était revenu de ses vacances d’été en Italie avec quatre de ces tablettes dans sa poche, aurait-on pensé que ce serait chose juste que de briser sa carrière en l’envoyant en prison pour trois mois ? Aurait-on jugé nécessaire de le montrer, menottes aux mains, au public ?………Ce devrait être à la justice anglaise de savoir si Mr Jagger sera jugé comme tout le monde, ni mieux, ni pire. Il y aura toujours un point d’interrogation sur le fait que Mr Jagger ait été jugé comme un simple homme anonyme.***LE TIMES, 1 JUILLET 1967.
Quand à John Gorton de Sunday Express, il écrivait :*** Est-ce que Jagger a été envoyé en prison pour avoir essayé une de ces drogues viles,comme l’héroïne ou la cocaïne ? Ou même le L.S.D que les Beatles sont en train d’essayer ? Pas du tout. A-t-il fumé de la marijuana que certains experts considèrent comme étant une drogue néfaste, d’autres pas ? On ne l’a pas accusé de cela. Il avait simplement quatre tablettes de benzadrine, achetées légalement à l’étranger qu’il avait prises, pour se tenir éveillé, avec le consentement de son docteur.***Sunday EXPRESS, 2 JUILLET 1967.
Mick Jagger et Keith Richard sont donc acquittés. Le chef de la justice leur fait cependant remarquer qu’ils ont des responsabilités à assumer en tant qu’idoles de beaucoup de gens. Car ils sont admirés et souvent imités. On peut se demander pourquoi Mick et Keith ont été relâchés. L’angleterre traverse une crise économique aigue, il n’est pas forcément judicieux de détruire des groupes comme les Rolling Stones ou les Beatles, et bien d’autres (Who, Kinks…) qui constituent des apports de devises au Royaume Uni non négligeables… c’est une hypothèse.
Dès la sortie de prison de Mick et Keith, les Rolling Stones au complet s’enferment dans leur studio et enregistrent avec l’aide des Beatles, une chanson we love you dont l’introduction est un clin d’œil très ironique aux ennuis qu’ils viennent de vivre avec la justice britannique. Bruits de pas d’un gardien de prison, porte métallique qui se ferme sèchement, menottes, tout y est ; We love you ?, ce disque est en quelque sorte un remerciement à tous ceux qui les ont soutenus lors de leur détention.
1967, Flower power
Il y a eu la prison pour Mick et Keith. Brian a lui aussi été condamné à neuf mois de prison pour avoir été en
possession de cannabis, et libéré sous caution (750 lb). Il y a eu la réponse aux juges avec We love you. Le son Rolling Stones est toujours présent mais on sent l’influence Beatles de la période Flower power.
Il y a le mouvement hippie de la côte ouest américaine, avec ses groupes, Jefferson Airplane, Grateful deads. Le flower power avec sa psychedelic music, des groupes tels le Pink Floyd qui ont une musique étrange et belle, basée principalement sur les sons électroniques. Il y a aussi l’influence indienne, le sitar, Ravi Shankar. Les Beatles s’essaient à la philosophie hippie, croyance, sincérité ou publicité ? Qu’importe…Their majesties satanic request sort en décembre 1967. Après We love you, les Stones planent très haut. Les voici goûtant à la musique cosmique . Ils sortent cet album aux résonances bizarres . la pochette est très colorée, avec des effets de reliefs. Un décor mouvant grâce à des superpositions d’images. Les Stones ont revêtu pour cette couverture des costumes de rois mages. Notons que cette pochette sort des sentiers battus. Les couvertures de disques étant en principe, réalisées avec des photos plus ou moins banales.
La musique qui en sort est féerique, belle, étrange et sophistiquée. Le citar, les maracas. Des bruits de pas, des cris qui donnent une coloration de marché oriental à ce merveilleux album. Their majesties satanic request est assez mal accueilli par leurs fans. Il leur apparaît comme un disque de recherche musicale. Trop fouillé, peut-être un peu confus. Ce disque surprend. Ont-ils reniés le Rock et le Rythm and blues qui les firent connaître pour sacrifier à la mode des enfants fleuris ? les Rolling Stones ne sont-ils pas prisonniers du rock n’ roll dont ils sont sans doute les meilleurs interprètes. Ont-ils le droit d’en sortir ? Their Majesties satanic request est donc un échec commercial. Chose curieuse, les Pink Floyd cités précédemment, sortent des disques du même genre et ont un succès assez désarment qui tend à prouver que le public des Stones attend des Rolling Stones toujours plus de Rock.
Les Rolling Stones semblent donc être sur une mauvaise voie. D’autant que pendant cette période, ils ont cessé toutes leurs tournées. Un seul passage cette année –là, c’est le concert donné le 12 mai à la N.M.E Pollwinners.***JAGGER ET LES STONES REVIENNENT TRIOMPHANTS. Les Stones sont revenus sur la scène. Des milliers de jeunes femmes les ont accueillis en criant. Ils sont de retour plus sensationnels que jamais.*** DAILY MIRROR 13 mai 1968.
Est-ce la fin de ce grand groupe ? Sont-ils déjà arrivés à une impasse ?
Et pendant ce temps là !
1967 nous amena a vivre à LYON plusieurs grands moments avec la venue de :
Eddy Mitchell en janvier
Antoine le 14 mai,
...Et surtout le 28 septembre un des grands pionniers du Rock n' Roll: GENE VINCENT Himself !
Eddy Mitchell, le 2 décembre 07:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, livre, loisirs
15.08.2008
1966, de nouveau la France
La France accueille les Rolling Stones
En février 1966 ils se rendent à New York où ils participent à l’émission de télé-vision Ed Sullivan Show. Ils s’embarquent ensuite pour Sydney. Les Rolling Stones sont fêtés sous tous les horizons, U.S.A, Australie ou Nouvelle Zélande.
Mars 1966, les créateurs de Satisfaction effectuent une tournée européenne qui les conduit d’Amsterdam à Bruxelles, à Paris, Marseille, Lyon ou encore Stockholm ou Copenhague.
En France, que ce soit à Paris,
à Marseille ou à Lyon, l’accueil est enthousiaste. Il faut dire que dans les trois villes, les salles sont trop petites pour contenir les milliers d’amateurs des Rolling Stones voulant se rendre à leursconcerts.
Lyon ! 31 mars…..
Il est 17 heures. Nous sommes, nombreux, devant le Palais d’hiver. En stationnement, il y a sept cars de C.RS et une Jeep avec radio. Que se passe-t-il ? Va-t-il y avoir dans les heures qui suivent une manifestation de rue organisée par un mouvement syndical ou politique ? Non, rien de tout cela. Il y a simplement à l’intérieur du Palais d’hiver trois à quatre mille spectateurs qui sont venus entendre et voir les Rolling Stones qui se produiront une première fois cet après-midi et donneront un second concert à 21 heures.
Vingt deux heures. Ils sont là. Mick, avec des lunettes noires (il a été blessé la veille à Marseille. Les spectateurs
ont lancé des chaises sur la scène ???). Brian avec son foulard de soie ressemble à une poupée ; il a l’air très fragile et sourit continuellement. Keith, pâle et assez mince est à gauche de Mick qui saute et trépigne. Bill est immobile, imperturbable, il mâche inlassablement son chewing-gum en toisant d’un air hautain et indifférent le public. Charlie, là bas à sa batterie sur cette grande scène du Palais d’hiver (Dieu qu’elle a du leur sembler bien petite quelques années plus tard !). Ils ont succédé à Antoine, lui qui se prenait pour Dylan et qui déclencha le délire des filles et de quelques garçons. Le spectacle se déroule dans une ambiance démentielle. Il y a des banderolles de bienvenue (dont la notre). Not fade away, les Rolling Stones semblent en pleine forme. Il y a des chemises à fleurs plein la salle. Time is on my side, Think, les derniers succès sont écoutés pour la première fois en direct (live!). C’est sauvage, c’est bon , ça bouge. Beaucoup de garçons dansent sur les tables (même que certains tournent le dos à la scène).I’m alright, Jagger agresse la salle qui n’attend que ça bien sur. The last times, communion établie avec les Idoles. Brian Jones est ravi, Keith Richard ne fait pas de geste inutile. Chez les Stones, tout paraît précis : la musique, le rythme. La batterie de Charlie Watts marque le tempo et annonce Get off of my cloud (fous le camp de mon nuage).
Et puis, OUI, le tube ; Satisfaction… I can’t get no!.... I can’t get no ! No... No...
Le rideau se ferme, la chanson n’est pas terminée. Et c’est alors que l’incroyable se produit. Le cordon de flics qui étaient devant la scène avancent en rangs serrés et nous chargent pour faire évacuer la salle. Il est hors de question de rester assis car les coups tombent. Les forces de l’ordre invitent gentiment tout le monde à sortir. Dehors, leurs collègues en pleine crise d’hystérie (il est vrai que la musique des Stones excite) nous reçoivent à bras ouverts, matraques en main ! Ils bousculent, hurlent, écument, tabassent, embarquent dans les cars ceux qui sortent du Palais d’hiver ou même ceux qui ne font que passer par là, simples curieux s’interrogeant de toute cette agitation
Pour témoin, ce pauvre gars, qui derrière moi, dans le car des flics, prit une raclée dont il a du se souvenir très longtemps. Il a eu la mauvaise inspiration de rentrer du cinéma en passant par là, et fut surtout mal inspiré de rouspéter lorsque les pendors en fureur le bousculèrent. J’eu un peu plus de chance que lui, car en montrant mes papiers, les 2 C.R.S qui m’encadraient fermement aperçoivent les cartes d’identité de Serge et Eddy, mes 2 fils. Je m’en tire sans mal, juste avec un sermon de ces 2 braves pères de famille qu’étaient ces 2 brutes. « comment, en père de famille…responsable…avec des enfants… peut-on être là pour ces chanteurs limite-voyous ? ». Néanmoins, la presse bien pensante et ses journalistes la représentant trouvait ses agissements des forces de l’ordre des plus sympathiques.*** …Bref, ça sentait la poudre, il y avait des cordons de police comme pour une « manifés » de rue, et une ambulance en « en cas ». Le Palais d’hiver pour la circonstance n’avait sorti la vaisselle d’apparat, ni ses nappes en fil et fil, et recevait, comme ça en copain, sans cérémonie. *** LUC TRASSOUDAINE, DERNIERE HEURE LYONNAISE.
On est en droit de poser la question, comment réagiraient les publics de Brassens ou Brel (Brel que j'eu le plaisir de voir cette même année) si de tels procédés étaient employés envers eux lors d’un récital des deux artistes ?
Il faut aussi rappeler que l’année précédente (juin 1965), les Beatles s’étaient produits dans ce même Palais d’hiver, et qu’il n’y avait pas eu ce déploiement de forces. Est-ce à dire que les Rolling Stones sont considérés comme des hors la loi, ou bien comme un groupuscule extrémiste (mai 1968, c’était pour plus tard).
Après leur passage dévastateur en Europe, les Pierres qui roulent décident de retourner chez l’oncle Sam. Ce sera la cinquième incartade sur le continent américain, dont un journal, le New Musical Express a élu les Rolling Stones premier groupe de Rythm and blues (10 décembre 1966).

... Et pendant ce temps là !
En plus de la venue inoubliable des Rolling Stones le 31 mars, l'année fut très riche en évènements Rock n' Roll. Le 15 février 1966, le Palais d'hiver de Lyon propose une affiche à couper le souffle! CHUCK Berry, Memphis Slim, Ronnie Bird (le Stone français), Antoine et les Problèmes (qui devinrent les célèbres Charlots).
Les 19 et 20 fevrier 1966, Eddy MITCHELL se produit au même Palais d'hiver. J'ai la chance de le rencontrer pour une séance de dédicace aux Nouvelles Galeries à LYON.
Le 22 mai 1966, nouvelle venue de ANTOINE, toujours au Palais.
Le 13 novembre 1966, nous nous rendons à Genève, dans le brouillard, pour une soirée mémorable avec the Killer JERRY LEE LEWIS.
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14.08.2008
1965, l'Olympia, SATISFACTION !
Les ROLLING STONES à Paris
Les Rolling Stones visitent l’Irlande, puis font un malheur en Australie et en Nouvelle Zélande. *** Trois mille fans, la plupart des filles, causèrent des émeutes alors que les cinq Rolling Stones atterrissaient à Sydney, hier, commençant le tour d’Australie… Environ trois cent réussirent à briser une barrière métallique et se ruèrent dans une salle de quarantaine. *** DAILY MIROR 22 janvier 1965.
On les trouve à Singapour, à Hong Kong, puis tournant en Angleterre. En avril, ils sont reçus par les Scandinaves. Le monument Rolling Stones grandit à une vitesse virtigineuse.
C’est la deuxième fois que ce groupe maintenant très célèbre se produit à Paris. La salle archi-comble connaît une atmosphère de meeting. Car n’oublions pas qu’un concert des Rolling Stones, c’est quelque chose de pas banal. Il y a les fans acharnés, ils y a les amateurs d’idoles en tout genre, les filles qui crient, il y a ceux qui veulent toucher, il y a ceux qui veulent faire plus de bruit que les guitares, ceux qui veulent monter sur scène…
L’ambiance est parfois houleuse.
Olympia, 17, 18 avril 1965. En première partie les Jets, Vince Taylor ( le Prince du rock), Evy,
Rocky Roberts. Le ton monte, la salle s’agite… Les Stones… Les Stones… Les Stones…. Le rideau s’ouvre, enfin, libérant les cinq diables du Rock. Everybody needs somebody to love, les Stones sont en scène, ça tourne rond. L’ambiance est chaude, survoltée. Around and around succède à Off the Hook, I’m Alright, Mick Jagger est électrique, jamais immobile. All Right... Yeah..., Time is on My Side, It’s all over now, la machierie Stones est en route. Little red rooster ce bon vieux blues de Willie Dixon, sans oublier Carol, trois mille types reprennent en cœur cet éternel succès de Chuck Berry. Un spectacle des Rolling Stones ne laisse jamais indifférent, c’est un peu de chaleur dans la vie de tous les jours. *** Il y a toujours une période de calme, un anti calme après un spectacle. Le moment où l’on se retrouve dans la médiocrité de la vie quotidienne, mais cela est encore plus frappant après avoir vu un spectacle des Rolling Stones. *** ANNICK DISCO REVUE mai 1965.
Lors de ce passage à Paris, les Rolling Stones acceptent l’invitation du club des Rockers (créé par Jean-Claude
Berthon, un type de 20 ans qui sort à cette époque, tant bien que mal, la première revue de Rock en France. C’est lui qui parle le premier des Stones, et c’est Disco Revue, pour ne pas la nommer, qui défend ce groupe tant critiqué par d ‘autres). Mick Jagger, Keith Richards, Brian Jones, Bill Wyman, Charlie Watts se rendent au Golf Drouot où les quelques présents, ce jour là se rendent compte que Mick et ses accolytes sont des gens sympathiques. Ils se plient d’ailleurs volontiers à la séance de dédicace avec un calme et une gentillesse qui n’échappent à personne. Daniel qui était monté à Paris pour aller les voir à l’Olympia eut la chance d’être là et pu les photographier, avec Jean-Claude Berthon.
1965, Satisfaction
I can't get no, Satisfaction
Paris, Montréal, tournées aux Etats Unis, en Ecosse, en Scandinavie, en Norvège. Les filles sont folles d’eux, leurs cheveux font couler de plus en plus d’encre. *** Coupez vos cheveux, style Rolling Stones à la Beatles : un censeur a proclamé hier : les coupes de cheveux style Beatles sont acceptées, mais celles des Rolling Stones ne le sont pas. Le directeur Mr Donald Thompson a renvoyé onze garçons de Woodlands Comprehensive School, Coventry, parce qu’ils portaient leurs cheveux comme le faisaient Mick Jagger et compagnie… Longs et malpropres comme le dit Mr Thompson. Mais il a annoncé hier, qu’ils pourraient revenir si ils se faisaient couper les cheveux proprement comme les Beatles.*** DAILY MIRROR 27 mai 1964 .
Les scandales succèdent aux coups d’éclats, les Rolling Stones pissent contre les murs… L’exemple moral (…) n’est pas brillant.
Les Rolling Stone mondialement connus sont de très bons interprêtes, Carol, Bye Bye Johnny, Around and Around de Chuck Berry ; I Wanna be you man des Beatles. Tous ces morceaux de choix le prouvent. Mais cela ne suffit pas pour être un très grand groupe. Il y a plusieurs compositions qui sont déjà signées Nanker-Phelge. C’est sous ce pseudonyme que les Rolling Stones signent leurs premières créations collectives. Cela donne de forts bons résultats donnant le jour des titres comme Stones, Little by little, puis Off the hook.
Puis Mick et Keith s’essaient à la composition et nous offrent The last times (février 1965). Une rythmique lancinante, un leit-motiv agaçant, excitant ; la complainte est puissante, le style musical Rolling Stones commencent à se dessiner. Sans renier le blues ou le rock de Chuck Berry, ils l’imprègnent de cette marque qui deviendra vite synonyme de qualité.
Malgré cela, il y a toujours les Beatles aux hits parades qui occupent pratiquement et systématiquement la première place. Et puis, le 2 0 août 1965, c’est le choc. Ça y’est, voilà le morceau . Celui que tout le monde, sans le savoir, attendait. La chanson qui va tenir la première place des hits internationaux pendant des mois et des mois. Le chef d’œuvre de la rock music. Les Rolling Stones viennent d’enfanter Satisfaction, I can’t get no. C’est leur grand départ de créateur, plus rien désormais ne devrait pouvoir les arrêter, c’est la consécration.
Les voici devenus le premier groupe du monde.
I can’t get no...Satisfaction
I can’t get no Satisfaction, I can’t get no Satisfaction
‘cause i try and i try and i try
I can’t get no, i can’t get no
when i’m drivin’ in my car, and the man come on the radio
he’s tellin’ me more and more about some useless information
supposed to fire my imagination
I can’t get no. Oh no,no,no. Hey, hey hey
That’s what I say
I can’t get no satisfaction, I can’t get no satisfaction
‘Cause I try and I try and I try and I try
I can’t get no, I can’t get no.
When I’m watchin’ my TV and a man comes on and tells me,
How white my shirts can be
But, he can’t be a man ‘cause he doesn’t smoke
The same cigarettes as me.
When i’m ridin’ round the world, and i’m doing this and i’m signin’ that;
And i’m tryin’ to make some girl, who tells me,
Baby, better come back maybe next week,
‘cause you see i’m on a losing streak
I can’t get no...
Satisfaction marque le début de la recherche musicale des Stones. Par exemple, ils mettent au point la Fuzz-Box, petit appareil de distorsion qui permet d’obtenir cet effet vrombrissant de la basse dans I can’t get no. Les Rolling Stones sont nés, indestructibles à partir de cette année 1965.
Un groupe de rock se composait en général d’un chanteur, d’un guitariste solo, d’un guitariste rythmique, d’un bassiste, et d’un batteur. La batterie était souvent limitée à une caisse claire (voir tous les groupes de Rockabilly). Les Rolling Stones dès leurs débuts empruntent au blues l’harmonica, I’m a king bee, Litlle red rooster. Ils utilisent maraccas ou tambourins, I’m alright, Not fade away. Ils ajoutent parfois un piano, Stones, ou un orgue, Congratulations. A partir de Satisfaction, ils travaillent d’avantage leurs compositions. Ils adoptent les effets psychédéliques, 19th nervous breakdown, ou l’accordéon et la clarinette new orleans, Between the buttons. Brian Jones joue du sitar, Paint in black. Ils font appel à des chœurs, You can’t always get what you want. Saxo, guitares accoustiques, piano, orgue, trompette, cela donne le génial Sticky fingers. Le rock primitif laisse sa place à une musique plus raffinée. N’est-ce pas ce nouveau rock que cache jalousement cette musique prétentieuse ou emmerdante par moment, cette musique étiquetée en France Pop-music ?

... Et pendant ce temps là !
20 juin 1965, j'ai vu arriver les BEATLES en panier à salades. Ils se sont engoufrés dans le Palais d'hiver plein à craquer ce soir-là.
Beatles ou Stones ? A cette question con je répondais Stones !
Je n'ai donc pas vu les Beatles sur scène et me suis dit depuis que j'avais loupé un grand moment !!!
Je n'ai jamais refait ce type d'erreur, volontairement.
La chambre de commerce de Lyon organisa en cette fin d'année une semaine britannique et à cette occasion nous offrit le 28 octobre 1965 ce concert apocalyptique des WHO, qui il faut l'avouer nous avaient complètement dérouté. 07:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, livre, loisirs
12.08.2008
1963, naissance d'une légende
THE ROLLING STONES.... Ces trois petits mots qui déclenchent instantanémant dans l'esprit de milliers de personnes des réactions très diverses selon l'être récepteur. Ces sentiments peuvent aller de l'admiration à l'amour en passant par l'envie et même le dégoût...
Personnages, qui semblent être sortis d'une bande dessinée de fiction, devenus légende...
Souvenirs !
....Le début de cette légende se situe aux environs de 1963 (cette année là, Serge, mon aîné a fêté le 12 juin son premier anniversaire). La BEATLEMANIA fait rage ; ces quatre garçons dans le vent vendent déjà un certain nombre de disques et bénéficient d’une bonne presse car ils apparaissent aux yeux de nos aînés comme des enfants de bonne famille chantant de très belles mélodies. En France, Johnny Hallyday et les Chaussettes Noires
(qui ne vont pas tarder à se séparer. Eddy Micthell décide de faire carrière solo, avec la suite que nous connaissons) représentent l’élite de tous les chanteurs de rock n’roll « made in France ».
Rockin'Daddy photographié avec les Chaussettes Noires...
Nous sommes en pleine vague YE-YE et subissons le matraquage sur les antennes de chansons style l’école est finie, yé… l’école est finie… etc…C’est à cette époque qu’apparaissent ces cinq troublions, ces empêcheurs de tourner rond. Eux qui sont restés fidèles à Chuck Berry, Bo Diddley, Muddy Watters (dont la composition Rolling stone blues servit de nom de baptême au futur groupe) c’est à dire au Rock et au Rythm and blues des Noirs. The Rolling Stones font leur entrée sur le marché du disque avec des titres comme Come on de Chuck Berry ou I wanna be your man des Beatles.
THE ROLLING STONES,
ces pierres qui roulent ?… Qui se cache derrière ce nom pour le moins bizarre ?… Le dos d’une pochette de disque répond à cette question.
*** MICK JAGGER, chant et harmonica, 19 ans, de grands yeux bleus, aime la cuisine chinoise.
BRIAN JONES, chant, guitare et harmonica, 19 ans, blond. Fume jusqu’à 60 cigarettes par jour. A fait tous les métiers, a joué dans un orchestre de jazz.
BILL WYMAN, chant et guitare basse, 21 ans, les joues creuses, les cheveux noirs, très pâle. Admirateur de Chuck Berry. Surnom : le Fantôme.
KEITH RICHARDS, guitare , 19 ans, cheveux noirs, aimerait vivre dans un bateau sur la tamise. Collectionne les disques de Chuck Berry et de Jimmy Reed.
CHARLIE WATTS, drums, 21 ans, le beau brummel du groupe. Possède plus de 100 mouchoirs. Surnom : Charlie BOY. *** disque DECCA n° 457.043 M
Deux amis d’enfance qui se retrouvent… Keith et Mick… Un ami commun: Dick Taylor (il créera plus tard the Pretty Things)...Le premier est un fervent adepte de Chuck Berry, de plus il a






























