07.11.2009

1990, l'Urban Jungle Stade Vél'

Marseille, la presse s'enthousiasme

…. 21 juin, lendemain de concert. Les lendemains qui généralement déchantent après la grande fête, sont moroses. Mais aujourd’hui, nous allons vivre une prolongation, car une fois n’est pas coutume, la presse a décidé, d’une certaine manière, à sa façon, de prolonger, le temps d’une lecture, cette grand’ messe donnée la veille par les Rolling stones. En effet, avec encore plus d’enthousiasme qu’à l’annonce, dans leurs colonnes, du concert, les gros titres fleurissent dans les kiosques marseillais. De mémoire de rockeur, jamais une telle avalanche d’articles et de compte-rendus de concerts sur le rock n’avaient consommé autant d’encre, pour applaudir, et généré un si grand nombre de pages dédiées aux Rolling Stones autrement que pour les conspuer !

« ROLLING STONES : LE STADE VELODROME EN FOLIE ! » s’écrie le Méridional ! *** 55 000 personnes en délire. Les Rolling stones ont fait vibrer le stade vélodrome au moins autant que l’OM ! Bel exploit en vérité. Comme à Barcelone une semaine plus tôt, la pluie a bien failli gâcher, hier soir, le concert des Rolling Stones à Marseille. On eu peur, on a eu chaud, mais finalement touts s‘est bien passé, plus de peur que de mal, la pluie nous a laissé vivre en paix notre amour du rock n roll et notre plaisir de voir et entendre les Rolling Stones.------ Le décor de jungle urbaine se darde de couleurs salies par la météo douteuse : vert passé, orange terne, rouge lointain. Heureusement la musique, elle, est impériale. Et les écrans géants relaient les yeux de ceux qui sont loin.------ Epuisant. Ereintant, magique. Pour les vrais fans –et il y en avait sûrement… 54 999 hier soir—ce concert des Stones restera un souvenir éternel. Hurlé, chanté, dansé avec un bonheur qui se lisait dans tous les yeux et les sourires. Si vous avez chanté tout au long des deux heures et demi, votre voix s’en ressent sûrement ce matin….Mais quel bonheur cela aura été ! Really terrifying !*** PATRICK COULOMB, LE MERIDIONAL, 21 JUIN 1990.

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Apparemment, le Méridional avait détaché un commando au concert pour que nous puissions trouver cet autre titre « NOUS SOMMES 55 000 A AVOIR 20 ANS ! » *** Carrefour des « générations Rolling Stones », le concert marseillais a réuni tous les âges et tous les souvenirs. Qui l‘eut cru : il fut un temps où la musique des Stones était dans les foyers synonyme de discorde, caractéristiques des conflits inter-générations. Autrement dit, il y avis ceux qui écoutaient des chansons, fredonnaient de jolis refrains, sagement « à leur place » dans la société, et ceux qui swingaient sur de la musique, vibraient à la voix de Jagger, et bousculaient, avec la même vitalité, les rangs de la même société. Le temps a passé : une génération. Et magiquement, tous les âges se sont retrouvés hier soir au stade vélodrome. Nul n’y est venu découvrir quoi que ce soit : chacun était là pour retrouver les émotions immanquablement accrochées aux mélodies. Et elles étaient au rendez-vous, dans une ambiance aussi électrique que le vent orageux. *** SILVIE ARIES, LE MERIDIONAL, 21 JUIN 1990.

Et un troisième compère d’écrire : *** SEC, NERVEU, NATURE… Voilà, c’est fini. La fête est terminée. Et le gigantesque feu d’artifice qui indique aux cinquante mille spectateurs encore sous le choc la porte de sortie a quelque chose de triste. Une drôle de sensation. A mi-chemin entre le désir d’exprimer une joie intense, de crier, d’exploser et celui de tout garder pour soi. De savourer de l’intérieur. Et puis, il y a la crainte. Celle que provoque la durée des vacances prises par les « Pierres précieuses » entre deux tournées. Six à huit ans en moyenne. De quoi se dire sérieusement, qu’on vient, cette fois-ci, d’assister à la der des der. Qu’on aura bien le temps de ressasser tout ça et de dire qu’on y était… Les “Rolling Stones” ont hier soir envoyé leurs détracteurs dans les cordes. Ceux-là même, qui depuis plusieurs années les considéraient comme un ramassis de vieux débris tout juste bons à se chamailler, ont dû—on l’espère—revoir leur jugement. Car d’anciens combattants, croulant sous le poids des ans, nous n’en avons pas vus. Bien au contraire. Nos « Papy » préférés ont donné une véritable leçon de vitalité.------ Qu’on était loin, hier, des sons lessive sans saveur que proposent les roitelets du Top 50. Mick Jagger, Keith Richard, Ron Wood, Charlie Watts et Bill Wyman, ont prouvé que si le rock n roll n’attendait pas toujours le nombre des années, il ne détestait pas non plus choisir ses plus fidèles représentants dans les hordes de quinquagénaires pétulants. Rassurant, vous ne trouvez pas ? *** GUILLAUME SINGER, LE MERIDIONAL, 21 JUIN 1990.

Pour le Provençal qui détacha 5 correspondants, « C’était la grande kermesse du rock au stade vélodrome. 55 000 FANS POUR LES STONES » *** Malgré la pluie, ils étaient encore plus nombreux que prévus, venus de tout le sud de la France. Beaucoup de tout jeunes dans la foule. En revanche, moins de quadragénaires. Les fidèles de la première heure, les fans des sixties n’étaient pas tous au rendez-vous.***. C’était aussi « only rock n’ roll et DIABOLIQUEMENT STONES » *** Je n’écoute jamais nos vieux albums. Parce que cela ne m’intéresse pas. C’est maintenant qu’ils m’intéressent (Mick jagger). ------ Mais Mick Jagger sait bien que face à un public large de 30 ans d’adolescence rebelle, il importe de piocher dans la vingtaine de disques marqués de l’emblématique langue rouge. Et il ne s’en prive pas.------ Mais l’image qui restera à jamais collée au corps des 55 000 furieux d’une nuit, outre le final somptueux « Jumping jack flash-Satisfaction » (avec un feu d’artifice en prime), c’est le rictus menaçant de Mick jagger sur Sympathy for the devil, incantation au malin, décharge de lucidité avouée à trente mètres de hauteur. Et puis surtout ce solo de guitare anguleux sabordé par le père Keith, contrepoint parfait du défi vocal de l’ami Mick, mise à mort d’une guitare qui semblait brûler de jouissance sous l’attaque acerbe d’un médiator qui n’a pas fini de rouler… Tout simplement grandiose. Et nécessaire. *** FRED GUILLEDOUX, LE PROVENCAL, 21 JUIN 1990.

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Et enfin la Marseillaise de clamer « Stones à Marseille : SATISFACTION » *** La première étape française de la tournée européenne des Rolling Stones a réuni plus de 50 000 personnes au stade vélodrome de Marseille, qui a vibré pendant deux heures au rythme de Mick jagger et les siens. Le plaisir d’écouter une voix singulière et des sons qui ont conquis le monde.***, Et de crier « HOURRA, STONES RAGEURS, STONES ENCORE » *** La jungle urbaine des Stones a déferlé sur 55 000 marseillais enthousiastes. ------ soudain Mick jagger et les siens, les baroudeurs du rock se trouvent face à face avec près de trois générations de fans. Pas de préambule. Le mot est donné, le show démarre sur les riffs assurés d’un Start me up irrésistible. ------ Hier soir Mick Jagger a subjugué les teen-agers autant que ses plus vieux fidèles. D’Angie à Steel Wheels le pont a été jeté avec succès. Mission accomplie, pour le plus grand groupe de rock du monde. *** ANTONIO MOREIRA, LA MARSEILLAISE, 21 JUIN 1990.

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Et de surenchérir « MARSEILLE EST « STONE » » *** Environ cinquante mille personnes de tous âges au stade vélodrome de Marseille pour l’événement rock de l’année dans cette ville. Les rolling Stones sont passés. Ni les novices ni les fans ne les ont loupés.------ Minute, papillon, encore un instant, les voici, les voilà, Mick jagger en tête. Tonnerre de bravos, de sifflets, de trépignements. De jeunesse. Lorsque l’écran géant cadre la silhouette longiligne de Mick qui fait déjà des siennes, le grondement et les ovations redoublent d’intensité.------ Alors, à ces moments-là, la nuit est complète au-dessus de l’arène enflée de musique, et des briquets, par myriades, dressent leur flamme vers le ciel au rythme du slow. Cela fait comme une micro-ville dans la nuit qui tient dans le stade. Comme si tout Marseille était là. Non, tout Marseille n’était pas là. Mais les cinquante mille personnes présentent auront l’occasion de lancer cette phrase qui dit enfin, simplement, le plaisir : « j’y étais ! ». *** ALBERT LAMMERTYN, LA MARSEILLAISE, 21 JUIN 1990.

06.11.2009

1990, Urban jungle à Marseille

Marseille, 20 juin,

J’arrive à Marseille la veille du concert et le lendemain matin, quelle n’est pas mon énorme surprise de découvrir dans les kiosques marseillais la folie, la liesse exprimée par la majorité des grands quotidiens de la ville, La Marseillaise, Le Provençal, Le Méridional, Le Soir, chacun y allant de premières pages grandioses accompagnées le plus souvent par des suppléments gratuits de quelquefois 10 pages pour encenser les Rolling Stones… *** 50 000 fans attendus demain. . les Stones à Marseille. Ils joueront demain à Marseille devant 50 000 personnes. Un stade pour les Stones. Vingt-quatre ans… l’attente aura été longue. Mais demain, ils seront là : Mick, Keith, Bill, Charlie et Ron. Autrement dit, les Rolling stones, le plus grand groupe de rock n’ roll du monde. Lors de leur première venue à Marseille en 1966, 3000 fans les avaient retrouvés à la salle Vallier. Demain, ils seront 50 000, sur les gradins et sur la pelouse du stade Vélodrome, à nouveau transformé en gigantesque salle de spectacle, un an après l’essai réussi du Pink Floyd. ------ Car au-delà des années et des générations, les Rolling Stones proposent toujours après trente ans de bons et loyaux services, ce qui se fait de mieux en matière de concert de grande envergure. It’s only rock n’roll...and we like it! *** FRED GUILLEDOUX, LE PROVENCAL,19 JUIN 1990

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Nous sommes donc le 20 juin, et malgré un temps assez incertain, c’est le délire. Incroyable à imaginer quelques années auparavant, totalement impensable dans les années 66-70. la grande fête annoncée et attendue par cette presse unanime qui rivalise dans l’art du meilleur titre, de la meilleure éloge sur le plus grand groupe de rock n’ roll du monde…
C’est ainsi que La Marseillaise fait sa Une avec : « Marseille, voilà les Stones. Vingt ans après : toujours là ».***Sur le stade, tout est prêt. Le sérieux britannique, et singulièrement anglais, n’échappe pas à l’organisation d’un concert comme celui de ce soir. Le hasard n’a aucun lopin de gazon sur le stade Vélodrome de Marseille. C’est que cinquante mille personnes viendront faire autour des Stones leur propre concert. Elles arriveront de tout le sud de la France, d’Espagne, d’Italie.------ Un soin particulier a été apporté à la protection de la pelouse. Pour la préserver un parquet contreplaqué « hydrofuge » de quinze millimètres d’épaisseur a été préféré aux habituelles bâches de plastique. La pelouse pourra respirer, sans être piétinée.***ALBERT LAMMERTYN, LA MARSEILLAISE, 20 JUIN 1990.

Juste à coté, c’est le Provençal qui surenchérit en nous proposant un supplément gratuit « on sort » qui nous dit « Marseille est Stones » « Le stade vél’ en folie, Ce soir, les Stones » et nous propose un historique détaillé des Stones, accompagné de textes de chansons, ainsi que des témoignages de fans ayant assisté aux concerts de 1966. Il nous remémore l’anecdote du barreau de chaise que reçut Mick Jagger lors du dernier concert. *** Ils placèrent aux bons endroits leurs « tubes » internationaux. Ils terminèrent par le tonitruant « Satisfaction », qu’ils semblèrent donner aux personnages extraordinaires s’écrasant en vagues chevelues autour de la scène. Tout cela se bousculait dans une joyeuse folie. Au fond c’était terriblement sympathique ! (Eugène Saccomano). Dans la cohue et malgré un service d’ordre assuré par les agents cyclistes, Mick jagger devait recevoir un barreau de chaise sur l’arcade droite. Après un passage à la Conception, il pouvait finalement rentrer le soir à l’hôtel avec un bandage impressionnant sur la tête. Heureusement la blessure était sans gravité et quelques heures plus tard il prenait le train en gare St-Charles. Mais avant de quitter Marseille, Mick Jagger s’était rendu dans un poste de police, afin de porter plainte contre X pour blessures involontaires. Aux dernières nouvelles, cette manifestation de la vindicte stonienne n’a jamais été levée. Mais que l’auteur des faits se rassure : depuis, il y a largement eu prescription… ***FRED GUILLEDOUX , LE PROVENCAL, 20 JUIN 1990.

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Et le summum, c’est en fin d’après-midi avec la sortie du Soir et ses pleines pages « LE PLUS GRAND GROUPE DE ROCK DU MONDE. ILS SONT LA ! » *** Les Rolling Stones à Marseille : 50000 personnes attendues au stade Vél’.------ La musique des Rolling Stones (les pierres qui roulent) nous accompagne depuis presque trente ans.------ « Laisseriez-vous votre sœur sortir avec un Rolling Stone »---- Depuis 25 ans le plus grand groupe de rock du monde traîne derrière lui une odeur de soufre.------ Et puis surprise : à l’aube des années 90, le plus grand groupe de rock n’ roll du monde est toujours là. Leur tournée actuelle est un véritable triomphe partout dans le monde. Pour combien de temps encore ?
Désormais les seules limites des Rolling Stones sont biologiques. Mais au tournant de la cinquantaine, l’heure de la retraite n’a pas encore sonné. ***JACQUES COROT, LE SOIR, 20 JUIN 1990
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Remontés à bloc, par une presse qui ne nous avait jamais habitués à une telle débauche de compliments déversés sur les Rolling Stones, et après avoir scruté le ciel resté gris toute la journée (il a pleuvassé de temps à autres en milieu d’après-midi), nous nous engouffrons dans le métro pour rejoindre le stade.
C’est aux environ de 19 H30 que nous nous mêlons aux nombreuses personnes qui se pressent dans les queues qui se sont formées devant les grilles. Toutes les formalités d’entrée réglées (présentation du précieux sésame, fouille), un passage obligé au rayon T-shirt pour s’offrir celui avec le chien menaçant, logo de cette tournée. On se retrouve dans la tribune couverte, fort bonne idée quand on sait que la première partie assurée par the Gun fut un peu mouillée. Ce qui nous valut de voir « pousser », sur la pelouse, des cabanes que les spectateurs confectionnent en utilisant les plaques de contre-plaqué. Plaques prévues initialement pour protéger la pelouse qui le sera moins dorénavant. La pluie apparemment bien élevée, décida de s’arrêter, peut-être quand elle prit dans la tête un Start me Up qui nous fait savoir qu’ils sont effectivement bien là.

En pleine forme pour nous emmener pendant presque deux heures dans leur enfer, aux enfers du rock n’ roll stonien. Une scène gigantesque nous attend avec ses tours, ses tuyaux qui rappellent la raffinerie de Feyzin ? Scène encore plus grandiose qu’en 1982… Le show est impressionnant, pas un instant de répit, il se passe sans cesse quelques choses d’inattendues. De gargantuesques décors mouvants sont utilisés pour accompagner les chansons. Deux énormes putes qui se gonflent en quelques instants pendant les premiers accords de Honky Tonk Woman qui se balancent au gré du vent et se dégonflent, sûrement par dépit de ne pas avoir assez été tripotées par Mick Jagger qui comme à l’accoutumé bondit inlassablement d’un bout à l’autre de la scène afin d’honorer ces dames de sa présence. Le délire plus tard avec l’apparition de ces Doberman géants, aussi affreux et effrayants que le chien des Baskerville, avec une terrifiante gueule ouverte dans laquelle tape, à coups de bâtons Mick Jagger alors qu’il interprète Street fighting man. Ils nous offrent aussi une superbe mise en scène lors du mythique Sympathy for the devil, alors que le diable sautillant Jagger arrive dont ne sait où, après être apparu là-haut sur la plus haute tour et que résonnaient les premiers rythmes de tam-tam africains annonçant ce grand morceau qui prend toute sa dimension dramatique au cours des concerts. Et pour notre bonheur, se succèdent Jumping Jack flash, Ruby Tuesday, Paint it black, jusqu’à l’inoubliable Satisfaction qui sonne la fin avant le désormais traditionnel feu d’artifice. Nous quittons le stade avec la pluie qui pluviote et en prenant le métro, pour rejoindre l’hôtel, dans la tête résonnent, pour un long moment encore, tous ces trop courts moments vécus dans ce stade, à l’écoute de ce qui n’était que du rock n’ roll, mais peuchère que c’était bon ! Et avant de s’endormir, bien évidemment la grande interrogation : à quand la prochaine ? Je n’en sais rien, mais je suis sûr que j’y serais….

31.10.2009

1990, Barcelone, SUS SATANICAS MAJESTADES

Dans cette attente, de se rendre à Marseille, nous pouvons être rassurés, si besoin était, sur les qualités du show cuvé 1990, en lisant les articles enflammés, n’hésitant pas à titrer « SUS SATANICAS MAJESTADES ! », au lendemain des deux soirées données à Barcelone les 13 et 14 juin (malgré une météo des plus moroses le 14 !). Barcelone où les Rolling Stones ont enflammé plus de 60 000 spectateurs venus assister à leur concert. *** Barcelone, le stade olympique de Montjuic, futur temple des jeux olympiques d’été de 1992, s’apprête à recevoir l’histoire du rock n’ roll ou plutôt, comme l’affirme le slogan publicitaire de l’Urban Jungle Tour, « le » rock and roll personnifié, les Rolling Stones ! La colline de Montjuic, qui domine la capitale catalane, avec son immense parc, ressemble à une certaine idée du paradis. Ce ne sont pas les policiers et militaires espagnols, à l’allure menaçante, ni les contrôles par bip électronique, qui ternissent cette image, tant toutes les conditions semblent réunies pour faire de cette soirée un grand et beau moment !------ la fête est finie, mais longtemps dans la soirée, elle résonne comme un intense moment de bonheur. Les Stones prouvent une fois encore qu’ils sont véritablement le rock and roll !*** PHIL BENOIT, VAR MATIN, 17 JUIN 1990.

Barcelone, ce 14 juin, où malgré les menaces du ciel, ils sont venus, pour la plupart arrivé très en avance pour assister à cette fiesta Barcelon-naise.***Joueront ? Joueront pas ? En ce jeudi 14 juin, la une des quotidiens barcelonais tourne et retourne cette question avec insistance. La veille, le premier concert a bien eu lieu, devant 60 000 personnes au stade olympique de Montjuic. Mais comme le souligne le chroniqueur de El Pais, malgré une production de deux millions de pesetas, Mick jagger n’a pas pu s’assurer la clémence des cieux. Un ciel sombre pour un retour. Los Stones, 14 anos después…------ Si Mick « Jogger » gambade moins qu’en 1982, les vieillards cacochymes peuvent se rassurer : le temps où il viendra les bassiner avec ses souvenirs d’ancien rocker n’est pas encore arrivé !------ Barcelone avait patienté durant quatorze années. En deux soirs, Mick jagger et les siens lui ont donné de quoi tenir vingt-huit. Mais les Rolling Stones seront-ils encore là en l’an 2018 ? *** FRED GUILLEDOUX, LE PROVENCAL, 20 JUIN 1990.

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29.10.2009

1990, The Rolling Stones... Steel Wheels...LYON ANNULE

1990, l'Urban Jungle !
Lyon, annulé...


Le nouvel appel du 22 mars a lieu à Londres, où les Rolling Stones confirment leur prochaine tournée européenne qu’ils appelleront L’URBAN JUNGLE TOUR. Ils nous expliquent que la scène a été dessinée par Mick Jagger, Charlie Watts et Mark Fisher (qui avait conçu celle de STEEL WHEELS), et d’après Mick Jagger le décor évoquera un paysage urbain rude et délabré. Nous apprenons aussi qu’il y aura des chansons de toutes les périodes, de leurs débuts jusqu’à aujourd’hui.

Commence alors pour nous, par presse interposée, un long jeu des questions : Où allons nous pouvoir les voir ? A Lyon ?… Car il faut se rappeler qu’en 1982, le suspense : viendront, viendront pas, avait mis nos nerfs à rude épreuve avant de savoir que la municipalité avait accepté de louer le stade !..

Enfin, en mai, le Progrès nous annonce : LES ROLLING STONES A LYON LE 27 JUIN, C’EST OFFICIEL."*** Cette fois, c’est sûr : les Rolling Stones reviennent à Lyon, pour un concert évènementiel : leurs tournées en France étaient devenues rares, et il n’est pas impossible que celle-ci soit la dernière du plus légendaire des groupes encore en activité. Après tout, ces infatigables diables abordent les rivages de la cinquantaine et un répertoire comme le leur, qui n’est pas celui d’un Trenet, peut difficilement passer la rampe quand les rockers fous se métamorphosent progressivement en papys à tête chenue.------ Mais pourquoi ne pas patienter (sous-entendu, plutôt que d’aller à Paris ou Marseille) jusqu’au concert qui aura lieu à lyon, au stade de Gerland, le 25 ou le 27 juin, sous l’égide de Rainbow concerts.***F.C. LE PROGRES, 7 mai 1990.

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Quelques jours plus tard c’est la confusion quand ils nous rapportent qu’un troisième concert est rajouté à Paris.***Rolling Stones : un 3ème concert à Paris. Leurs deux premiers concerts au parc des Princes à Paris, les 22 et 23 juin, affichant complet, les Rolling stones ont ajouté une troisième représentation au même endroit le 25 juin. Les promoteurs français espèrent toujours obtenir de Mick jagger et consorts un, deux et peut-être trois concerts en province, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Nantes semblant les villes les mieux placées actuellement. *** LE PROGRES, MAI 1990.

Et, badaboum ! Le 15 mai c’est la claque qu’on n’espérait pas : Le concert des Rolling Stones à Lyon est annulé. A-t’il été, seulement vraiment accepté dès l’annonce initiale ? *** Lyon. Le concert des Rolling Stones, prévu le 27 juin à Lyon, a été annulé à la demande du groupe. Dans un communiqué « Rainbow concerts » insiste sur le fait que ce concert, bien qu’annoncé au stade de gerland, « n’avait jamais été confirmépar écrit ». « Les Stones ne sentent pas Lyon et pourraient décider à la place une autre date en France », a précisé un responsable de la société lyonnaise. *** LE DAUPHINE LIBERE, 15 MAI 1990. On ne saura sans doute jamais le dessous de l’histoire (qui finit bien en 1982, mais pas cette fois !), et nous devons nous résigner, dans la mesure de nos moyens, à envisager un voyage vers Marseille ou Paris.

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Un peu plus d’un mois plus tard, sous le titre LES GRANDS CONCERTS SE MEURENT, le Progrès tente de justifier la non venue des Stones à Lyon, qui ne serait pas du fait d’un refus quelconque de la municipalité, mais de la peur du groupe de ne pas « rentrer » dans son argent ! *** Grands concerts : au nom de la rentabilité. Les stones ont joué à Marseille et paris et ont ignoré Lyon. Par crainte de l’échec financier.------ Les Stones ont roulé de Marseille à Paris sans s’arrêter à lyon. Jamais confirmé, un concert au stade de Gerland avait pourtant bel et bien été annoncé. Mais ne s’est jamais concrétisé, faute d’une rentabilité assurée.*** CHRISTIAN SADOUX, LE PROGRES, 25 juin 1990.

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Et de commenter que si le spectacle a toujours été le royaume de l’argent, il est peut-être en train d’en mourir. Citant ainsi Jean-claude Camus (manageur et producteur du Sieur Hallyday..), qui affirme sans aucune hésitation, que « le spectacle vivant aura disparu en France d’ici cinq ans » ?….. Dès lors, pour nous, pauvres Lyonnais, il n’y avait plus photo, il va falloir faire comme Lagardère, si Les Stones ne viennent pas à nous, nous irons aux Stones…. Pour ce qui me concerne, le Job de technico-commercial, que j’exerce en ces temps, va bien évidemment augmenter mes chances de pouvoir assister à un des concerts, celui du 20 juin au stade vélodrome de Marseille. Aussitôt dit, aussitôt billet en poche en attendant le grand jour du coté de la Canebière.

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24.10.2009

1986/1987, la brouille des jumeaux

Steel Wheels...

Alors en ce qui nous concerne, nous avons pris notre mal en patience et avons attendu des jours meilleurs accompagnés de bonnes nouvelles colportées par les Rolling Stones eux-mêmes.

Et bien, le 21 juillet, sort un simple RUTHLESS, enregistré par Mick jagger pour le film de Walt Disney : Ruthless people.

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Le deuxième LP PRIMITIVE COOL arrive en septembre 1987 , et à partir de la fin d’année, nous pourrons avoir la grande joie d’aller au cinoche pour voir HAIL HAIL ROCK N’ROLL avec Chuck Berry accompagné, pour la première fois de sa longue carrière, par un vrai orchestre, un band d’exception composé entre autres grandes pointures de Eric Clapton ou Keith Richard. Un Keith Richard, goguenard, qui explique toutes les difficultés rencontrées, auprès du Maître « à qui il a tout piqué… », pour lui faire admettre le principe de ne pas monter la tonalité de sa guitare, selon ses mauvaises habitudes, pour ne pas couvrir le groupe qui l’accompagne. Ce sera chose réussit le jour du grand concert quand Keith Richard, à l’insu de Chuck, décide de shunter l’ampli qui resta ainsi au même niveau sonore adéquat pour une meilleure qualité musicale qui fut de mise pendant toute la durée de cette fête du Rock N’Roll à laquelle nous participons en visionnant ce film.

Après cet énorme tribu rendu au Rock n’roll, l’année suivante (oct 1988) Keith Richard nous gratifie de son premier album solo TALK IS CHEAP enregistré avec son orchestre X-PENSIVES WINOS, avec lequel il part en tournée en novembre et décembre. Tout cela nous amène au jour de la reconnaissance de leurs Pairs. Le 18 janvier 1989, ils sont reçus comme membre du Hall of Fame du Rock n’ roll. Au cours de la remise de prix Mick dira : *** « Il y a une légère ironie dans le fait que ce soir vous nous voyez au summum de la bonne conduite alors que nous recevons une récompense pour 25 années de mauvaise conduite…Nous ne sommes pas prêts à raccrocher ». Rendant hommage à Brian Jones, il ajoute : « sa personnalité et ses talents de musicien nous écartaient souvent du courant bluesy, mais avec parfois des résultats merveilleux. » Et à propos de Ian Stewart : « c’était un ami, un grand pianiste de blues, dont les conseils musicaux inestimables nous maintenaient la plupart du temps dans un solide registre bluesy. »*** LE GRAND LIVRE.

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Cette grande soirée vit passer sur scène Mick Jagger en duo avec Tina Turner, puis Stevie Wonder avec Keith Richard, Ron et Mick Taylor à la guitare. De la fête aussi, Little Richard. Et bien sûr the Who et Pete Townshend, ce dernier déclarant aux Stones : « Les gars, quoi que vous fassiez, ne vieillissez pas, de grâce ! ». Pour l’anecdote, l’absence de Bill Wyman alimenta les rumeurs selon lesquelles Ron prendrait la basse pour remplacer Bill, et Mick Taylor reviendrait !!!!

En France, en juin, le Nouvel Observateur avec le titre « VINGT ANS APRES WOODSTOCK » nous propose un dossier sur ce qu’ils considèrent être les increvables du Rock n’ roll : les Rolling Stones, Tina Turner, Bob Dylan, les Who…. Et concernant Mick Jagger LE MYTHE, d’expliquer qu’après la mort de Brian Jones, l’ère Jagger-Richard commence, les rivalités internes ont changé de partenaires. Keith s’enfonce dans l’héroïne pendant que Mick s’autoproclame Chef du groupe, s’entoure de tout ce qui traîne de gloires établies et transforme les tournées des Rolling Stones en Barnum mondain. *** La musique, elle, tombe petit à petit en déliquescence. Il faut remonter à 1971 pour trouver un album des Stones écoutables de bout en bout (« Sticky fingers »). Sur scène, Mick parodie le meilleur de lui-même devant des partenaires qui n’ont plus l’air de beaucoup y croire. Pourtant, il demeure quelque chose de la magie d’antan, une aura de star du rock n’roll qui n’est pas près de se dissiper. Il reste assez malin pour utiliser les moindres aspects de sa vie, privée ou publique, dans la construction-ou l’entretien- de son mythe de star. Même au prix -tout à fait acceptable- d’une énième reformations des Rolling Stones. C’est bien le moins, après la désastreuse carrière de ses albums en solo. ***LE NOUVEL OBSERVATEUR, juin 1989.

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Parmi cette suite de reportages, il est fait remarquer à Keith Richard que plane une forte impression laissant penser qu’il est le seul, parmi les Rolling Stones, à vouloir reprendre les tournées. *** Dieu merci ! J’en éprouve le besoin et j’estime que le groupe aussi en a besoin. C’est essentiel pour la qualité de notre musique et pour notre connaissance du public. On ne peut pas rester tranquillement à la maison à écrire des chansons, puis les porter au studio et faire notre petit disque. L’essence d’un groupe comme les Stones, c’est son rapport direct au public.------Quand on nous regarde, Mick, Charlie, Bill, Ronnie et moi, on a du mal à imaginer qu’on puisse former un groupe. Et pourtant, ça fonctionne. Et ça rassure. Comme un cocon. Une bulle bien isolé.***LE NOUVEL OBSERVATEUR, ALAIN DISTER, juin 1989.

19 juillet 1989 … New York

Conférence de presse convoquée par les Rolling Stones. Ils annoncent leur nouvelle tournée STEEL WHEELS du nom de l’album qui va sortir. L’annonce a lieu sur un wagon plate-forme et la conférence se termine par la déclaration de Mick Jagger : *** « Je ne vois pas ça comme un concert d’adieu. Ce sera les Rolling Stones 1989. On me demande toujours la même chose depuis 1966. Ce ne sera pas notre dernière tournée. » *** LE GRAND LIVRE. Le typhon Rolling Stones reprend donc la route tel une traînée de poudre, embrasant de nouveau toutes les villes traversées de Cincinnatti à Philadelphie ou Toronto. Toujours plus de monde pour s’arracher les billets dont plus de 120000 vendus à Toronto.

Le 29 août c’est la sortie de l’album STEEL WHEELS et le point de départ à Philadelphie pour plus de 60 concerts à travers les USA. Puis l’annonce du tour du Japon où ils jouent 10 concerts au Dôme de Tokio (le premier le 14 février 1990) pour lesquels furent vendus en moins d’une demi-heure un demi-million de billets d’entrées…

A cette époque, l’information nous est livrée par Le Progrès. *** Rolling Stones : c’est re-parti. Le célèbre groupe anglais, qui ne s’était pas produit ensemble depuis huit ans, a donné le coup d’envoi de sa tournée 89 dans un petit club américain. Sept cent privilégiés ont assisté à cette répétition générale.*** LE PROGRES, 14 AOUT 1989.
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Un peu plus tard, dans la rubrique disques, présentant « le meilleur disque des Rolling Stones depuis dix ans », il s’agit de STEEL WHEELS, il nous confirme le début de la tournée de même nom. *** Aujourd’hui, minés par des conflits internes et déboussolés par des carrières solos qui se sont soldées par des bides retentissants, les Stones se sont sagement réconciliés et repliés sur leurs bases. Non sans objectif précis. Ils entament début octobre une lucrative tournée américaine : 65 millions de dollars de bénéfice assuré pour trois mois de concerts. Un joli matelas de billets verts, propre à consolider la plus fragile des réconciliations. Et ce n’est pas fini : le cachet d’une très probable tournée européenne est en cours de négociation… ***YVON RONDU ? LE PROGRES, 3 SEPTEMBRE 1989. En attendant de connaître les villes françaises que leurs Satanic Majesties projètent de visiter, nous lisons fiévreusement nos mensuels musicaux comme Best qui se mouille du titre « Pierres qui rouillent » *** Caïn et Abel du rock n’roll, Castor et Pollux du rythm and blues, ces deux-là aujourd’hui quadragénaires cossus, n’en finissent pas de se chamailler comme des adolescents ! Et ça dure depuis combien de temps déjà ? A l’aube de leur retour grandiloquent, ils ont convoqué Gilles Riberolles pour arbitrer leurs humeurs du moment. Devinez quoi ? C’est reparti pour un tour !------Au lieu de ça ils sont restés irascibles, arrogants, geignards, paresseux, flambeurs, capricieux et débraillés. Leur sensualité il est vrai un peu émoussé en paternalisme, mais ils ont su rester fidèles à eux-mêmes, en évitant de jouer les gentils ou les méchants, ce qui garantit que sur la corde raide de leur vieux cirque ambulant et grinçant, ils ne seront jamais totalement prévisibles. *** GILLES RIBEROLLES, BEST, OCTOBRE 1989.

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La tournée américaine STEEL WHEELS s’achève le 31 décembre, à New York. John Lee Hooker, Eric Clapton, et les Guns N’Roses jamment avec les Stones à Atlantic….

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Il nous faudra encore attendre jusqu’au 22 mars 1990 pour découvrir le nom des villes visitées en France…..

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21.10.2009

1986, les Frères ennemis

Et puis les bruits les plus fous courent concernant la mésentente grandissante entre les frères ennemis Jagger/Richard. Tout au long des pages on peut lire ici et là les querelles entre les deux EX amis…. Ils sont en désaccord sur la suite à donner à la carrière des Rolling Stones. Les vilains mots vont et viennent, le temps est à l’orage dans la famille cailloux.
Malgré cette ambiance des plus glauques le point marquant de cette année 1986, dans l’activité des Rolling Stones, entre deux prises de becs, c’est incontestablement la conception et la sortie en mars de leur album DIRTY WORK. C’est l’occasion que saisit Libération pour nous offrir quelques pleines pages consacrées à l’album et aux Rolling Stones, Mick Jagger, Keith Richard et les autres, avec un titre qui rappelle un classique de Chuck Berry « STONES : ROUTE 86 ». *** Après tant d’albums bâclés, Mick et ses hommes remontent au créneau. C’est DIRTY WORK : la preuve par le rock et le 86 que les damnés cailloux ont encore une âme, et le goût du charbon. Comme ce journal, parti piocher le vieux filon à Soho.------Oui, les Rolling Stones peuvent revenir la tête haute ? A un détail près : leurs cinq derniers albums ont été légèrement au-dessous du niveau de leur légende. Ils ont même-et c’est un euphémisme-un peu déçu des fans qui se sont néanmoins cru obligés de les défendre… *** LIBERATION, 4 MARS 1986. Et bien sûr la question qui brûle à propos de l’hypothétique prochaine séparation du groupe. Mick Jagger lors de l’interwiew accordée à ce même quotidien remet un tantinet les pendules à l’heure en répondant à la question : *** « Est-il arrivé que les Stones se séparent… Que le groupe splitte et que personne ne le sache ? » -Non, non, ça n’est jamais arrivé. Nous sommes toujours restés ensemble. Même si, après plus de vingt ans, j’ai la sensation qu’il y a un tas de trucs à faire en dehors des Stones. Quand on a 19 ans, on est tous ensemble dans un petit groupe et on se bat contre le monde entier… Mais bon, maintenant, on peut envisager d’autres trucs… là on fait un disque, une tournée, des vidéos, mais il y a d’autres choses à faire. Il faut jouer avec des gens différents, on a déjà accompli ensemble plus que tout ce que vous pouvez imaginer.*** LIBERATION, 4 MARS 1986.

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Cette mise au point qui paraît pour le moins sans équivoque, n’empêchera pas Libération, quelques mois plus tard, qui nous la refait dans le genre mauvais augure, d’imprime un gros titre : « ROLLING STONES : LA FIN… ». *** Vingt cinq ans de travaux rock forcés, vendus au diable disco-funk et à tous les marchands du temple reggae-rap, usés par les femmes et les défonces, de morts en déroutes, les hommes de pierres auront décidément sonné leur époque (la nôtre ?) Avant de jeter, enfin, l’éponge.---Alors, les Rolling Stones, dissous ? le voici enfin venu, ce moment de terreur infernale où les enfants du rock vont se retrouver comme des Ouhlamrs courant la nuit, orphelins de feu. Ce qui est certain, c’est qu’un vétéran chevronné de la rock-critique internationale (le prestigieux Nick kent) ne mettrait pas les pieds dans le plat sans une mise à feu secrète (descendue en droite ligne de Keith Richard en personne ou de Mick jagger lui-même ?) Une chose est sûre : quelqu’un là-haut, est en train de mettre le poing sur la table. Et il le fait en choisissant soigneusement son média, qui n’est autre que Libération, le journal rock des années 80. Quelles vont être les réactions du clan Stones ? Un démenti formel, ou l’annonce d’une réconciliation de dernière minute ? Ne vont-ils pas nous arriver des îles tropicales où les deux maudits frangins rongent leurs freins ? C’est tout ce qu’en notre âme et conscience, nous souhaitons.*** Philippe MANŒUVRE, LIBERATION, 6 juin 1986.

Suit donc l’article de Nick Kent (traduit de l’anglais par Ph. M.) . La lecture de cet article fleuve sur la fin programmée des Stones, s’est comme participer à ces réunions autour d’un verre où l’on cause des derniers malheurs arrivés à ses voisins. Longues discussions où tout est bon à raconter, le vrai se mêlant avec le faux. Même qu’on fait comme si on y avait été…. Tout devient croustillant, et en plus, dans un journal, ça donne de la matière qui fait vendre. Dans le cas présent, il est fort dommage que ces propos ait été rapportés par « Maître-Es Rolling Stones » Philippe Manœuvre qui du le regretter plus tard….

02.08.2009

1975, un certain Ron WOOD

1975, un certain Ron WOOD...

Pour combler le vide laissé par Mick Taylor de nombreux noms sont avancés. On parle de Jeff Beck, de Peter Frampton, de Jimmy Page, d’Eric Clapton, de Rory Gallagher ou même de Ron Wood. C’est le 14 avril 1975, que par un communiqué on apprend que l’heureux élu sera Ron Wood en tant qu’accompagnateur des Stones durant la prochaine tournée mondiale.

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L’annonce de la tournée américaine se fait, comme presque tout le temps, d’une manière fracassante sur la 5ème avenue de New York, à bord d’un camion sur lequel les Stones à cette occasion offrent un concert des plus inattendu à la veille de leur nouveau départ sur les routes. Les tournées, on s’en rend compte au fur et à mesure que les années passent drainent un public de plus en plus énorme. 50 000 personnes, le 7 juin, font ainsi la queue au soleil pendant plus de 8 heures devant le stadium de Kansas City pour assister au concert. Des centaines de malaises sont à déplorer ! 55 000 personnes se pressent au County stadium de Milwaukee ; 80 000 au stade de Cleveland (Ohio).

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En six soirées ils rassemblent 120 000 spectateurs au Madison square garden. Les Stones ne remplissent plus dorénavant que des stades ou d’immenses salles omnisports, innovant sans arrêt coté décor de scène. Ainsi lors de cette tournée cette fameuse scène à étoiles repliable (que nous ne verrons pas en Europe) placée au milieu du stade dont les pétales s’ouvrent pour laisser apparaître leurs majestés au centre. Pour cette tournée les Stones auront assuré 45 concerts, et suscité, encore et encore, bien des commentaires journalistiques.

***Mick Jagger, c’est la superstar. Combinaison blanche, moulée à craquer autour du corps et du sexe, collier de cuir clouté or, chevelure aux épaules, piscines, grosses motos, les plus belles filles de l’Angleterre, l’accueil de l’aristocratie, l’argent par les fenêtres. Et aussi une violence sauvage et sans scrupule, comme dans « orange mécanique » : on massacre aussi bien les fillesque les garçons, avec un sadisme souriant et puéril.*** M.C. L’EXPRESS, 3 août 1975.

C’est en novembre que nous avons la confirmation qu’une tournée européenne aura bien lieu en 1976. Avec cette fois la France sur le parcours (Ils préparent d’ailleurs cette tournée en répétant dans une villa à coté de Mougins en compagnie de Billy Preston). En cette fin d’année Mick Jagger confirme aussi que Ron Wood participera à l’enregistrement du prochain disque des Stones et qu’il repartira avec eux en tournée.
En clair Ron Wood devient officiellement et définitivement un « Stone ».

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31.07.2009

1973, Keith et la drogue

1973, Keith interdit en France...
Bruxelles, le rock n'roll express...


Le 10 juin Keith Richard a de nouveau les honneurs de la presse pour son affaire de drogue.***L’UN DES ROLLING STONES JUGE EN OCTOBRE A NICE. Keith Richards, guitariste du groupe anglais des « Rolling Stones » et son épouse, l’ancienne actrice italienne Anita Pallenberg, seront jugés à Nice au mois d’octobre prochain pour « usage et trafic de stupéfiants ».***LE PROGRES SOIR, 10 juin 1973.

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Le 1er septembre débute à Vienne la tournée européenne. Au programme : l’Angleterre, l’Allemagne, la Scandinavie, le Danemark, la Hollande, la Suisse et la Belgique, et malheureusement, dixit ennuis de Keith, dont on attend le jugement imminent, pas de France

medium_1973_exclusivite_rtl.jpgC’est pourquoi Jean Bernard Hebey, éminent spécialiste de la Pop music sur R.T.L. (radio qui à cette époque organisait la plupart des concerts en France) décide et réussit un coup de maître. Il obtient lors d’une interview exclusive de Mick Jagger, en Français, que les Rolling Stones donnent un concert spécialement pour le public français.

Le 17 octobre part donc de Paris un train spécial pour Bruxelles : le Rock n’ roll express qui quittera Paris à 12 H30. Un train, avec en gare de Bruxelles, des passants très surpris qui s’interrogent devant cette arrivée massive de jeunes filles et garçons qui se déplacent en si grand nombre simplement pour venir voir un concert ! ***Et des jeunes français, une foule innombrable dans le froid, sous l’œil surpris des passants. Un accent trop facilement imitable : « vous venez de Paris rien que pour un concert pop ? Et bien ! » (1)***

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Ce concert destiné au public français aura lieu à 17 H00 au Forest national et sera retransmis sur R.T.L. le 18 a 21 H. ***Des canons qui déversent une lumière réfléchie par des miroirs, une mise en scène monumentale qui donne dans le temple grec version Hollywood « science-fictionnée », un grand hurlement et tout se jouera en un peu plus d’une heure. C’est cinglant, sans bavure, c’est impressionnant de cohésion et de sauvagerie à la fois. Point ultime d’un travail musical et scénique qui a conduit à la perfection sans que l’illusion (inhérente au rock) de la spontanéité ait été gommée. Et puis il y a cette exigence, toujours la même, du contact avec le public, le désir de provoquer en s’offrant, que le jeu de scène de Jagger symbolise à lui seul ; Keith Richard et son costume noir, œillet rouge à la boutonnière, deux trous noirs à la place des yeux, un gouffre sombre pour la bouche…l’un tout blanc et presque nu, l’autre noir et revêtu de son habit de mort. Et comme jamais vous ne pourrez le vivre autrement, la foule unanime qui se dresse et danse. Sept mille têtes qui bougent comme agitées par le vent que soufflent les amplis et les bras qui battent l’air. Et il en sera ainsi tout le show, une participation de tous sans aucune censure au rite stonien.***(2). (1 et2)YVES ADRIEN, ROCK ET FOLK, décembre 1973.

Pour la petite histoire…. billet aller et retour, et l’entrée du concert coûtent 70 Frs !).

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Nous étions trop éloignés de Bruxelles et n’avons pas assisté à ce concert historique à plus d’un titre.
***Au Forest national de Bruxelles,mercredi dernier,cette bande de prolos banlieusards, salués comme le
plus grand phénomène de l’histoire de la pop’ music, a lancé son rock à trois cent à l’heure, vrombissant, explosif.
Et, sur le devant de la scène, dans le tonnerre des amplis, sous un immense miroir suspendu, la dernière grande figure des années 1960 – les Beatles et Bob Dylan se sont retirés, Jimi Hendrix n’est plus – a projeté ses multiples reflets. Opération d’envergure exceptionnelle : deux trains spéciaux Paris-Bruxelles, deux « Rock and roll express » plus des dizaines de cars, de motos et de voitures ont déversé le public français sur les lieux du concert.***Mariella Righini, Le Nouvel Observateur. Oct. 1973.


A noter que les Rolling Stones s’étaient produits à Berne en Suisse les 25 et 26 septembre, pour 3 concerts, mais pour les mêmes raisons de distances, nous n’y étions pas allés.

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C’est en octobre, le 16, la veille du fameux concert de Bruxelles que le verdict concernant Keith Richard tombe. ***DROGUE : KEITH RICHARDS, GUITARISTE DES « ROLLING STONES », CONDAMNE A NICE A UN AN DE PRISON AVEC SURSIS. Keith Richards, le guitariste du groupe anglais « Rolling Stones » et sa compagne, l’actrice Anita Pallenberg, ont été condamnés hier matin à un an de prison avec sursis et à 5000 francs d’amende par la V ème chambre correctionnelle de Nice pour usage de stupéfiants. Cette condamnation est assortie de la mainlevée du mandat d’arrêt lancé en 1972 contre le couple.----un autre membre des « Rolling Stones », le saxophoniste Bob Keys, a été pour sa part condamné à quatre mois de prison avec sursis et 1000 francs d’amende.-----C’est le fait que Keith Richards et Anita Pallenberg, devenue entre temps mère de famille, ont pu attester, par l’intermédiaires de leurs avocats, qu’ils avaient subi avec succès des cures de désintoxication qui a incité les juges français à la clémence.***LE PROGRES, 16 octobre 1973.





Et pendant ce temps là...

1973

30 janvier

Lyon, bourse du travail

LEO FERRE & ROBERT CHARLEBOIS


Cette année, à Lyon, débute, les 29 et 30 janvier à la Bourse du travail. A l'affiche, deux très grandes pointures: Robert Charlebois en première partie et Leo Ferré en cloture de soirée.

Pas vraiment Rock me direz-vous ? Et pourtant l'attitude, le gestuel, le ton, le fond sont bien présents avec ces deux grands bonhommes. Charlebois, ce gars pas si ordinaire que ça. Et Leo Ferré, qui vous apostrophe en crachant sa haine de la société et en gesticulant n'a-t-il pas rendu un vibrant hommage aux Moody blues dans ses nuits de satin blanc ?

C'est le seul concert où j'eu l'idée saugrenue d'amener mon Pater ! A la sortie il s'est pris pour Léo Ferré en vociférant après la maréchaussée... Malaise !


1973

16 mars

LYON, palais des sports de GERLAND

DEEP PURPLE


Nous nous rendons au rendez-vous que les Deep Purple nous ont fixé au Palais des Sports de Gerland.

Je les trouve toujours excellents sur disque, mais ils m'ont beaucoup déçu pendant ce fastidieux concert, nous avons subi un bon quart d'heure la séance d'accordage des guitares... Crainios....Dommage....

1973

septembre

Fête de l'humanité La Courneuve (près de Paris).

CHUCK BERRY & JERRY LEE LEWIS


Fête de l'humanité. Nous étions montés de lyon car au programme étaient annoncés Chuck Berry et Jerry Lee Lewis.

Dans une ambiance des plus tendues pour cause de présence de connards qui se prenaient pour des Angels arrive enfin Chuck Berry. Pas longtemps plus tard arrive aussi Jerry Lee Lewis qui s'invite dans le set de ChucK ? Nous assistons à un incroyable duo "historique".....

C'est sous une pluie de canettes de bières lancées par les connards pré-cités que Jerry Lee Lewis devra interrompre son show.

Show "historique" aussi par sa brièveté.

Une faible consolation nous attendait le soir avec le superbe concert de Alan Stivell.

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12.07.2009

1972, Rockin'Daddy à Londres

Quelques jour avant noël , je suis reçu à la Rolling Stones Records à LONDRES…

.... Le point final tapé, je réalise une maquette succincte du livre (nous avions quitté l’histoire des Rolling Stones courant 1972). Va alors commencer la grande aventure pour aboutir, si possible, à la publication !
Renseignements pris, il faut demander les autorisations écrites pour avoir droit à la publication des articles fac-similés utilisés dans cet ouvrage.
S’ensuit une longue série de courriers, et à ma grande joie, des réponses avec accord des journaux, revues ou organismes suivants : l’AURORE, l’HUMANITE, LE PARISIEN LIBERE, LE PROGRES DE LYON, le THEATRE DU HUITIEME.
La société DECCA disques m’envoya même son press-book sur les Stones.

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En août, de passage à Paris, je tente ma chance. Ça marche, je rencontre Sacha Reins de Best avec lequel je parle de mon projet. Très simplement, il me dit qu’avec mes sources, trop peu importantes, il ne croit pas a la possibilité de la parution de mon ouvrage. Très heureux néanmoins de cette rencontre, je retrouvais Sacha aux travers de ses articles, dans Best, sur les Rolling Stones, cela va sans dire. Il ne détruit en rien mon enthousiasme et je continuais mes démarches pour arriver aux termes de mon idée un peu folle.

Le 27 septembre 1972, j’adresse naïvement une lettre à la Rolling Stones Records à Londres ! Quelle ne fût pas mon incommensurable surprise, de trouver quelques jours plus tard dans la boîte à lettres, une enveloppe avec la langue des Stones !

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J’envoie un deuxième courrier, je reçois une nouvelle réponse de Trevor Churchill, et me voilà quelques jours avant Noël 1972, prenant le thé dans le bureau des Rolling Stones. Nous sommes reçus très gentiment par l’attachée des Rolling Stones, Stella Dean à Londres.
Cette dernière nous explique que Mr Churchill s’est engagé un peu trop légèrement en me laissant espérer on ne sait quoi quant à une aide hypothétique des Stones !
Elle nous rappelle que les Rolling Stones sont ces derniers jours à la Jamaïque pour superviser le nouvel album de Peter Tush. Elle souligne en outre que Jagger et Richard passaient pratiquement chaque matin, et que rien n’aurait empêché de se trouver en présence les uns et les autres lorsqu’ils sont à Londres.

A la fin de l’entrevue, elle nous confirme que nous pouvons publier tout ce que nous désirons, en prenant garde de ne pas être diffamatoire envers l’un ou l’autre des Rolling Stones.
Cela était précisé, en cadeau, je reçois des photos et un press-book officiel.
Je laisse ma maquette à l’attention de Mick Jagger et elle me dit que Mick le lira avec plaisir. Ce jour- là j’ai côtoyé tous les disques d’or exposés sur les murs et admiré les affiches des concerts autour du monde.

J’ai quitté leur bureau avec un peu de regrets, mais quelque part, je ne sais pas si j’ai bien réalisé à ce moment le morceau de rêve que je venais de vivre : avoir été invité dans les bureaux des Rolling Stones !…..

Début 1973, sortent simultanément en France plusieurs ouvrages réalisés entre autres par des journalistes de Rock N Folk ou Best.

25.06.2009

1971, Cinq + 1

1971, Cinq + 1 ...
Mick//Keith//Brian//Bill//Charlie//Mick

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“de son vrai nom Michael Philip Jagger, né le 25 juillet 1943...”. Il y a Keith, brian, Charlie, Bill, puis Mick taylor qui remplace Brian quelques temps avant sa mort. Le mariage de ses personnalités forme un groupe de Rock,le plus célèbre, avec Mick Jagger le chanteur.

Mick Jagger, celui que beaucoup juge vulgaire avec ses lèvres épaisses, son sourire ironique,l’air effronté des sales gosses des quartiers populaires. La bête de scène qui viole son public, féminin ou masculin. Il magnétise les foules.***là où il se passe quelques choses, là où J. Hallyday, Béart, Valéry Radot, J.J.S.S. et bien d’autres saltimbanques peuvent aller se rhabiller, c’est sur ce qui arrive en scène, sur cette insolence inouïe le Mick, sur cet amour méprisant du public que personne n’a jamais approché. Insolent parce qu’il est beau et invulnérable dans son costume croisé de satin rose culotte, et qu’il n’a qu’à aller à la pêche de son public.*** HAMBONE WILLY, CHARLIE HEBDO.

A ce propos, je me permets une petite parenthèse hors du sujet : Elvis Presley, que beaucoup ont prétendu être le King en matière de Rock n’roll, a bien sûr repris des classiques du Rock (écrits par Chuck Berry entre autres), mais a surtout chanté de très belles chansons de variétés comme l’ont fait avant lui Bing Crosby, Franck Sinatra ou Dean Martin, les très célèbres crooners américains. Elvis a lui aussi fait hurler les filles, mais ces filles, avec leurs lunettes et leur mine juvénile d’étudiantes, ressemblaient et ressemblent encore, à s’y méprendre aux minettes accompagnées de leurs mamans qui écoutent d’un air attendri et ému, avec la petite culotte humide, le dernier disque de Clo-Clo ou Sheila. Je n’oserais pas vous conseiller, pour étayer mes propos, le film Elvis Show. Ceci précisé pour éviter toute comparaison entre deux sujets incomparables. Mick Jagger, à tort ou à raison représente une image à laquelle on s’identifie, on aimerait secrètement lui ressembler, parce que justement c’est un être de chair comme nous. Il est le révélateur de nos pensées. Il est ce que l’on voudrait être, il est ce que l’on se défend d’être. En deux mots, il apparaît comme un reproche vivant aux yeux de beaucoup. ***Car Jagger depuis longtemps n’est plus un chanteur, mais un symbole. En fait, il n’a jamais cessé de l’être. A une époque où John, Paul, Georges et Ringo, impeccablement costumés, cravatés et poudrés faisaient pleurer les minettes en leur sussurant qu’ils voulaient prendre leur main, Mick, débraillé et en sueur gueulait I want just make love to you et montrait son cul chaque fois qu’il en avait envie. C’est pas des choses que la silencieuse majorité avale facilement. Les honnêtes gens s’indignèrent, la presse pourrie fit écho et organisa un sondage d’opinion avec la question suivante : « laisseriez-vous sortir votre sœur avec Mick Jagger ? ». les Stones avaient remplacé le Nègre et d’un bout à l’autre de l’Angleterre les vieilles filles s’endormaient en serrant contre leur maigre poitrine un crucifix, seul moyen connu vraiment sérieux pour éloigner les vampires et, pourquoi pas, Mick Jagger.***SACHA REINS, BEST N° 36.

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Les amateurs d’idoles et les fans inconditionnels sont comblés par deux films dans lesquels Mick Jagger est un des acteurs principaux du générique : PERFORMANCE et NED KELLY.

PERFORMANCE où Mick Jagger apparaît plus efféminé que jamais,poussant l’équivoque du sexe à son paroxysme. PERFORMANCE, c’est la rencontre d’une pop star déchue (incarnée par Mick Jagger. Le personnage qu’il joue pourrait être lui dans quelques années ?…) et d’un gangster (James Fox) qui se lient d’une amitié des plus ambigûes. Le rôle féminin est tenue par Anita Pallenberg !

NED KELLY conte l’histoire d’un révolutionnaire australien (qui pourrait être, mais qui n’est pas Mick Jagger). Pour les cinéphiles, l’approche est autre. Il découvre un nouvel acteur qui sans être encore génial peut prétendre à une place honorable si on le compare à d’autres acteurs ou d’autres chanteurs passés au cinéma. *** Désolé de le dire, mais Jagger joue pourtant mieux que J. Hallyday, Adamo et Aznavour, choisit mieux ses rôles que J. Brel.*** PHILIPPE PARINGAULT ; ROCK ET FOLK N°50.

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Dans PERFORMANCE , une scène musicale avec Mick Jagger qui chante Memo from Turner rappelle quelques instants qu’il est le leader d’un groupe de rock : les Rolling Stones. Dans NED KELLY, il joue vraiment et seulement un rôle d’acteur, faisant oublier aux spectateurs son appartenance à ce fabuleux groupe.

PERFORMANCE a beaucoup de succès aux Etats Unis et en grande bretagne. Il est boudé en France car les producteursle présentent comme un film de cul et le distribuent dans les salles adéquates.

NED KELLY présenté dans les cinémas populaires (C.N.P) avec leur clientèle un peu snob et pas si populaire que ça,connaît à peu près le même sort. Il faut noter que ces deux films méritaient un succès plus grand. Peut-être dans les deux cas le chanteur des Rolling Stones a été mis trop en avant au détriment de l’acteur Mick Jagger. La critique ayant trop vite jugé le chanteur du groupe scandaleux (on ne se débarrasse pas aussi facilement de ses préjugés), et de nombreux jeunes n’ont voulu que retrouver Mick Jagger l’Idole des Idoles.

Chanteur, parolier de talent, acteur débutant, mais prometteur, Mick Jagger cet insolent personnage qui paraît ne rien prendre au sérieux, qui semble réussir avec facilité tout ce qu’il entreprend, et qui a maintenant, pour se défendre, de meilleurs avocats qu’à ses débuts. ***Mick Jagger, au visage haineux, aux lèvres insultantes, au corps démoniaque qu’il manie comme un bel instrument, qui est-il vraiment ?…*** JEANNINE DARLES , BEST N°34.

Il y a Jagger, Jones, Wyman, puis Taylor. Ils sont les Rolling Stones dont le guitariste soliste est Keith Richard.

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Keith, c’est l’âme damnée de Mick Jagger. C’est lui l’accoucheur, avec son conjoint, des principaux succès des Rolling Stones. Cette association donne le jour à des hits internationaux, Satisfaction,Sympathy for the devil, Street fighting man. Keith a été mis au monde le 18 décembre 1943. Keith, avec sa gueule de flibustier qu’on se plait à décrire comme un des rares musiciens pop à jouer juste pendant tout un concert. Sur scène, il est à gauche de Mick Jagger. Il fait le contre chant quand cela est nécessaire. C’est lui qui semble mener le groupe musicalement. Il est le chef d’orchestre en quelque sorte.

Keith, l’air d’être continuellement dans les vaps, est considéré tout au long de la carrière des Stones, avec Mick Jagger, comme un des hommes à abattre. Il n’en reste pas moins un musicien discret lors des shows des Rolling Stones, remplissant son rôle de soliste efficacement sans jamais user de guignoleries ou d’effets du genre Alvin Lee. Keith Richard n’a pas la prétention de jouer vite, mais celle de jouer bien. Prodigal song, une guitare acoustique, une ballade très rythmée, Keith montre tous ses talents de guitariste. Un musicien pop ne fait pas du bruit, comme certains ignares le disent, mais de la musique, Keith richard le démontre avec un immense talent. D’ailleurs il est vautré confortablement et continuellement dans sa musique. N’oublions jamais que la seule chose que les Rolling Stones respectent, c’est peut-être aussi leur musique, rien que la musique.
Keith Richard partage les mêmes ennuis que Mick, en 1967, lorsqu’ils goûtent la chaleur accueillante des prisons britanniques. Marié avec Anita Pallenberg, il mène maintenant une vie tranquille au bord de la Méditerranée, en père comblé et heureux.

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Carol… C’est le troisième disque des Rolling Stones. En haut, à gauche, sur la pochette, c’est lui: Brian Jones. Il est le guitariste d’accompagnement du groupe. Il joue de l’harmonica aussi, ainsi que de nombreux autres instruments, sitar, dulcimer… C’est Alexis Corner qui le présenta à Mick et Keith. Ce garçon qui fit tous les métiers accepta d’emblée la nouvelle amitié offerte par Mick et Keith.Ce sont eux trois qui fondent pratiquement ce groupe qui devait devenir mondialement célèbre.
Brian souffre depuis son enfance de crises d’asthmes, il est né le 28 février 1942. ces crises lui posent des problèmes car elles ne lui laissent guère de répit. Au cours des nombreuses tournées qu’i effectue avec les Stones,toujours la même question : « vais-je tenir le coup sur scène ? ». en 1964, lors de sa visite des Etats unis, il tombe malade obligeant les Stones à terminer à quatre.
Puis c’est le succès des Rolling Stones, c’est surtout celui de Mick et de Brian qui apparaissent comme les deux stars du groupe mal aimé. Ce sont eux que l’on remarque sur scène, pourquoi ? Oui pourquoi eux et pas les autres ; c’est le mystère humain qui demeure entier. Pourquoi celui-la plait et pas l’autre. Le succès des Rolling Stones grandissant ne diminue en rien la gravité de la maladie de Brian qui continue la prise de médicaments et autres produits licites ou non. La drogue est-elle une solution ? lui seul pourrait répondre à cette question. Il se drogue, il fume le hashish, la marijuana. Si tout cela ne lui fait ni bien, ni plus mal ( ???), cela lui cause bien des ennuis avec la police anglaise. Cette même police qui avait découvert des stupéfiants dans son appartement lors d’une perquisition ! Il devra payer de fortes sommes d’argent à l’Etat, pour conserver sa liberté.

Brian Jones est compositeur à ses heures. Il écrit la musique du film VIVRE A TOUT PRIX (avec Anita Pallenberg) ? C’est tout le problème. Brian quitte les Rolling Stones en juin1969, les Rolling Stones abandonnent sur le chemin Brian Jones ? La légende est confuse. Le 3 juillet Brian quitte la vie. Suicide ? Accident ?***Que s’est-il passé, le mercredi 2 juillet à onze heures du soir, quand Brian, après avoir bu et repris de la drogue, s’est soudain mis en costume de bain et a quitté le salon pour la piscine ? S’est-il souvenu d’un coup, peut-être que l’on était justement le 2 juillet, et que, le 5 devait avoir lieu à Hyde park un grand concert des Rolling Stones. Fut-ce autre chose ? La musique, la fatigue, l’amour, la campagne, la drogue… Il arrive qu’à certains moments de la vie tout se mêle, et qu’une lassitude immense vous vienne. Une lassitude, oui, ou un chagrin, ou quelque chose de flou (mais non de brouillé), quelque chose de flou à la fois et très précis, que l’on reconnaît, que l’on accepte. Alors l’asthme ou autre chose.. Pourquoi pas l’asthme, après tout ?*** GUY ABITAN, SALUT LES COPAINS, JUILLET 1969.

ONE + ONE, film de Jean Luc Godard qui retrace une séance d’enregistrement des Stones, permet aux fidèles de Brian de le revoir à l’occasion d’une nouvelle projection. Sauf si on a déjà oublié ce guitariste qui commit une grande et impardonnable erreur, mourir jeune, trop jeune.

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En 1969, il lui revient le redoutable honneur et privilège de remplacer Brian Jones au sein des Rolling Stones. Qui est-il ?
Il a fait ses classes avec John Mayall à la difficile école du blues, comme avant lui Eric Clapton.
Mick Taylor, né le 17 janvier 1948, jouait dans le groupe de Mayall, les Bluesbreakers avec qui il va enregistrer trois albums : CRUSADE , BARE WIRES, BLUE FROM LAUREL CANYON. John Mayall est un des meilleurs bluesman et tient à garder cette réputation. C’est pourquoi il ne choisit pas n’importe qui pour l’accompagner.Les Rolling Stones non plus d’ailleurs. C’est sûrement ce qui a penché en la faveur de Mick Taylor lors de la décision des Stones en vue du remplacement de Brian. ***Après Clapton et Green, Mayall nous a trouvé Mick Taylor, et les Stones ont vraiment fait une bonne affaire en l’incorporant au sein du groupe. Mais qu’il a l’air timide…***JACQUES ALLEMAND, EXTRA, SEPTEMBRE 1970.
Le voici donc devenu un Stones. Sa première apparition sur scène, c’est donc le 5 juillet à Hyde park. Il l’air complètement paumé. Il est là, comme apeuré , semblant ne pas faire partie de ce groupe si agressif. Mick Jagger fait bon nombre d’efforts pour l’intégrer au groupe. Mick Taylor, excellent guitariste apporte un nouveau et solide renfort aux Stones. Cependant il ne pourra remplacer Brian Jones quant au charisme que ce dernier dégageait. Brian paraissait sûr de lui, jamais discret. On croirait Mick Taylor gêné d’être là. L’ombre de Brian planera sans doute longtemps sur ce grand musicien qu’est incontestablement Mick Taylor… le petit nouveau…

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Et eux ? Bill Wyman, Charlie Watts… Ils semblent être les anonymes du groupe. Il faut dire qu’ils donnent l’impression d’être les sages qui surveillent d’un air paternel les autres garnements du groupe. Les petits galopins que sont Mick, Keith et Brian. Pourtant leur rôle n’est pas sans importance. Ils forment à eux deux une des plus solides formations rythmiques de la pop music.

Bill Wyman, qui vit le jour en 1941, le 24 octobre, dit le Fantôme, avec son jeu de basse sans faiblesse. Bill Wyman, qui, sur scène est figé dans une attitude hautaine, presque mondaine. Il ne sourit jamais. Il nous rappelle l’acteur de cinéma Buster Keaton. Mick Jagger dit de lui : « je ne le vous présente pas, il est tellement transparent que vous ne le verriez pas ». Bill Wyman compose et chante In another land dans l’album THEIR SATANIC MAJESTIES REQUEST. Goin home, sa basse qui agace, qui ne vous laisse aucun répit. Cette basse qui vous prend les tripes et qui vous entraîne inexorablement et inconsciemment vers une folle envie de suivre le tempo fou des Rolling Stones.

Une basse, une batterie d’enfer, et un personnage encore plus discret : Charlie Watts. Il naquit le 2 juin 1941, et il assume la tâche peu facile de donner de l’énergie aux compositions des Stones, le punch nécessaire à cette musique violente et puissante. Charlie Watts que l’on remarque peu sur scène, mais qu’on reçoit au fond de soi-même à travers la puissance de frappe sur ses tambours, a les honneurs de la pochette de l’album GET YER YA YA’S OUT qu’il partage avec un mulet chargé de guitares et de batteries. Charlie Watts écrit des poèmes et dessine. Il a d’ailleurs publié un recueil intitulé ODE TO A HIGHFLYING BIRD, qui est un hommage au jazzman Charlie Parker.

Mick Jagger, beau et férocement fauve, inaccessible ; Keith Richard, brun, l’air ailleurs, mais terriblement efficace avec sa complice guitare ; Brian Jones, blond, angélique, vaporeux ; Charlie Watts, très distingué et toujours en retrait, sauf quand il corrige ses caisses ; Bill Wyman, distant et hautain ; Mick Taylor, timide. Cinq moins un, ou cinq plus un, cinq êtres différents de nature, mais cinq pierres qui roulent tellement identiques qui sont fidèles à un amour unique, la Musique, le Blues et le Rock n’roll qu’ils nous font vivre avec une immense passion.

En dix années, ils ont vécu, et nous avec eux, une fantastique histoire, qui n’est pas encore terminée, que peu d’ artistes du music hall peuvent prétendre avoir vécu. 1963, cinq troublions issus de la basse populace des banlieues de Londres. 1965, Satisfaction, la consécration mondiale. Les scandales, la drogue, les geôles anglaises. Puis la mort de Brian, le 2 juillet 1969. Un groupe unanimement reconnu, adulé des foules de toute la planète et accueilli avec le faste de rigueur en 1970 dans notre beau pays de France. Un disque génial STICKY FINGER en 1971, l’histoire est fabuleuse, ils sont entrés de leur vivant dans la légende du Rock.

Au fait ? Comment les appelle-t-on ces gars-là ?….

…Ladies and gentlemen... THE ROLLING STONES, THE FABULOUS ROLLING STONES.....

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C'est ainsi que ce terminait mon bouquin en juilet 1972....
J'attendrais jusqu'en 2002 pour écrire cette extraordinaire suite à la plus fabuleuse histoire Rock de tous les temps !!!

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** Zep, l'enfer des concerts**

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